Affaire Benalla : « Les institutions, ce n’est pas du bricolage ni du marchandage » affirme Bruno Retailleau
Invité de l’émission « Audition publique » sur Public Sénat et LCP, le président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau est revenu sur les relations tendues entre le Sénat et le pouvoir exécutif après la saisine de la justice dans le cadre de l’affaire Benalla.

Affaire Benalla : « Les institutions, ce n’est pas du bricolage ni du marchandage » affirme Bruno Retailleau

Invité de l’émission « Audition publique » sur Public Sénat et LCP, le président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau est revenu sur les relations tendues entre le Sénat et le pouvoir exécutif après la saisine de la justice dans le cadre de l’affaire Benalla.
Public Sénat

Par Yann Quercia

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Accusés d’avoir « instrumentalisé » les institutions, les sénateurs s’attendent à des représailles de la part de l’exécutif après la décision du Bureau de la Haute assemblée de transmettre à la justice les déclarations sous serment de trois proches d’Emmanuel Macron devant la commission d’enquête sur l’affaire Benalla. Bruno Retailleau craint-il des représailles du chef de l’Etat ? « Evidemment que non. Je ne le redoute pas. Il ne le fera pas, il est le chef de l’Etat, il est le garant des institutions. »

Il poursuit et justifie le travail de la commission d’enquête : « Le Sénat est allé vérifier les services de sécurité du Président de la République car ils sont sous la responsabilité du ministère de l’Intérieur, c’est notre plein droit constitutionnel (…) Nous avons une Constitution, des institutions et aujourd’hui il y a une hyper présidentialisation et il faut des contre-pouvoirs. »  Des collaborateurs d'Emmanuel Macron ont-ils menti lors de leurs auditions au Sénat ? « C'est notre intime conviction mais ce n'est pas à nous de condamner », répond Bruno Retailleau « Ce n’est pas à nous de condamner car nous ne sommes pas un organe de jugement » poursuit-il.

En décidant, comme il en a le pouvoir, de transmettre au parquet les déclarations faites sous serment de Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président de la République, du secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler et du patron du GSPR, Lionel Lavergne, le Bureau du Sénat s’est attiré les foudres de l’exécutif. Richard Ferrand n’a pas accompagné Gérard Larcher dans un déplacement prévu vendredi à Lille. Edouard Philippe ne s’était pas présenté aux questions d’actualité au gouvernement (QAG), jeudi, du sénat : « C’est de la bouderie » affirme Bruno Retailleau qui précise que le Sénat prépare un accueil « habituel » au Premier ministre demain pour les QAG.

Bruno Retailleau met en garde contre un dérèglement des institutions : « Les institutions, ce n’est pas du bricolage ni du marchandage. On a un dérèglement qui est une hyper-présidentialisation de la Ve République. L’Assemblée nationale ne peut plus jouer ce rôle de séparation des pouvoirs. La démocratie c’est le suffrage universel et la séparation des pouvoirs. »

Il conclut : « L’Assemblée nationale est totalement alignée. Les députés En Marche ont été élus par procuration. Il revient au Sénat, qui n’est pas élu sur le même rythme, de faire respecter certains principes. »

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