Richard Ferrand, l'ex-ministre devenu chef de file des députés REM à l'Assemblée, a été entendu jeudi à Rennes dans le cadre de l'enquête...
Affaire Ferrand: l’ex-ministre entendu par la police judiciaire
Richard Ferrand, l'ex-ministre devenu chef de file des députés REM à l'Assemblée, a été entendu jeudi à Rennes dans le cadre de l'enquête...
Par Hélène DUVIGNEAU
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Richard Ferrand, l'ex-ministre devenu chef de file des députés REM à l'Assemblée, a été entendu jeudi à Rennes dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Brest sur l'affaire immobilière des Mutuelles de Bretagne.
L'information, révélée par Le Télégramme, a été confirmée vendredi à l'AFP par le procureur de la République de Brest Éric Mathais, qui n'a pas souhaité donner davantage d'informations.
Selon le quotidien breton, le député du Finistère, proche d'Emmanuel Macron, a été entendu longuement jeudi par la police judiciaire. L'audition s'est déroulée dans la plus grande discrétion à l'hôtel de police de Rennes de 14H00 jusqu'à au moins 21H00.
L'ancien ministre du premier gouvernement Édouard Philippe a été auditionné, toujours selon le quotidien, au sujet des "conditions d'acquisition et de location du local des Mutuelles de Bretagne par sa compagne en 2011, et de la mission de conseil qui lui a été confiée après son départ des Mutuelles en 2012, quand il a été élu député".
Richard Ferrand a été mis en cause le 24 mai dernier par le Canard Enchaîné. Selon l'hebdomadaire, les Mutuelles de Bretagne, dont M. Ferrand était le directeur général, avaient souhaité en 2011 louer des locaux commerciaux à Brest pour ouvrir un centre de soins et avaient choisi entre trois propositions celle d'une société immobilière appartenant à la compagne de M. Ferrand.
Cette dernière, selon l'hebdomadaire, monte alors très rapidement une société civile immobilière (SCI) et la promesse de location lui permet d'obtenir un prêt bancaire équivalent à la totalité du prix de ces locaux "en mauvais état". Outre une rénovation complète des locaux par la mutuelle pour 184.000 euros, toujours selon Le Canard, la valeur des parts de la SCI "a été multipliée par 3.000" six ans plus tard.
Une semaine plus tard, le journal Le Monde accuse M. Ferrand de "mélange des genres" entre affaires privées et vie publique, assurant qu'il "a fait bénéficier de plusieurs contrats des proches, dont son ex-femme et sa compagne". Le quotidien révèle également que l'ex-socialiste breton, nouvellement élu député en 2012, a conservé un poste de chargé de mission auprès de la nouvelle directrice des Mutuelles de Bretagne, rémunéré 1.250 euros par mois, et ce pendant toute la législature.
- "Décision avant la fin du mois" -
Après avoir annoncé que ces éléments ne permettaient pas d'ouvrir une enquête, le parquet de Brest s'était ravisé en annonçant l'ouverture d'une enquête préliminaire le 1er juin. Selon le procureur, l'enquête doit permettre de rechercher si les faits relatés sont "susceptibles ou non de constituer une infraction pénale en matière de manquements au devoir de probité et aux règles spécifiques du code de la mutualité".
Le mécanisme de l'affaire Ferrand
AFP
Le même jour, l'association anticorruption Anticor avait porté plainte contre X sur le fondement du délit d'abus de confiance visant Richard Ferrand, sa compagne ainsi que les membres du conseil d'administration des Mutuelles de Bretagne.
Selon l'article du Télégramme publié ce vendredi, aucune infraction pénale n'a été toutefois mise au jour, et l'enquête se joue sur la question de savoir si les Mutuelles de Bretagne étaient ou non "investies d'une mission de service public".
Si c'est le cas, "et en tenant compte de règles de prescription complexes, l'infraction de prise illégale d'intérêts pourrait être constituée", selon le quotidien, qui ajoute qu'une décision judiciaire "pourrait intervenir avant la fin du mois de juillet".
Contacté vendredi par l'AFP, Richard Ferrand restait injoignable, tandis que son entourage n'a pas souhaité faire de commentaire.
L'ex-socialiste devenu la cheville ouvrière d'En Marche a dû quitter son poste de ministre de la Cohésion des territoires au lendemain de sa réélection comme député, à la demande d'Emmanuel Macron, mais en échange il lui demande de briguer la tête du groupe majoritaire REM à l'Assemblée, poste auquel Richard Ferrand est élu cinq jours plus tard.
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