Affaire Quatennens : « Nous n’échappons pas à ces violences, la différence c’est qu’on en a conscience », plaide Manon Aubry (LFI)
Invitée d’Extralocal, Manon Aubry est revenue sur l’affaire Quatennens. L’eurodéputée LFI estime que son parti a réagi très rapidement, et surtout plus vite que d’autres organisations politiques comme LREM, devenu Renaissance. Elle considère aussi qu’il faut attendre les conclusions de l’enquête judiciaire pour statuer sur le fait qu’Adrien Quatennens garde son mandat ou pas.

Affaire Quatennens : « Nous n’échappons pas à ces violences, la différence c’est qu’on en a conscience », plaide Manon Aubry (LFI)

Invitée d’Extralocal, Manon Aubry est revenue sur l’affaire Quatennens. L’eurodéputée LFI estime que son parti a réagi très rapidement, et surtout plus vite que d’autres organisations politiques comme LREM, devenu Renaissance. Elle considère aussi qu’il faut attendre les conclusions de l’enquête judiciaire pour statuer sur le fait qu’Adrien Quatennens garde son mandat ou pas.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

En pleine tourmente après l’affaire Quatennens, Manon Aubry, eurodéputée LFI, a tenté de défendre l’attitude de son parti, notamment par rapport aux réactions d’autres organisations politiques dans des affaires semblables : « On est une organisation politique qui est le reflet de la société. On vit dans une société patriarcale, donc on n’échappe pas à l’existence de ces violences. La différence entre notre organisation et les autres, c’est qu’on en a conscience, qu’on combat ces violences et que l’on se dote d’outils de prévention et de réparation. » Manon Aubry estime que « LREM a protégé des hommes accusés de faits extrêmement graves », en citant les cas Damien Abad, Nicolas Hulot et Gérald Darmanin. L’eurodéputée LFI défend-elle donc, comme son collègue Manuel Bompard, qu’« une gifle n’est jamais acceptable, mais [qu’]elle n’est pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours » ?

« À partir du moment où nous tolérons que l’on puisse frapper une femme, alors on acceptera beaucoup plus »

« Il dit une chose qui est vrai est qu’on ne peut pas considérer de la même manière un fait de harcèlement, de violence physique ou sexuelles. Ce sont des sanctions judiciaires différentes, donc cela doit être des sanctions politiques différentes », répond Manon Aubry, qui ajoute : « À l’inverse, il y a un continuum de violences, à partir du moment où nous tolérons que l’on puisse frapper une femme, alors on acceptera beaucoup plus. Toutes les victimes racontent que cela commence par une gifle. »

Adrien Quatennens a quitté ses fonctions de « coordinateur de la France insoumise », mais doit-il renoncer à son mandat de député ? « Maintenant c’est le temps de l’enquête judiciaire », répond Manon Aubry. « Nous avons pris une sorte de mesure conservatoire, de protection, y compris de la victime. Notre seul rôle, ce sont des sanctions politiques. S’il y a condamnation pénale, alors il faudra avoir un avis définitif. »

L’eurodéputée lie aussi cette situation à une proposition que porte LFI depuis quelques années maintenant : « Nous avons toujours été les seuls à défendre un référendum révocatoire, c’est-à-dire la possibilité pour les électeurs de retourner aux urnes s’ils ne sont pas contents de leurs élus. Cela pourrait être un outil pour que les électeurs décident », explique-t-elle.

Partager cet article

Dans la même thématique

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le

Affaire Quatennens : « Nous n’échappons pas à ces violences, la différence c’est qu’on en a conscience », plaide Manon Aubry (LFI)
5min

Politique

Ingérences étrangères : « Depuis les années 2010, aucun rendez-vous électoral n’a été épargné »

A l’heure de la manipulation des algorithmes et du recours croissant à l’intelligence artificielle sur les plateformes numériques, des experts alertent le Sénat sur la multiplication d’ingérences d’origine étrangères en Europe. Avec pour objectif de déstabiliser les périodes électorales, à coups de désinformation et d‘altération de la confiance envers les institutions.

Le

Macron Sénat 1 ok
9min

Politique

[Série 1/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : un début constructif, avant la montée des tensions

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après des débuts plutôt bienveillants, la relation va vite se tendre sur les collectivités, avant qu’elle ne se dégrade sur le projet de réforme constitutionnelle, qui finira enterré.

Le

Affaire Quatennens : « Nous n’échappons pas à ces violences, la différence c’est qu’on en a conscience », plaide Manon Aubry (LFI)
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le