Affaire Benalla: les syndicats policiers voient rouge, Collomb dans le viseur de l’opposition
Avis de gros temps place Beauvau. Des syndicats policiers ulcérés, trois haut gradés de la préfecture de police de Paris...

Affaire Benalla: les syndicats policiers voient rouge, Collomb dans le viseur de l’opposition

Avis de gros temps place Beauvau. Des syndicats policiers ulcérés, trois haut gradés de la préfecture de police de Paris...
Public Sénat

Par Gregory DANEL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Avis de gros temps place Beauvau. Des syndicats policiers ulcérés, trois haut gradés de la préfecture de police de Paris suspendus et des oppositions qui tirent à boulets rouges sur Gérard Collomb: l'affaire Benalla agit comme "une bombe à fragmentation".

La tempête qui secoue l'Elysée depuis la révélation de l'affaire mercredi soir pouvait-elle longtemps épargner le ministère de l'Intérieur? Difficile de l'imaginer compte tenu des ingrédients du scandale.

Un conseiller de l'Elysée qui frappe un manifestant lors d'un maintien de l'ordre où il était censé n'être qu'observateur, un 1er mai où les "casseurs" des black blocs avaient fait la Une. Une information connue mais tue par certains bureaux de la préfecture de police jusqu'à ceux de l'Elysée. Et, vendredi matin, l'annonce de la suspension de trois hauts gradés de la prestigieuse "PP" soupçonnés d'avoir transmis des images de vidéo-surveillance à Alexandre Benalla, le 18 juillet. Cette affaire agit comme une "bombe à fragmentation", relève Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergies-Officier.

Sur fond de malaise policier persistant - comme l'a souligné un récent rapport sénatorial - mais aussi d'extrême susceptibilité des forces de l'ordre sur le sujet des violences policières, le dérapage de ce conseiller de l'Elysée qui s'est transformé "en shérif" reste en travers de la gorge de policiers, résume Philippe Capon, de l'Unsa. Les syndicats policiers sont montés au créneau dès jeudi matin.

"C'est hallucinant qu'il ait pu se retrouver sur des opérations de maintien de l'ordre avec de telles prérogatives, brassard de police, radio...", s'offusque M. Ribeiro. "Et pourquoi a-t-on laissé ces images tourner sur les réseaux sociaux pendant trois mois en faisant croire qu'il était policier?"

Dans les rangs, on grince sur le "deux poids, deux mesures". "Quand un policier commet une faute, il est sanctionné et c'est normal", relève un commissaire. "Mais malgré sa suspension, Benalla est resté en place au plus haut niveau", ajoute-t-il.

Alors que se profilent les élections professionnelles, les syndicats scrutent l'attitude de Gérard Collomb et de l'administration: "Attention à ne pas s'attaquer qu'à des lampistes!", prévient-on.

- Collomb auditionné mardi au Sénat -

Les regards se tournent vers la préfecture de police de Paris, fragilisée par une affaire qui a rebondi avec l'annonce de la suspension de trois hauts gradés de la puissante Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC).

Ils sont soupçonnés d'avoir transmis les images de vidéo-surveillance du 1er mai, place de la Contrescarpe, à Alexandre Benalla, le soir même des révélations du Monde. Des agissements que Gérard Collomb "condamne lourdement".

"En ce moment, beaucoup de gens doivent voir défiler leur vie administrative sous leurs yeux", ironise un haut fonctionnaire.

Qui a validé la présence de M. Benalla sur cette opération de maintien de l'ordre? Quel était son rôle officiel, voire officieux? Qui savait quoi de son dérapage ? Quand? Et pourquoi ne pas avoir plus tôt alerté la justice des violences commises par M. Benalla? Ce sont aussi les questions que posent les oppositions de gauche et de droite à Gérard Collomb.

Elles avaient déjà ce proche du président dans le viseur depuis le débat sur la loi asile/immigration. Depuis jeudi, elles ont entrepris de pilonner un ministre accusé de "mensonges" et que Nicolas Dupont-Aignan (DLF) ou Benoît Hamon (Génération.s) appellent désormais à démissionner.

L'annonce, jeudi, de la saisine de la police des polices et la condamnation "sans ambiguïté" d'un "acte inadmissible" par le ministre n'ont pas calmé le jeu. M. Collomb sera auditionné par la commission des Lois du Sénat mardi à 17H45. A Beauvau, pour l'heure, c'est silence radio.

En attendant, les oppositions ont décidé de torpiller le débat sur la révision constitutionnelle. De mauvais augure avant l'examen en nouvelle lecture du projet de loi asile/immigration prévu initialement mercredi.

Partager cet article

Dans la même thématique

Illustrations – SUPERMARCHE – CARREFOUR EXPRESS
7min

Politique

Des produits sains vendus sans marge en grande surface : Que contient la proposition de loi de la sénatrice écologiste Antoinette Guhl ?

Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.

Le

Paris : French far-right Rassemblement National (RN) parliamentary session
3min

Politique

Sondage : Marine Le Pen creuse l'écart et s'installe en grande favorite à quelques mois de la présidentielle

Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone et Public Sénat, la candidate du Rassemblement national recueille 37 % des intentions de vote au premier tour, soit près de deux fois plus que ses deux poursuivants, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Au second tour, elle l’emporterait largement face au leader insoumis (68 %) et plus modestement face à Édouard Philippe (53 %).

Le

Affaire Benalla: les syndicats policiers voient rouge, Collomb dans le viseur de l’opposition
5min

Politique

« J’ai bien peur du cauchemar » : Sébastien Lecornu pointe le contre-budget du RN et dénonce l’effort de « 18,4 milliards d’euros en 2031 » demandé aux collectivités

« Ces deux mandats macronistes nous lèguent 1300 milliards d’euros de dette supplémentaire », soit « plus de 400 millions d’euros par jour », a dénoncé la nouvelle présidente du groupe RN/UDR du Sénat, Edwige Diaz. Le premier ministre a pointé en retour l’effort demandé aux collectivités par le Rassemblement national. La sénatrice RN a démenti les chiffres, pourtant bien inscrits dans le contre-budget du RN.

Le