Affaire Bygmalion: l’examen du recours de Nicolas Sarkozy reporté à 2018
Nicolas Sarkozy a obtenu mercredi le report de l'examen de son recours en justice contre son renvoi en correctionnelle dans l...

Affaire Bygmalion: l’examen du recours de Nicolas Sarkozy reporté à 2018

Nicolas Sarkozy a obtenu mercredi le report de l'examen de son recours en justice contre son renvoi en correctionnelle dans l...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Nicolas Sarkozy a obtenu mercredi le report de l'examen de son recours en justice contre son renvoi en correctionnelle dans l'affaire Bygmalion, un report justifié selon sa défense par l'attente d'une décision de la Cour de cassation.

L'avocat historique de l'ancien chef de l'Etat, Thierry Herzog, a réfuté toute idée d'un "sursis" pour retarder la tenue d'un procès.

Nicolas Sarkozy soutenait cette demande de renvoi portée, à l'origine, par un autre des mis en examen du dossier, Guillaume Lambert, ex-directeur de sa campagne présidentielle 2012.

Me Herzog a estimé qu'il était "difficile de tenir" l'audience sur le dossier Bygmalion avant que la Cour de cassation se soit prononcée sur un autre volet de l'affaire, examiné mercredi matin: un pourvoi formé par M. Lambert et soutenu par M. Sarkozy contre la constitution de partie civile de l'association anticorruption Anticor. Le parquet général a estimé qu'Anticor ne réunissait pas les conditions pour être partie civile dans ce dossier et la décision sera rendue le 31 janvier.

L'audience de la cour d'appel a été reportée à une date ultérieure, probablement au premier trimestre 2018.

"Ils ont gagné des mois mais il y aura un procès", a réagi Jérôme Karsenti, avocat d'Anticor, regrettant que, le temps passant, cette affaire "s'éloigne" des préoccupations du grand public.

Cette audience à huis clos, cruciale, était la première depuis le renvoi au tribunal de 14 personnes ordonné le 3 février par le juge d'instruction. Il s'agissait pour Nicolas Sarkozy de contester les poursuites pour "financement illégal" de sa campagne présidentielle de 2012, en raison d'un dépassement de plus de 20 millions d'euros du plafond des dépenses électorales autorisé. D'autres protagonistes de l'affaire avaient également fait appel de l'ordonnance du juge.

- "Non bis in idem" -

Révélée en 2014, l'affaire porte sur une vaste fraude visant à masquer ce dépassement en imputant à l'UMP (devenue LR), via des fausses factures de la société Bygmalion, des dépenses qui auraient dû figurer au compte de campagne du candidat.

Nicolas Sarkozy avait engagé des dépenses électorales pour un montant d'au moins 42,8 millions d'euros, bien loin du plafond légal fixé à 22,5 millions. Il n'a pas été mis en cause pour les fausses factures.

En plus de ce recours, l'ancien président veut désormais saisir le conseil constitutionnel d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC).

En formulant cette demande déposée voici quelques jours, Thierry Herzog fait valoir que Nicolas Sarkozy a déjà été sanctionné définitivement en 2013 par le Conseil constitutionnel pour le dépassement du plafond autorisé. Cette sanction était intervenue avant la révélation de l'affaire et portait sur un dépassement, bien moindre, de 363.615 euros.

"Personne ne peut être poursuivi deux fois pour les mêmes faits", a déclaré Me Herzog mercredi, en référence au principe du "Non bis in idem", un argument qu'il avait déjà soutenu.

L'examen de la QPC a également été renvoyé à cette audience ultérieure. La cour d'appel devra alors dire si elle la transmet ou non à la Cour de cassation, en vue d'une éventuelle saisine du Conseil constitutionnel.

Cette nouvelle demande rend le calendrier d'un futur procès encore plus incertain.

"Cela fait des renvois supplémentaires", a concédé de son côté Eric Morain, avocat d'un des protagonistes du dossier, "mais la question n'est pas anodine et il est important de purger toutes les difficultés de procédure avant le procès".

Partager cet article

Dans la même thématique

Affaire Bygmalion: l’examen du recours de Nicolas Sarkozy reporté à 2018
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Affaire Bygmalion: l’examen du recours de Nicolas Sarkozy reporté à 2018
3min

Politique

Industrie musicale : « il n’y a plus de coup de cœur, on regarde le nombre de followers », La Grande Sophie

Trente ans de carrière, artiste inclassable, la Grande Sophie se tourne aujourd’hui vers la comédie musicale avec un nouveau spectacle inspiré de son premier livre « Tous les jours Suzanne ». Une nouvelle aventure qui caractérise à merveille son envie insatiable de créer. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle se livre sur son passé, son rapport à l’industrie musicale et sa relation particulière avec Françoise Hardy.

Le

Affaire Bygmalion: l’examen du recours de Nicolas Sarkozy reporté à 2018
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le