Justice Department Jeffrey Epstein
This photo released by the U.S. Department of Justice, shows Jeffrey Epstein and French culture minister Jack Lang at the Louvre in Paris. (U.S. Department of Justice via AP)/DCRL390/26036679267169/AP PROVIDES ACCESS TO THIS THIRD PARTY PHOTO SOLELY TO ILLUSTRATE NEWS REPORTING OR COMMENTARY ON FACTS DEPICTED IN IMAGE; MUST BE USED WITHIN 14 DAYS FROM TRANSMISSION; NO ARCHIVING; NO LICENSING; MANDATORY CREDIT/2602052000

Affaire Epstein : pourquoi le Parquet national financier a-t-il ouvert une enquête visant Jack Lang et sa fille Caroline ?

Mentionné dans l'affaire Epstein, Jack Lang a démissionné de la présidence de l’Institut du Monde Arabe, le samedi 7 février. En parallèle, le Parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée » visant l’ancien ministre de la Culture et de sa fille Caroline Lang dans une société offshore fondée par le pédocriminel Jeffrey Epstein.
Guillaume Cros

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Son nom apparaît 673 fois dans les nouveaux documents de l’affaire Epstein dévoilés par le ministère de la Justice américain la semaine dernière. Contraint par la pression médiatique, Jack Lang a « proposé » sa démission du poste de président de l’Institut du Monde Arabe, le samedi 7 février. Un choix commenté par Emmanuel Macron, ce lundi 9 février : « Il a pris sa décision, il l’a fait valoir en conscience, je pense que c’est la sienne. Nous avons pris acte de celle-ci ».   

Côté judiciaire, le Parquet national financier (PNF) a annoncé, le 6 février, avoir ouvert une enquête préliminaire pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée » visant Jack Lang, et sa fille Caroline Lang. Cette enquête concerne « les faits révélés par Mediapart » et de possibles liens financiers avec l’homme d’affaires et criminel sexuel Jeffrey Epstein, a précisé le PNF, chargé de réprimer la fraude fiscale.

Une société codirigée avec Jeffrey Epstein

En cause, la société offshore Prytanee LCC créée en 2016 et située dans le paradis fiscal des îles Vierges dans les Caraïbes. Elle se définissait comme un projet de fonds en soutien aux artistes du monde entier à travers l’achat et la revente d’œuvres d’art. Ouverte par Jeffrey Epstein lui-même, le prédateur sexuel s’était associé à parts égales avec Caroline Lang, une chevronnée dans le marché de l’art. 

Or, malgré des dîners et des réunions organisés entre eux, Caroline Lang avoue ne jamais avoir déclaré sa participation dans Prytanee LCC au fisc français. Elle soutient n’avoir jamais perçu de fonds de l’entreprise, même après le décès du magnat américain. Pourtant, le nom de la fille de l’ancien ministre de la Culture (1992-1993) est cité dans le dernier testament d’Epstein datant de 2018, dans lequel il lui lègue cinq millions de dollars.     

Des échanges de mails douteux

Le Parquet national financier va se pencher sur les flux financiers en provenance et à destination de Prytanee LCC. Dans les derniers fichiers révélés, un mail du 5 janvier 2016 de Jeffrey Epstein à destination de Jack et Caroline Lang laisse planer le doute. « Je mets 20 millions de dollars, Jack achète les œuvres, je n’apparais pas, on divise les profits à 50-50 et sa part lui revient ou aux membres de sa famille qu’il désigne(…) Il peut appeler ça le Fonds Lang pour l’art. Il peut même être salarié s’il préfère », rapporte nos confrères de RTL.

Une série de mails alimente les soupçons autour de l’implication de Jack Lang dans Prytanee LCC. « Jack est désormais totalement impliqué et nous met en contact avec des marchands d’art africains et moyen-orientaux », mentionne un mail de 2018 écrit par le manager de la société offshore. 

Jack Lang serein et soulagé

Jack Lang continue de clamer son innocence et accueille « avec sérénité et même soulagement » l’ouverture de l’enquête du PNF. L’avocat de la famille, Me Laurent Merlet a maintenu cette ligne de défense sur RTL, le samedi 7 février : « Jack Lang a pu donner son avis sur des œuvres d’art, c’est tout. Il n’a jamais été impliqué dans cette société et surtout, ni directement ni indirectement, il n’a perçu de bénéfices de cette entreprise. Qu’on procède à des réquisitions judiciaires, qu’on prenne ses relevés de compte et on verra qu’il n’y a jamais eu de non-déclaration de revenus provenant de cette entité. Jamais ».

De son côté, Caroline Lang a remis sa démission du poste de déléguée générale du Syndicat de la production indépendante (SPI) la semaine dernière. « La justice leur demande de prouver qu’ils n’ont touché aucun fonds de cette société. Ils l’ont dit et j’espère que le parquet ira très vite pour constater que ce qu’a dit Monsieur Lang et sa fille est la pure vérité », a déclaré Me Laurent Merlet sur BFMTV.

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le