Affaire Penelope : de la communication de crise à la crise de communication
C’est au cours d’une conférence de presse organisée à la hâte le 1er mars dernier, que l’ancien Premier ministre annonce lui-même la date de sa convocation par la justice en vue de sa mise en examen. Pour lui, pas question de se retirer de la campagne présidentielle. Des propos qui dénotent avec ses précédentes déclarations quand sa droiture et sa probité étaient encore des arguments de campagne.

Affaire Penelope : de la communication de crise à la crise de communication

C’est au cours d’une conférence de presse organisée à la hâte le 1er mars dernier, que l’ancien Premier ministre annonce lui-même la date de sa convocation par la justice en vue de sa mise en examen. Pour lui, pas question de se retirer de la campagne présidentielle. Des propos qui dénotent avec ses précédentes déclarations quand sa droiture et sa probité étaient encore des arguments de campagne.
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Par Guillaume Gosalbes

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Une manière de communiquer changeante

Fin janvier, les révélations du Canard Enchaîné sur Penelope Fillon, soupçonnée d’emplois fictifs auprès de son époux ébranlent la campagne du candidat Fillon.

La riposte de l’ancien Premier ministre est immédiate. Pour le linguiste Dominique Maingueneau, en qualifiant les attaques du journal de boules puantes, il tente dans un premier temps de maîtriser les choses en prouvant « son honnêteté par sa sérénité ». Ce n’est que lorsqu’il saisit la dangerosité de la situation que le candidat de la droite et du centre change de registre. Dès lors, François Fillon « joue la carte du calme, de la transparence et de l’honnêteté en reconnaissant ses propres fautes ».

Quelques jours plus tard, changement de stratégie. Il se montre plus dur dans ses mots, allant jusqu’à adopter, selon le spécialiste de l’opinion, Gaël Sliman, « une très grande agressivité de forme ». Si il fait cela, c’est notamment parce qu’il cherche à « mobiliser son socle militant » en s’en prenant notamment au gouvernement, aux médias et à la justice.

Toujours selon Gaël Sliman, « François Fillon fait diversion en faisant porter le débat sur l’idée qu’il y aurait un complot le concernant, ou bien que le gouvernement serait complètement incapable de gérer les questions de sécurité ». Une thèse partagée par Dominique Maingueneau, pour qui la formule « climat de quasi guerre civile » aurait une double signification. En prononçant ces mots, François Fillon ferait référence non seulement aux violences qui se sont produites à Paris, à Bobigny et à Nantes, mais également à la manière dont il est traité par la justice et les médias. Didier Heiderich, spécialiste en communication de crise, va dans le même sens. Selon lui, l’ancien Premier ministre « utilise à peu près le même registre de vocabulaire pour parler des incidents et pour parler de lui-même ». Didier Heiderich, spécialiste en communication de crise, va dans le même sens. Selon lui, l’ancien Premier ministre « utilise à peu près le même registre de vocabulaire pour parler des incidents et pour parler de lui-même ».



Un candidat qui cherche avant tout à verrouiller son camp 

Pour le communicant Nourdine Cherkaoui, dans cette crise du Penelopegate, François Fillon ne parle qu’à sa base électorale, « il essaie de reprendre la main et de reparler du fond, peut-être en faisant des clins d’œil à une partie de ses électeurs qui l’ont quitté pour le FN ».
Pour lui, « la priorité de François Fillon est donc de verrouiller son camp à chaque instant ».

Depuis les premières révélations du Canard Enchaîné, le discours de l’ancien Premier ministre n’a donc pas cessé de susciter la controverse. Au sein même du son propre camp, de nombreux retraits ont déjà impacté son équipe de campagne. La popularité de François Fillon auprès des Français a elle aussi chuté comme le rappelle Gaël Sliman, « divisée par deux en l’espace d’un mois ». Chez le candidat à l’élection présidentielle, la communication de crise semble avoir muté en crise de la communication.

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