Affaire Kohler : « Qui peut penser qu’il y a une parfaite indépendance de la justice ? » s’interroge Retailleau
Au micro de Public Sénat, Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Palais du Luxembourg, est revenu sur les derniers rebondissements judiciaires des affaires Fillon et Kohler. Pour lui, il y a un « problème d’indépendance entre l’exécutif et la justice ».

Affaire Kohler : « Qui peut penser qu’il y a une parfaite indépendance de la justice ? » s’interroge Retailleau

Au micro de Public Sénat, Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Palais du Luxembourg, est revenu sur les derniers rebondissements judiciaires des affaires Fillon et Kohler. Pour lui, il y a un « problème d’indépendance entre l’exécutif et la justice ».
Public Sénat

Par Ariel Guez

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« Est-ce qu’il y a encore des compatriotes qui pensent qu’il n’y a pas d’ingérence entre la justice et la sphère du pouvoir ? » Bruno Retailleau voit rouge. Dans un article paru mardi, le quotidien en ligne Mediapart révèle s’être procuré une lettre d’Emmanuel Macron transmise au PNF le 1er juillet dernier. Celle-ci montre, selon le quotidien, que le Président est « intervenu directement dans une procédure judiciaire individuelle » au détriment « de la séparation des pouvoirs ». Au micro de Public Sénat, le leader des Républicains au Palais du Luxembourg a dénoncé cette situation. « Qui peut penser aujourd’hui en France qu’il y a une parfaite indépendance de la justice ? » a-t-il demandé. 

Avec l’affaire Fillon, « la démocratie a été faussée », dénonce Bruno Retailleau

« On a vu dans l’affaire Fillon, le chef du Parquet national financier (PNF) dénoncer une ambiance avec d’énormes pressions et avec des instructions de Catherine Champrenault, sa supérieure hiérarchique. Qui peut penser un seul instant que cette affaire a été traitée dans la sérénité, normalement ?  Qui peut penser que la démocratie n’a pas été faussée ? », déclare-t-il. Car si des pressions avaient été exercées lors de l’affaire Fillon, c’est toute la campagne présidentielle qui pourrait avoir été impactée, l’ancien candidat à la présidence de la République ayant été mis en examen le 14 mars 2017, six semaines avant le premier tour. 

« Je pense que la démocratie française va mal »

Bruno Retailleau ne croit pas que le Conseil supérieur de la magistrature, saisi par Emmanuel Macron, tirera au clair cette affaire. « En trois ans, sur les 1048 plaintes adressées à ce CSM, simplement deux ont été jugées recevables, pour aucune sanction », rappelle le sénateur de Vendée.  « Donc qui peut penser que demain le CSM prononcera une sanction ? Personne. »

« Et là, nouvelle ingérence, avec le président de la République qui se retrouve dans un dossier qui touche quelqu’un qui lui est très proche », pointe Bruno Retailleau, à propos de l’affaire Kohler. « Je pense que la démocratie française va mal », regrette-t-il, pointant une majorité à l’Assemblée nationale « souvent à la remorque » de l’exécutif. Sur le plan législatif, « heureusement, il y a le Sénat qui assure cette indépendance », souligne Bruno Retailleau. « Mais il y a aussi un problème d’indépendance entre l’exécutif et la justice, et c’est préoccupant. »

« Pour Emmanuel Macron, il n’y a pas de comptabilité entre la démocratie et l’efficacité »

Par ailleurs, invité à commenter l’information selon laquelle pour le chef de l’État, un plan de relance serait conditionné à une modification du calendrier électoral, Bruno Retailleau a dénoncé la stratégie du président de la République. « Pour Emmanuel Macron, il n’y a pas de comptabilité entre la démocratie et l’efficacité. C’est donc la négation de la démocratie, et c’est profondément inquiétant », a-t-il déclaré, affirmant qu’il ne voyait pas Emmanuel Macron changer de politique ou se « réinventer. »

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