Affaire Fillon : des élus LR y voient l’œuvre d’« officines » à la solde de Macron
« Officines », « coup d'Etat institutionnel », « cabinet noir », une partie des soutiens de François Fillon crie au complot et mettent directement en cause « le pouvoir » en place et Emmanuel Macron.

Affaire Fillon : des élus LR y voient l’œuvre d’« officines » à la solde de Macron

« Officines », « coup d'Etat institutionnel », « cabinet noir », une partie des soutiens de François Fillon crie au complot et mettent directement en cause « le pouvoir » en place et Emmanuel Macron.
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Alors que le Canard Enchaîné a alourdi une nouvelle fois les soupçons « d’emplois fictifs » de l’épouse et des enfants de François Fillon, l’expression « coup d’Etat institutionnel » lâchée par l’ancien Premier ministre est développée par l’un de ses porte-parole Thierry Solère. (voir la vidéo)

Penelope gate : Fillon dénonce « un coup d’Etat institutionnel »
03:50

« On a des suspicions autour de Monsieur Nadal »

Ce jeudi, sur Public Sénat et Sud Radio, le député LR, Bernard Debré voit dans cette tempête mediatico-judiciaire la main de l’ancien procureur auprès de la cour de Cassation, Jean-Louis Nadal, actuellement président de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. « On a des suspicions autour de Monsieur Nadal, qui a été nommé par le gouvernement » explique-t-il (…) « Ça ne vous étonne pas que ça apparaisse dans le Canard Enchaîné, et que six heures après on ouvre une instruction ? » interroge-t-il avant d’estimer que « ces affaires profitent à la gauche, et à Emmanuel Macron ». Bernard Debré semble donc suspecter le parquet d’être aux ordres l’exécutif. Si les magistrats du parquet sont, en effet, nommés par le ministère de l’Intérieur, une réforme constitutionnelle visant à soumettre ces nominations à l’avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature a été abandonnée l’année dernière. Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas n’a pas obtenu l’appui des députés LR comme le rappelle Virginie Duval, présidente de l’Union Syndicale des Magistrats. «  Ce sont les mêmes qui critiquent aujourd’hui l’enquête, qui ont refusé de faire évoluer ce statut du magistrat du parquet. Donc c’est inadmissible de tenir de tels propos » estime-t-elle.

Penelopegate : « On a des suspicions autour de Monsieur Nadal, qui a été nommé par le gouvernement »
01:28

Eric Ciotti accuse Jouyet

Bernard Debré a également dans le collimateur une autre personne qu’il refuse de nommer. « Un  conseiller de François Hollande, qui est là pour ça » se contente-t-il de dire. Sur FranceInfo, le député Eric Ciotti s’en charge pour lui et cite nommément le secrétaire général de l’Elysée, Jean-Pierre Jouyet. « Les éléments qui sortent, les contrats, les chiffres, qu'ils soient dans le domaine privé ou dans celui de l'Assemblée nationale, du Sénat, il y a qu'un lieu où tous ces éléments sont recensés de façon exhaustive : c'est à Bercy (…) Monsieur Macron n'est pas éloigné de ce pouvoir, au contraire, il bénéficie, au sein de l'appareil d'État, d'un soutien très important. Nul n'ignore que monsieur Jouyet a été un acteur majeur dans la montée en puissance de monsieur Macron ». Le sénateur LR François Grosdidier évoque lui « une stratégie délibérée de gens du pouvoir qui veulent continuer le pouvoir avec Emmanuel Macron ». Contacté par publicsenat.fr, Jean-Pierre Jouyet ne  souhaite pas s’exprimer.

François Grosdidier: « une stratégie délibérée de gens du pouvoir qui veulent continuer le pouvoir avec Emmanuel Macron »
00:33

 

« Les officines, c'est uniquement celles des pharmaciens » selon Gérard Larcher

On notera ici une nouvelle discordance dans la stratégie de François Fillon. En effet, l’un de ses très proches, le président du Sénat, Gérard Larcher, expliquait, pourtant, dimanche sur Europe 1 : « Je ne vais pas me lancer dans ce petit jeu-là ». « Les officines, c'est uniquement celles des pharmaciens ».

Les « officines » dans les affaires Woerth/Bettencourt et DSK

Officine : « endroit où s'élabore quelque chose de secret, de nuisible, de mauvais » d’après le dictionnaire Larousse. Ce mot revient dans la bouche des responsables politiques lorsque survient le « scandale », l’ « affaire ».  « Je ne suis pas naïf (…) Je vois bien que derrière tout ça, il y a des officines, il y a des gens » déclarait Nicolas Sarkozy en juillet 2010 à propos de l’affaire Woerth/Bettencourt. Un an plus tard, en pleine affaire DSK, c’est l’ancien ministre de l’Intérieur, Jean-Pierre Chevènement qui « n'exclut aucune hypothèse ». « On peut très bien soudoyer une personne, je connais l'existence d'officines louches. Je sais que ça existe » affirmait-il sur le plateau d’LCP.

L'ancien ministre de la défense réaffirme l'importance de tenir compte de la présomption d'innocence.
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« Ça n’a jamais marché et ça ne marchera jamais »

Pour Julien Dray, conseiller régional PS et visiteur régulier du chef de l’Etat, la théorie du complot « est une défense classique qu’en on est acculé. Mais ça n’a jamais marché et ça ne marchera jamais ». L’ancien président d’SOS Racisme préfère mettre en avant que ce qu’il ressort du livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, « Un Président ne devrait pas dire ça » (ed.Stock), « c’est que François Hollande est le président le plus honnête de la Vème République ». « C’est plutôt lui qui pourrait se plaindre d’officines lorsque les photos du ‘scooter’ sont sorties » conclut-il. Du côté d’Emmanuel Macron, l’un de ses proches, le sénateur François Patriat, il s’agit « d’une attaque indigne qui n’honore pas ceux qui les prononcent ». « Le fait que ces élus reprennent à leur compte la stratégie du complot comme le fait le FN, montre une certaine perte de sang froid » ajoute-il.

A quelques heures d’une vidéo sur Pénélope Fillon dans l’émission Envoyé Spécial sur France 2, va-t-on assister de la part des soutiens de François Fillon à une reprise des éléments de défense de Nicolas Sarkozy ? Interrogé sur les soupçons de financement libyen de sa campagne de 2007, lors du premier débat de la primaire des Républicains, l’ancien chef d’Etat  répondait : « Quelle indignité. Nous sommes sur le service public. Vous n’avez pas honte ? »

 

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