FILE – Jack Lang at Institut du Monde Arabe as Epstein-linked associations resurface
FILE - Jack Lang inside his office at the Institut du Monde Arabe in Paris on August 29, 2025, as current news coverage revisits political and cultural figures’ past associations in the context of the Epstein case.//KONARZEWSKI_Sipa.13203/Credit:Woytek Konarzewski/SIPA/2602090905

Affaire Epstein : perquisitions à l’Institut du monde arabe, alors que Jack Lang faisait ses adieux

L’Institut du monde arabe a été perquisitionné ce lundi, ainsi que le domicile de l’ancien ministre de la Culture, dans le cadre des investigations ouvertes par la justice sur les liens financiers présumés de Jack Lang avec Jeffrey Epstein.
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Après l’ouverture de l’enquête, c’est l’heure des perquisitions. Alors que Jack Lang faisait lundi matin ses adieux à l’Institut du monde arabe (IMA) à Paris, des perquisitions y étaient en cours, sur fond de liens financiers présumés de l’ex-figure de la gauche française avec le criminel sexuel américain, Jeffrey Epstein.

« Je me réjouis que la justice financière se mette en branle », a déclaré M. Lang dans son discours, sans faire référence explicitement aux perquisitions, a constaté un journaliste de l’AFP présent à sa cérémonie d’adieu. « Je suis totalement serein, confiant », a ensuite confié à l’AFP l’ex-ministre de 86 ans, assurant n’avoir « rien à cacher ».

Les perquisitions lundi matin, à l’IMA et ailleurs, se déroulent dans le cadre d’investigations confiées à l’Office national anti-fraude (ONAF), a précisé le patron du parquet national financier (PNF) Pascal Prache dans un communiqué. Le domicile parisien de Jack Lang est également perquisitionné, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier.

Le PNF avait ouvert le 6 février une enquête pour soupçons de « blanchiment de fraude fiscale aggravée » visant l’ancien ministre et sa fille, Caroline Lang. Si aucune charge ne pèse à ce stade contre Jack Lang, qui a quitté la tête de l’IMA sous la pression, les documents rendus publics par la justice américaine mentionnent son nom à 673 reprises dans des échanges avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein, et révèlent des liens d’intérêt avec le financier américain, mort en détention en 2019.

Société offshore

Selon une enquête publiée le 2 février par Mediapart, Caroline Lang a fondé en 2016 avec Jeffrey Epstein une société offshore domiciliée aux îles Vierges américaines. A la suite de ces révélations, elle a démissionné dans la foulée de son poste de déléguée générale du Syndicat de la production indépendante (SPI). Elle avait qualifié alors Jeffrey Epstein de « connaissance » et de « mécène généreux » dont « l’idée de constituer un fonds, parfaitement légal, destiné à favoriser l’acquisition d’œuvres » lui avait semblé « pertinente ». Elle avait également assuré n’avoir perçu « aucune rémunération, ni aucun bénéfice de ce fonds ».

Les services d’Emmanuel Macron avaient demandé à l’ex-ministre socialiste de « penser à l’institution » qu’il dirigeait, après les révélations des dossiers Epstein publiés aux Etats-Unis le 30 janvier. Ex-figure du Parti socialiste français, l’ancien ministre de la Culture, célèbre notamment pour avoir lancé dans les années 1980 le concept de la Fête de la musique repris par plusieurs pays, avait assuré que les accusations portées à son encontre étaient « infondées ». « Les accusations portées à mon encontre sont inexactes et je le démontrerai », avait aussi insisté M. Lang dans un courrier adressé au ministre des Affaires étrangères, dont dépend l’IMA.

Par ailleurs, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, reçoit lundi trois « candidats présélectionnés » pour diriger l’Institut du monde arabe.

Ramifications de l’affaire Epstein

Les ramifications de l’affaire Epstein en France continuent de faire bouger les lignes de la justice dans l’Hexagone. Le parquet de Paris a ainsi annoncé ce week-end avoir désigné des magistrats référents pour examiner d’éventuelles infractions impliquant des Français et réanalyser « intégralement » le dossier d’instruction de l’ex-agent de mannequins Jean-Luc Brunel, mort en détention en 2022.

Le parquet a souligné que les faits potentiels peuvent être « de diverses natures, notamment à caractère sexuel ou à caractère financier » et a assuré travailler « en coordination avec le PNF et en lien avec la direction nationale de la police judiciaire ».

Trois nouvelles affaires citées dans la presse ont été confiées au parquet : elles visent un diplomate, Fabrice Aidan, un recruteur de mannequins Daniel Siad et le chef d’orchestre Frédéric Chaslin.

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