Affaire Benalla : « La réforme constitutionnelle a du plomb dans l’aile » prévient Vincent Capo-Canellas
Vincent Capo-Canellas, sénateur de la Seine-Saint-Denis et membre du bureau du Sénat, revient sur les coulisses de la décision du Sénat hier.

Affaire Benalla : « La réforme constitutionnelle a du plomb dans l’aile » prévient Vincent Capo-Canellas

Vincent Capo-Canellas, sénateur de la Seine-Saint-Denis et membre du bureau du Sénat, revient sur les coulisses de la décision du Sénat hier.
Public Sénat

Par Marion D'Hondt

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Pour Vincent Capo-Canellas, la décision du bureau est « plus modérée que ce qu’on a dit », puisqu’elle distingue les cas de Benalla, Crase et Strzoda des autres collaborateurs. Mais, selon lui, « la surréaction était attendue, dès lors que l’on met en cause des proches du Président ».

Le sénateur constate « une crise dans les relations entre le Sénat et l’Assemblée » et « entre le Sénat et l’exécutif ». Il va plus loin, considérant que « la réforme constitutionnelle a du plomb dans l’aile » et que « le dialogue ne pourra être renoué qu’une fois les passions retombées ».

Il regrette que « la commission des lois [ait] choisi de politiser l’affaire, en demandant au bureau de trancher ». Selon lui, « ça a donné un retentissement beaucoup plus fort à la décision ». Il aurait préféré que « dans la foulée du rapport, Philippe Bas rende sa décision ».

Vincent Capo-Canellas doute de la neutralité du bureau qui « représente chacun des groupes ». Selon lui, « c’est une instance politique qui a dû trancher un sujet technique ». Il précise : « Le bureau se fonde sur des éléments juridiques, mais il avait plusieurs options, donc in fine c’est une décision politique ».

De plus, tout comme Hervé Marseille, il déplore « une coalition hétéroclite de circonstance » entre la droite et la gauche. Pour lui, cette coalition ne permet pas au Sénat « d’exercer sa mission » ni « d’apporter un regard distancié », qui devrait lui éviter de « singer l’Assemblée ».

Vincent Capo-Canellas parle de « désaccord au sein de la majorité » sur le rôle du Sénat. À titre personnel, il souhaite un Sénat « force de construction » et appelle le groupe Les Républicains à « construire du consensus, sinon il y aura un problème ».   

Sur l’ambiance au sein du bureau, le sénateur évoque « un débat passionné mais toujours posé ». Pour lui, « il n’y a pas eu de tractations de dernière minute » puisque « la recherche du consensus avait été faite avant » et la vision de Gérard Larcher retenue.

Il poursuit : « La discussion avait eu lieu avant, c’est là que les tractations ont eu lieu. Du coup, au bureau, les discussions ont été calmes. » À titre personnel, il a « émis des doutes très forts sur la mise en cause de Strzoda », qui lui semble « superfétatoire ».

Il conclut, considérant que « la vraie affaire est celle de M. Benalla et de M. Crase, moins celle des collaborateurs du Président, qui auraient pu refuser de venir, souvenons-nous-en ».

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