Affaire Epstein : après la démission de Jack Lang de l’Institut du Monde Arabe, « on va s’atteler à nommer très rapidement quelqu’un pour le remplacer », déclare Eléonore Caroit

Convoqué en urgence par le ministre des Affaires étrangères, Jack Lang a finalement proposé sa démission de la présidence de l'Institut du Monde Arabe, le samedi 7 février. Embourbé dans les dernières révélations de la sulfureuse affaire Jeffrey Epstein, Sébastien Lecornu et son gouvernement ont approuvé cette décision, à l'image d'Eléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie.
Guillaume Cros

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Jack Lang aura cédé sous la pression. Président de l’Institut du Monde Arabe depuis 2013, l’ancien ministre de la Culture sous François Mitterrand, a « proposé » sa démission au quai d’Orsay, le samedi 7 février. « Afin de préserver l’Institut du Monde Arabe et son travail exemplaire et de pouvoir sereinement récuser toutes les accusations qui m’assaillent, je propose de remettre ma démission », peut-on lire dans la lettre adressée au ministre Jean-Noël Barrot.

Démission poussée par l’Elysée

Le point d’orgue d’une semaine tourmentée pour Jack Lang. Âgé de 86 ans, son nom est apparu près de 673 fois dans les documents de l’affaire Jeffrey Epstein révélés par la justice américaine la semaine dernière. Des échanges fleuves entre l’ancien ministre de la Culture et le prédateur sexuel américain, suicidé en prison en 2019, notamment à propos d’une société offshore Prytannée créée en 2016 par sa fille Caroline et Jack Lang lui-même. Ce dernier assume ses liens passés avec Jeffrey Epstein, mais soutient être « blanc comme neige » de tout acte répréhensible dans ce scandale mondial. Dans ces nouvelles révélations, en effet, aucune action criminelle ne lui est imputable.

L’Elysée s’est pourtant emparé du dossier en sommant le ministère des Affaires étrangères de convoquer Jack Lang, le dimanche 8 février. Les appels à sa démission du poste de président de l’Institut du Monde Arabe ont afflué de l’ensemble de la classe politique. Egalement inquiété par une enquête ouverte pour blanchiment de fraude fiscale aggravée par le parquet national financier, il a fini par déposer sa démission. Le gouvernement a approuvé ce choix, comme en témoigne Eléonore Caroit, la ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, ce lundi 9 février sur le plateau de Public Sénat : « On prend acte de sa démission ».

La ministre « ne se prononce pas sur la culpabilité »

La chaise de président de l’Institut du Monde Arabe, haut lieu culturel du monde arabe, est désormais vacante. Et le temps presse. « On va s’atteler à nommer très rapidement quelqu’un pour le remplacer », commente Eléonore Caroit, sans confirmer les rumeurs autour de Michel Barnier et de Jean Castex. « Mon rôle est de s’assurer que le poste soit de nouveau pourvu », tempère l’ancienne députée des Français établis hors de France.

En quelques jours, Jack Lang a connu une déchéance inédite. L’apparition de son nom dans le dossier de Jeffrey Epstein a ravivé sur les réseaux sociaux les polémiques autour d’actes pédocriminels commis dès les années 1980. Eléonore Caroit a tenu à se détacher de ces allégations : « Je ne me prononce pas sur la culpabilité de Jack Lang, parce qu’il ne m’appartient pas de le faire ». Ancienne avocate, la ministre a insisté ne pas vouloir « politiser une affaire qui est avant tout une affaire judiciaire ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Affaire Epstein : après la démission de Jack Lang de l’Institut du Monde Arabe, « on va s’atteler à nommer très rapidement quelqu’un pour le remplacer », déclare Eléonore Caroit
5min

Politique

Affaire Lyhanna : « Les hommes se servent, utilisent et abusent du corps des femmes et des enfants en toute impunité », dénonce la sénatrice Laurence Rossignol (PS)

À l’unisson de la gauche, la sénatrice socialiste Laurence Rossignol pointe ce vendredi, sur Public Sénat, le manque d’éducation et de prévention face aux violences masculines dans le sillage du meurtre de la jeune Lyhanna. Elle regrette le manque de moyens d’enquête pour les crimes sur enfants, mais n’appelle pas à la démission du garde des Sceaux Gérald Darmanin.

Le

PARIS, Affaire Lyhanna, Manifestation interdite place Vendome.
6min

Politique

Affaire Lyhanna : que proposent les partis face aux « dysfonctionnements » de la justice ?

Les ratés judiciaires entourant le meurtre de la jeune Lyhanna n’en finissent plus de susciter l’indignation de tout le pays. Dès lors, la classe politique est amenée à se positionner. Alors que Sébastien Lecornu a présenté ses premières mesures, la gauche fustige le manque de moyens de la Justice et la droite épingle le laxisme des magistrats. Tour d’horizons des différentes propositions du gouvernement et des partis politiques.

Le