Affaire Ferrand: trois juges d’instruction désignés à Lille
Nouvelle étape dans le dossier Richard Ferrand, classé sans suite à Brest, relancé à Paris puis dépaysé à Lille: trois juges d...

Affaire Ferrand: trois juges d’instruction désignés à Lille

Nouvelle étape dans le dossier Richard Ferrand, classé sans suite à Brest, relancé à Paris puis dépaysé à Lille: trois juges d...
Public Sénat

Par Zoé LEROY

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Nouvelle étape dans le dossier Richard Ferrand, classé sans suite à Brest, relancé à Paris puis dépaysé à Lille: trois juges d'instruction viennent d'être désignés pour instruire cette affaire immobilière qui avait coûté à l'actuel président LREM de l'Assemblée nationale sa place au gouvernement.

Ces trois juges ont été désignés le 25 septembre "pour instruire le dossier", a annoncé jeudi le parquet de Lille à l'AFP, précisant "qu'aucune convocation pour mise en examen n'(avait) été délivrée".

La Cour de Cassation avait ordonné en juillet le dépaysement à Lille de l'information judiciaire ouverte à Paris.

En effet, la plus haute juridiction judiciaire avait validé la demande des avocats de Richard Ferrand, qui avaient mis en avant en mars un possible conflit d'intérêts lié à un magistrat parisien membre de l'association anticorruption Anticor à l'origine de la procédure judiciaire.

Les hauts magistrats ont donc décidé de confier l'enquête au tribunal de grande instance de Lille "afin de garantir l’impartialité objective de la juridiction saisie".

Cette procédure de dépaysement avait entraîné le report de son audition devant le juge parisien Renaud Van Ruymbeke initialement prévue le 26 mars.

Il y a tout juste un mois, dans la foulée de la démission surprise du ministre de l'Ecologie Nicolas Hulot, Richard Ferrand, fidèle de la première heure du président Emmanuel Macron, a connu une belle promotion en étant élu président de l'Assemblée nationale après la nomination de François de Rugy au gouvernement.

Cet ex-journaliste et ex-dirigeant de mutuelle, ancien socialiste, élu depuis 2012 au Palais Bourbon, pilotait jusqu'alors, depuis son départ forcé du gouvernement, en juin 2017, le groupe majoritaire LREM.

Révélée par Le Canard enchaîné, l'affaire porte sur le bien immobilier acquis par la compagne de Richard Ferrand et loué aux Mutuelles de Bretagne, dont il était alors le directeur général (1998-2012).

Cette histoire lui avait coûté son éphémère portefeuille de ministre de la Cohésion des territoires, qu'il avait dû abandonner un mois après sa nomination.

- 'Traitement indépendant ' -

Les faits visés remontent à 2011. A l'époque, les Mutuelles de Bretagne, qui cherchaient à louer des locaux pour installer un centre de soins à Brest, avaient choisi parmi trois offres la proposition d'une société civile immobilière (SCI) appartenant à 99% à sa compagne, l'avocate Sandrine Doucen. Ce bien acquis pour un prix de 375.000 euros a été financé par les loyers versés par les Mutuelles de Bretagne.

Le 13 octobre, le parquet de Brest avait classé sans suite son enquête préliminaire.

Le procureur de Brest reconnaissait avoir pu "envisager l'ouverture d'une information judiciaire" sur des soupçons de prise illégale d'intérêts. Mais il s'est avéré que "l'infraction éventuelle" était "prescrite" depuis le 19 juin 2015, selon les règles de prescription (trois ans) alors en vigueur, avait-il expliqué.

Déçue par ce classement sans suite, l'association Anticor avait déposé à Paris une plainte avec constitution de partie civile, procédure qui permet de passer outre le refus du parquet d'entamer des poursuites pénales. Le juge du pôle financier de Paris, Renaud Van Ruymbeke, avait ouvert le 12 janvier une information judiciaire pour "prise illégale d'intérêts".

Pour l'avocat de Richard Ferrand, Philippe Bazire, la désignation de ces trois juges d'instruction est "la suite normale de la procédure". "Elle se met en œuvre, il n'y a rien de spécial à en dire, c'est l'étape attendue", a-t-il dit.

Mais pour l'avocat d'Anticor, Jérôme Karsenti, "la présence de trois juges pour cette affaire emblématique qui touche un des premiers personnages de l'Etat est rassurant sur le traitement indépendant qui sera fait à l'enquête".

"Nous sommes satisfaits que les choses avancent dans cette affaire, malgré les manoeuvres dilatoires de M. Ferrand", a pour sa part déclaré à l'AFP Jean-Christophe Picard, président de l'association, en référence à la requête déposée par les avocats du couple pour demander le dépaysement de l'affaire.

Partager cet article

Dans la même thématique

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le

ZFE la fin des Zones a Faibles Emissions votee par l Assemblee Nationale
3min

Politique

Loi de « simplification » : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE et l’assouplissement du ZAN

Le Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi 21 mai plusieurs articles emblématiques de la loi de « simplification économique », parmi lesquels la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et un assouplissement des règles du « zéro artificialisation nette » (ZAN). Jugées sans rapport direct avec le projet de loi initial, ces dispositions ont été qualifiées de « cavaliers législatifs ». Au total, 25 articles sur 84 ont été censurés totalement ou partiellement, au terme d’un feuilleton parlementaire de deux ans.

Le