Affaire Benalla: une journaliste du Monde convoquée le 29 mai à la DGSI
La journaliste du Monde Ariane Chemin, à l'origine des premières révélations sur l'affaire Benalla, est convoquée le 29 mai par...

Affaire Benalla: une journaliste du Monde convoquée le 29 mai à la DGSI

La journaliste du Monde Ariane Chemin, à l'origine des premières révélations sur l'affaire Benalla, est convoquée le 29 mai par...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La journaliste du Monde Ariane Chemin, à l'origine des premières révélations sur l'affaire Benalla, est convoquée le 29 mai par la police, a annoncé mercredi le quotidien, dans le cadre d'une enquête ouverte pour "révélation de l'identité d'un membre des forces spéciales", selon une source judiciaire.

"Cette enquête vise nos articles sur les affaires d'Alexandre Benalla, notamment nos informations sur le profil d'un sous-officier de l'armée de l'air, Chokri Wakrim, compagnon de l'ex-cheffe de la sécurité de Matignon, Marie-Elodie Poitout", écrit le directeur de la rédaction Luc Bronner dans un éditorial mercredi.

Chokri Wakrim était lié par un contrat de protection rapprochée avec un homme d'affaires russe, qui a conduit à l'ouverture d'une enquête pour "corruption", rappelle-t-il.

Le quotidien fait allusion à l'enquête menée depuis plusieurs années par le parquet national financier sur les activités d'un oligarque russe, Iskander Makhmoudov, relancée après la révélation de ce contrat par Mediapart, selon des sources proches du dossier.

Ariane Chemin est convoquée par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) dans le cadre d'une enquête ouverte pour "révélation de l'identité d'un membre des unités des forces spéciales", délit prévu par l'article 413-14 du code pénal, a précisé une source judiciaire. La liste des unités militaires concernées a été fixée par un arrêté du 20 octobre 2016.

Cette nouvelle enquête ouverte par le parquet de Paris fait donc suite à la plainte déposée mi-avril par Chokri Wakrim, selon des sources concordantes. Après les révélations de Libération deux jours plus tôt, Ariane Chemin avait publié à son tour un article le 8 février sur les liens du couple Wakrim-Poitout avec Alexandre Benalla.

Elle y décrivait M. Wakrim comme "un sous-officier de l'armée de l'air de 34 ans, qui a occupé un poste de comptable au commandement des opérations spéciales, lequel gère les unités d'élite engagées dans des opérations militaires".

"Nous maintenons évidemment nos informations et exprimons notre inquiétude sur cette convocation : l'intérêt public suppose de pouvoir enquêter sur les entourages et les liens entretenus par des collaborateurs de l'Elysée ou de Matignon, quels que soient leurs parcours antérieurs", s'inquiète le directeur du journal dans son éditorial.

Il estime que cette convocation "sous le statut d'une audition libre, est d'autant plus préoccupante qu'elle suit une procédure similaire, utilisée très récemment à l'encontre d'autres journalistes".

Mi-mai, trois journalistes ayant enquêté sur l'exportation d'armes françaises utilisées au Yémen - les deux fondateurs du nouveau média en ligne Disclose et un journaliste de Radio France - ont été convoqués par les services secrets français, et ont dénoncé une "tentative d'intimidation".

Un quatrième journaliste, travaillant pour Disclose, est convoqué par la DGSI le 28 mai comme témoin dans cette enquête ouverte, elle, pour "compromission du secret de la défense nationale", a annoncé Disclose mercredi.

ONG et syndicats de journalistes ont condamné ces convocations, estimant qu'elles constituaient une atteinte à la liberté de la presse.

Partager cet article

Dans la même thématique

New Caledonia’s vote on independence from France
4min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : le texte visant à élargir le corps électoral adopté en commission au Sénat

A l’approche des élections provinciales en Nouvelle-Calédonie qui se tiendront le 28 juin, la commission des lois du Sénat a adopté la proposition de loi organique visant à élargir le corps électoral aux natifs de l’Archipel. L’exécutif, qui compte aller plus loin en y intégrant également les conjoints des natifs, déposera son amendement en séance publique, cet après-midi.

Le

Affaire Benalla: une journaliste du Monde convoquée le 29 mai à la DGSI
3min

Politique

Candidature de Gabriel Attal pour 2027 : « On s’y prépare, il s’y prépare depuis des années », explique Franck Riester

Invité de la matinale de Public Sénat, Franck Riester détaille les raisons de son soutien à Gabriel Attal et considère qu’il est le mieux placé pour être le candidat du bloc central pour l’élection présidentielle de 2027. L’ancien ministre de la Culture estime par ailleurs qu’une candidature commune pour le bloc central pour 2027 pourrait être actée “en début d’année prochaine”.

Le

Affaire Benalla: une journaliste du Monde convoquée le 29 mai à la DGSI
5min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : Naïma Moutchou propose l’entrée de 1 500 à 1800 personnes dans le corps électoral en tant que conjoints de natifs 

Alors que se tiendra le 28 juin, les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement s’appuie sur une proposition de loi du Sénat pour parvenir à un consensus sur l’élargissement du corps électoral aux natifs de l’Archipel. Mais l’exécutif compte aller plus loin en y intégrant également leurs conjoints. Auditionnée mercredi par la commission des lois du Sénat, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou s’est vu opposer une fin de recevoir par les élus. 

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
8min

Politique

Gérald Darmanin recule sur le plaider-coupable : « Un mauvais service rendu aux victimes », dénonce la rapporteure du texte au Sénat

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin a, largement, revu à la baisse la portée du dispositif de plaider-coupable, la réforme phare et controversée de son projet de loi sur la justice criminelle, adopté au Sénat le mois dernier. Face à la pression des avocats, le ministre propose désormais d’exclure du dispositif tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises. « Certains se servent des victimes contre l’intérêt », dénonce Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et co-rapporteure du texte.

Le