L'affaire Benalla est le résultat d'"une dérive individuelle", et non pas "une affaire d'Etat", a affirmé mardi Edouard Philippe, tout en concevant que "l'on puisse poser des questions sur la proportionnalité" de la sanction infligée en mai au conseiller de l'Elysée.
"Une dérive individuelle de la part de ce chargé de mission ne fait pas une affaire d'Etat", a martelé le Premier ministre devant l'Assemblée nationale, répondant au feu roulant des questions des oppositions.
"Je conçois que l'on puisse peut-être poser des questions sur l'éventuelle proportionnalité de la décision qui a été prise" de mettre à pied M. Benalla 15 jours en mai, a-t-il également lancé en fustigeant à l'envi le "comportement inacceptable" du conseiller du chef de l'Etat.
Eléments biographiques d'Alexandre Benalla, ex-collaborateur de l'Elysée mis en examen pour avoir frappé des manifestants lors du 1er mai et s'être fait transmettre des images de vidéo-protection
AFP
"Mais la célérité (de la réponse) n'est pas contestable", a-t-il répondu au patron des députés Les Républicains Christian Jacob, qui avait annoncé un peu plus tôt l'intention de son groupe de déposer dans les prochains jours une motion de censure contre le gouvernement.
Plutôt silencieux depuis les premières révélations sur cette affaire, le Premier ministre avait choisi le terrain des questions au gouverment pour riposter, prenant la parole à neuf reprises à l'Assemblée, inédit depuis le début du quinquennat.
"Que refusiez-vous d'assumer lorsque pendant cinq jours vos députés ont été abandonnés, l'opposition a été méprisée (...)et que vous avez préféré aller sur le Tour de France et votre ministre chargé des Relations avec le Parlement la buvette et les couloirs de l'Assemblée ? Que cherchiez vous à cacher", l'a interrogé le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon en estimant que "la crise est là mais la vérité se dérobe".
Répondant à Valérie Rabault, présidente du groupe Nouvelle Gauche (PS), le chef du gouvernement a répété qu'une "sanction effective" avait été prise contre Alexandre Benalla: "Rien n'a été masqué", "rien n'a été omis".
"Une république exemplaire, ce n'est pas une république infaillible", a encore déclaré le Premier ministre à Marc Fesneau, président du groupe Modem.
Edouard Philippe s'exprimait dans une ambiance électrique face à un hémicycle quasiment plein, après la diffusion de vidéos montrant Alexandre Benalla, un proche collaborateur du chef de l'Etat, en train de frapper et malmener deux manifestants le 1er mai. M. Philippe a mis en exergue "la réaction administrative, judiciaire et parlementaire" à cette affaire, qui "est rare".
Ovationné sur tous les bancs de l'opposition, le patron du Parti socialiste Olivier Faure a de son côté estimé que "le pouvoir cache (...), le pouvoir ment" et a dénoncé la "lâcheté" de l'exécutif qui "braque les projecteurs de la justice et des médias sur un homme pour mieux sauver un système".
Cela ne "jette pas l'opprobre" sur "l'ensemble du système" lui a rétorqué le Premier ministre . M. Philippe a illustré son propos en rappelant le déroulé de l'affaire Cahuzac qui avait entaché le quinquennat de François Hollande.
"Je ne dis pas que tout est parfait, je dis que la réponse a été immédiate et qu'elle montre notre volonté de ne rien cacher et de tout assumer", a-t-il encore admis après avoir été interpellé par le coprésident du groupe UDI-Agir Jean-Christophe Lagarde.
"Il faut éviter toutes les confusions", a-t-il exhorté l'Assemblée nationale, qui ne doit pas être "un tribunal", alors que des auditions parlementaires menées par la commission des Lois de l'Assemblée et du Sénat sont en cours depuis lundi.
"Je prendrai moi-même, si l'IGPN (l'inspection générale de la police nationale, saisie de l'affaire, NDLR) fait des propositions, les mesures qui s'imposent pour éviter que de tels dysfonctionnements puissent se reproduire", a encore promis le Premier ministre.
Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.
Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.
La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.
En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.