Affaire Benalla : quel était son rôle à l’Élysée ?
Invités de l’émission « On va plus loin », Jean-Yves Le Borgne, avocat pénaliste et Frédéric Helbert, grand reporter, débattent du rôle d’Alexandre Benalla à l’Élysée.

Affaire Benalla : quel était son rôle à l’Élysée ?

Invités de l’émission « On va plus loin », Jean-Yves Le Borgne, avocat pénaliste et Frédéric Helbert, grand reporter, débattent du rôle d’Alexandre Benalla à l’Élysée.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L’affaire Benalla repart de plus belle, alors que les auditions de la commission d’enquête, ont repris au Sénat et qu’Alexandre Benalla a dû plier devant les sénateurs qui le convoquent pour la semaine prochaine. Durant ces auditions, la question des attributions exactes  d’Alexandre Benalla au sein de l’Élysée est souvent revenue.

Contrairement à ce qu’affirme François-Xavier Lauch, le chef de cabinet du président de la République et supérieur hiérarchique de Benalla, Frédéric Helbert, grand reporter, explique que celui-ci a bien exercé des missions de police. Pour le démontrer, il lit un extrait de l’autorisation de port d’armes qui a été délivrée au proche collaborateur d’Emmanuel Macron par la préfecture de police : « Il est fait très précisément mention dans ce document officiel que Monsieur Benalla exerce une mission de police ».

Pour le grand reporter, tant qu’Alexandre Benalla s’occupait de la protection du candidat Macron, le travail était fait. C’est ensuite que cela s’est gâté : « Après, c’est le problème de la dérive, quand il accède à l’Élysée (…) Il accède à des fonctions qui dépassent ses compétences et surtout, il s’inscrit très clairement dans un projet de refonte des services de sécurité de l’Élysée, avec l’intention de l’Élysée et du Président Macron, de mettre la main mise sur ces services, de les écarter du contrôle du ministère de l’Intérieur. »

Sur cette affaire, l’avocat pénaliste, Jean-Yves Le Borgne, préfère rester sur le terrain du droit. Il assure que légalement, le président de la République peut choisir comme il veut, qui sera chargé de sa protection : « Rien n’interdit à un chef d’État français de confier sa sécurité à qui il veut. Que celui-ci soit policier, que celui-ci soit gendarme, ou qu’il ne le soit pas (…) Le vrai problème c’est qu’il n’est pas sûr qu’en faisant ce choix, le président de la République ait visé la meilleure personne (…) Mais (…) en faire une affaire politique, ce n’est peut-être pas très légitime ». « Je ne vois pas où est le drame » ajoute-t-il. 

En désaccord, Frédéric Helbert insiste sur le fait que, pour lui, il y a un vrai problème dans cette façon de faire à l’Élysée : « Il faut avoir des qualifications spécifiques (…) Quand vous avez quelqu’un de ce très faible niveau technique policier, qui s’inscrit dans un dispositif policier qui est ce qu’on appelle « l’épaule du Président », c'est-à-dire qui est juste à côté de lui (…) et qui obligent à rester en retrait des hommes qui sont des experts, soit les gendarmes du GIGN, soit les policiers du GSPR [Groupe de sécurité de la présidence de la République - NDLR], il y a un problème technique. »  

 

Vous pouvez voir et revoir ce match des idées, en intégralité :

OVPL : Affaire Benalla : quel était son rôle à l’Elysée ?
17:02

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA: Exercice Orion 26 Armee de l Air
9min

Politique

« Signal très mitigé », « pas de vision globale » : l’actualisation de la loi de programmation militaire laisse les sénateurs sur leur faim

Avec 36 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2030, l’actualisation de la LPM portera la hausse du budget des armées à 449 milliards d’euros sur la période 2024/2030. « Ça va dans le bon sens, car c’est une nécessité absolue dans la période qu’on traverse », salue le président LR de la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat, Cédric Perrin. Mais il juge l’effort « frustrant », car « on n’augmente pas notre capacité ».

Le

FRA – RN VOTE BARDELLA MUNICIPALES 2EME TOUR
6min

Politique

Jordan Bardella dans Paris Match avec la princesse Maria-Carolina de Bourbon des Deux- Siciles : « Est-ce que les Français vont acheter l’histoire du conte de fées » ?

A la Une de Paris Match, le président du RN, Jordan Bardella a officialisé sa relation amoureuse avec la princesse Maria-Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, une figure de la Jet-Set européenne. Pour Philippe Moreau Chevrolet, expert en communication politique et enseignant à Sciences Po Paris, le patron du Rassemblement national signe, avec cette couverture, « son entrée en campagne » pour la présidentielle de 2027. Mais l’opération de com n’est pas sans risque pour son image. Interview.

Le

Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the « freedom » to have an abortion in the French Constitution
10min

Politique

« Ce n’est pas non plus le Soviet suprême ! » : au groupe PS du Sénat, la présidence de Patrick Kanner suscite convoitises et crispations

Les sénateurs du groupe PS du Sénat ont modifié leur règlement intérieur. Patrick Kanner, à la tête du groupe, était menacé en cas d’adoption du principe de non-cumul dans le temps, proposition finalement rejetée. Mais l’ancien ministre, qui pourra se représenter en octobre prochain, après les sénatoriales, se retrouve contesté en interne.

Le

Affaire Benalla : quel était son rôle à l’Élysée ?
3min

Politique

Cyberattaques : Roland Lescure annonce la feuille de route du gouvernement pour « protéger les données de l’État »

Le ministre de l’économie et des finances Roland Lescure a annoncé ce mercredi 8 avril que le Premier ministre allait détailler dès demain la feuille de route du gouvernement pour lutter contre le vol des données de l’État. Fermeture des sites obsolètes, authentification à double facteur… le ministre a déjà dessiné quelques pistes à l’occasion des questions d’actualité au gouvernement du Sénat.

Le