Le bâtonnier de Paris a demandé à Juan Branco de renoncer à défendre Piotr Pavlenski dans l'affaire Griveaux, en raison notamment de "l'absence de distance" entre l'avocat et les actions de son
Me Branco avait dénoncé ce week-end une atteinte aux droits de la défense, expliquant que le parquet s'opposait à sa désignation comme avocat de l'artiste russe, mis en examen mardi pour la diffusion de vidéos à caractère sexuel de l'ex-candidat LREM à la mairie de Paris, tout comme sa compagne Alexandra de Taddeo.
L'avocat et essayiste avait dit avoir "conseillé" M. Pavlenski sur les vidéos à l'origine du retrait de M. Griveaux avant leur diffusion.
Procéduralement, le parquet ne peut pas s'opposer seul au choix d'un avocat mais il peut, lorsqu'il redoute un conflit d'intérêts, saisir le bâtonnier pour qu'il tranche la question.
Au cours de l'enquête déontologique annoncée lundi par le bâtonnier de Paris, Me Olivier Cousi, "il n'a pas été relevé de conflit d'intérêts avéré (...) pouvant être opposé à M. Juan Branco", indique le communiqué.
L'avocat Juan Branco répond à la presse au TGI de Paris, le 18 février 2020
AFP/Archives
"Toutefois, l'absence de distance manifestée par M. Juan Branco entre sa mission d'avocat et l'action reprochée à son client, ainsi que son absence de prudence lors de déclarations dans les médias l'exposaient à un risque de manquement aux principes essentiels, notamment d'indépendance et de prudence", ajoute-t-il.
"Dans ces conditions, le bâtonnier a demandé à M. Juan Branco de renoncer à la défense de M. Pavlenski", conclut-il.
Dans une réaction transmise à l'AFP, Me Juan Branco a expliqué que "c'est en plein accord avec le bâtonnier qu('il a) décidé, après l'avoir sollicité, de (se) retirer".
"Je note que la seule ambiguïté qui pourrait m'être reprochée consiste en l'utilisation, lors d'une déclaration à un média gilet jaune, du +on+, pronom indéfini systématiquement utilisé en plaidoirie, afin de protéger mon client", explique Juan Branco.
"Si la confusion peut être faite dans l'esprit du public (...), le bâtonnier ne peut ignorer que cette pratique est non seulement normale mais aussi encouragée afin de ne pas donner l'impression que l'on prendrait ses distances avec le client", ajoute-t-il.
C'est finalement Me Yassine Bouzrou qui a été désigné mardi par l'artiste russe de 35 ans pour assurer sa défense.
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