Affaire Karachi: l’ancien ministre François Léotard mis en examen
François Léotard a été mis en examen par la Cour de justice de la République (CJR) dans le volet ministériel de l'affaire Karachi...

Affaire Karachi: l’ancien ministre François Léotard mis en examen

François Léotard a été mis en examen par la Cour de justice de la République (CJR) dans le volet ministériel de l'affaire Karachi...
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François Léotard a été mis en examen par la Cour de justice de la République (CJR) dans le volet ministériel de l'affaire Karachi sur des soupçons de financement occulte de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur en 1995, a-t-on appris mardi de source proche de l'enquête.

Entendu le 4 juillet par la commission d'instruction de la CJR, l'ex-ministre de la Défense, 75 ans, a été mis en examen pour "complicité d'abus de biens sociaux", a précisé cette source à l'AFP, confirmant une information du Canard enchaîné. Il s'agit de la deuxième mise en examen dans ce volet de l'affaire après celle de l'ancien Premier ministre Édouard Balladur.

Le 8 mai 2002, une voiture piégée précipitée contre un bus transportant des salariés de la Direction des chantiers navals (DCN) explosait à Karachi, tuant quinze personnes dont onze employés français et en blessant douze autres. Tous travaillaient à la construction d'un des trois sous-marins Agosta vendus en 1994 au Pakistan par la France, sous le gouvernement Balladur.

L'enquête antiterroriste avait mis la justice sur la piste d'un financement occulte de la campagne de 1995, grâce à des rétrocommissions -illégales- sur des contrats d'armement avec le Pakistan et l'Arabie saoudite. Une deuxième enquête avait alors été ouverte en 2011 sur ce volet financier, confiée aux juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire.

Après des années de péripéties judiciaires, la Cour de cassation a confirmé le 11 juillet le renvoi devant le tribunal correctionnel de six protagonistes, dont Nicolas Bazire, ex-directeur de la campagne, Thierry Gaubert, alors membre du cabinet de Nicolas Sarkozy, et l'intermédiaire Ziad Takieddine.

Les juges d'instruction s'étaient dessaisis en 2014 des cas d'Édouard Balladur et de François Léotard, au profit de la CJR, seule instance habilitée à juger des délits commis par des membres du gouvernement dans l'exercice de leurs fonctions.

L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, ministre du Budget d’Édouard Balladur (1993-1995) et porte-parole du candidat pendant la campagne présidentielle de 1995, a été entendu début mai comme témoin par la Cour de justice de la République.

Edouard Balladur a été mis en examen, le 29 mai, pour "complicité d'abus de biens sociaux et recel". "La décision de la commission d'instruction ne tire aucune conséquence de la validation du compte de campagne par le Conseil constitutionnel en octobre 1995, non plus que de l'ancienneté des faits, vieux de vingt-trois ans", avait réagi l'ex-Premier ministre.

L'enquête antiterroriste est toujours en cours pour déterminer les responsabilités de l'attentat. Une des thèses sur lesquelles travaillent les juges est celle d'une attaque commise en rétorsion à la décision prise en 1996 par Jacques Chirac, adversaire politique d'Édouard Balladur, de mettre un terme au versement des commissions après son arrivée à l’Élysée.

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