Affaire Bygmalion: saisi par Sarkozy, le Conseil constitutionnel se prononcera le 17 mai
Le Conseil constitutionnel dira le 17 mai si Nicolas Sarkozy, déjà sanctionné pour les dérapages financiers de sa campagne...

Affaire Bygmalion: saisi par Sarkozy, le Conseil constitutionnel se prononcera le 17 mai

Le Conseil constitutionnel dira le 17 mai si Nicolas Sarkozy, déjà sanctionné pour les dérapages financiers de sa campagne...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Le Conseil constitutionnel dira le 17 mai si Nicolas Sarkozy, déjà sanctionné pour les dérapages financiers de sa campagne présidentielle de 2012, peut être jugé au tribunal pour les mêmes faits, une décision cruciale pour l'avenir judiciaire de l'ancien président.

La décision des "Sages" est déterminante pour l'ancien président de la République: une issue favorable aboutirait à l'abandon des poursuites à son encontre, selon sa défense.

Dans cette affaire dite "Bygmalion", M. Sarkozy a été renvoyé en février 2017 devant le tribunal correctionnel pour le financement illégal de campagne électorale.

Il est soupçonné d'avoir dépassé le plafond autorisé des dépenses électorales de plus de 20 millions d'euros alors qu'il avait été informé d'un risque de dérapage, ce qu'il réfute. La facture avait atteint les 42,8 millions d'euros, près du double du seuil autorisé alors fixé à 22,5 millions d'euros.

Nicolas Sarkozy soutient toutefois qu'il ne peut pas être jugé au motif qu'il a déjà été sanctionné définitivement en 2013 par le Conseil constitutionnel pour le dépassement de ses dépenses de campagne, qu'il avait dû rembourser.

Toutefois, le rejet de ses comptes portait sur un dérapage, bien inférieur, de 363.615 euros, et était intervenu avant la révélation au printemps 2014 d'un vaste système de fausses factures visant à masquer l'emballement des dépenses de ses meetings, organisés par l'agence de communication Bygmalion.

L'ancien chef de l'Etat avait soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur le principe du "Non bis in idem" selon lequel une personne ne peut pas être sanctionnée deux fois pour les mêmes faits. Il avait été débouté devant la cour d'appel, qui avait jugé le 25 octobre cette QPC irrecevable.

Mais le 20 février, la Cour de cassation avait accepté de la transmettre au Conseil constitutionnel, contre l'avis de l'avocat général.

Devant les membres du Conseil constitutionnel, Me Emmanuel Piwnica, l'avocat de Nicolas Sarkozy, a souligné qu'au terme de l'enquête judiciaire, l'ancien chef de l'Etat n'avait été mis en cause que pour avoir dépassé le plafond des dépenses de campagne et non pour avoir eu connaissance du système frauduleux.

Or les décisions du Conseil constitutionnel "s'imposent à tous" et il n'y a de fait "pas lieu de se demander si on doit revenir" sur la sanction déjà prononcée par la commission nationale des comptes de campagne, et confirmée définitivement par les "Sages", a observé l'avocat.

Par ailleurs, même si le montant du dépassement du plafond retenu par les autorités judiciaires est "encore plus considérable" que celui de la décision de 2013, "ce n'est pas le chiffre qui doit être retenu, c'est le principe du dépassement", a insisté Me Piwnica.

Partager cet article

Dans la même thématique

Affaire Bygmalion: saisi par Sarkozy, le Conseil constitutionnel se prononcera le 17 mai
3min

Politique

Après son arrivée chez Grasset, relié à Vincent Bolloré, Boualem Sansal assure ne « pas du tout » se rapprocher de l’extrême-droite 

Invité de la matinale de Public Sénat ce mardi 14 avril, Boualem Sansal est revenu sur son récent départ de Gallimard, son éditeur historique, vers Grasset, relié au milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Interrogé sur ce choix et sur d’hypothétiques liens avec l’extrême-droite, l’écrivain franco-algérien assure ne « pas du tout » se rapprocher de ce camp politique et dit « picorer » ses idées « à droite » et « à gauche ».

Le

36071660134
5min

Politique

« La République a besoin de votre voix » : au Sénat, collégiens et lycéens dissertent sur la liberté d’expression lors d’un concours d’éloquence

Plusieurs dizaines de collégiens et lycéens, principalement originaires de Seine-Saint-Denis, se sont affrontés lors de la 8ème édition du Concours d'éloquence de la jeunesse, lundi 13 avril, au Sénat. L’occasion de philosopher sur les limites de la liberté d’expression et d’ « affirmer sa place dans la société », comme les y a invités le sénateur Ahmed Laouedj.

Le

Paris mouvement des avocats contre le projet de loi SURE
6min

Politique

Justice criminelle : devant le Sénat, les avocats, en colère, dénoncent « un problème démocratique » et demandent le « retrait du texte »

Plusieurs centaines d’avocats ont manifesté leur rejet du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes, qui démarre son examen au Sénat lundi. Au premier rang des griefs du texte soulevés par la profession, l’instauration d’un plaider-coupable, une nouvelle procédure judiciaire plus rapide quand l’accusé reconnaît les faits.

Le