François Hollande a jugé mardi inacceptable "qu'il y ait de la casse" dans les banlieues en réaction à l'affaire Théo, affirmant qu'il refuserait "toutes les provocations" et appelant au "respect" mutuel entre citoyens, police et justice.
"Il faut que la justice passe", a déclaré le chef de l'Etat lors d'un déplacement dans une mission locale d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).
"On ne peut pas accepter, à cause d'un drame que j'ai moi-même dénoncé, qu'il y ait de la casse", a-t-il souligné lors d'une table ronde sur la "Garantie jeune", avec des bénéficiaires de ce dispositif d'insertion professionnelle et des élus.
Véhicule incendié lors de violences ayant émaillé une manifestation le 11 février 2017 à Bobigny
AFP
"Conscient" qu'il venait en Seine-Saint-Denis "dans un moment particulier", François Hollande a ensuite longuement plaidé en faveur du "respect", soulignant qu'il "n'y a pas de vie en commun, s'il n'y a pas de respect".
"Le respect, c'est celui qui est dû à ces jeunes quand ils sont contrôlés, lorsqu'ils sont eux-mêmes confrontés à des situations de violence", a-t-il enchaîné.
"Et quand il y a des manquements, ils doivent être clairement dénoncés et la justice saisie", a-t-il poursuivi évoquant l'affaire Théo à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Ce jeune noir de 22 ans a été victime d'un viol présumé lors d'une interpellation le 2 février.
Le président François Hollande au chevet de Théo à l'hôpital Robert Ballanger le 7 février 2017 à Aulnay-sous-Bois
LE PARISIEN/AFP
François Hollande a de nouveau rendu hommage à Théo, "qui a eu cette lucidité et cette dignité de lancer un appel au calme". Le président l'a rencontré il y a une semaine dans sa chambre d'hôpital.
Le respect, a-t-il encore développé, est "celui que nous devons avoir, tous, à l'égard des institutions, de la police, de la justice".
"Le respect, c'est aussi à l'égard des biens publics, de le propriété privée", a-t-il encore martelé.
Ainsi, pour le président Hollande, s'il "y a en France le principe de la liberté de manifester, il n'y a pas l'autorisation de casser".
"Je refuserai aussi toutes les provocations, tous ceux qui veulent diviser, qui veulent séparer, qui veulent opposer, qui veulent briser ce qui est la vie en commun", a-t-il insisté.
"Il est très important de montrer que nous sommes capables de vivre ensemble dans une société apaisée mais où le respect est la règle et où nous devons être fermes à l'égard de ceux qui s'éloignent de ce principe", a-t-il conclu.
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