Agnès Buzyn : « Il y a un sujet alcool dans notre pays »
Invitée de l’Epreuve de vérité, sur Public Sénat, la ministre de la Santé a souligné que « l’alcool entraînait des violences » et « un coût considérable pour la société ». « Les lobbys ne me font pas très peur » prévient la ministre, « ils sont partout ».

Agnès Buzyn : « Il y a un sujet alcool dans notre pays »

Invitée de l’Epreuve de vérité, sur Public Sénat, la ministre de la Santé a souligné que « l’alcool entraînait des violences » et « un coût considérable pour la société ». « Les lobbys ne me font pas très peur » prévient la ministre, « ils sont partout ».
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Elle persiste et signe. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, n’entend pas lâcher sur la question du vin, malgré les pressions venues de toutes parts. La semaine dernière, lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale puis au Sénat, la ministre avait été mise en cause après avoir affirmé que le vin était « un alcool comme un autre ». Sacrilège au pays du vin. La sénatrice de Gironde, Nathalie Delattre (Parti radical), avait accusé Agnès Buzyn de vouloir faire de la France le « pays de la prohibition ».

Pour Agnès Buzyn, ce sont « des propos outranciers qui visent à décrédibiliser ma parole » a-t-elle affirmé ce lundi soir, invitée de l’Epreuve de vérité, sur Public Sénat, en partenariat avec l’AFP, Les Echos et Radio Classique. « Je n’ai jamais parlé de prohibition. Moi-même, j’aime beaucoup boire un verre de vin » souligne la ministre.

« Un coût considérable pour la société, calculé par la Cour des comptes à 120 milliards d’euros »

Pour elle, il s’agit avant tout d’un problème de santé publique. « Je pense qu’il y a un sujet alcool dans notre pays. Notamment dans les populations vulnérables, je pense au binge drinking avec les jeunes, aux accidents de la route, le problème des femmes enceintes sur le fait qu’il faut boire zéro alcool pendant la grossesse ». Elle ajoute :

« L’alcool, ça entraîne des violences. Des violences conjugales, de la violence routière. Ça a un coût considérable pour la société, calculé par la Cour des comptes à 120 milliards d’euros tout compris en termes de pertes de vie, de production de richesse, et un coût pour la Sécurité sociale de plusieurs milliards d’euros. Il ne faut pas penser que l’alcool est juste un problème personnel, c’est aussi un problème sociétal ».

Y a-t-il une consommation modérée qui peut être sans danger ? « Scientifiquement, ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. C’est proportionnel » souligne cette médecin de formation. Pour la ministre, il s’agit de « prévention » et « d’information. Dans le vin, il y a une molécule d’alcool, il faut boire avec modération. Plus on boit d’alcool, plus c’est dangereux. Moins on en boit, mieux c’est ».

« Les lobbys ne me font pas très peur »

Globalement, elle pointe du doigt l’existence de groupe de pressions dans de multiples domaines. Mais elle n’entend pas lâcher : « Les lobbys ne me font pas très peur. Ils sont partout. Quand on travaille dans le champ de l’environnement, on sait très bien qu’il y a des lobbys. Dans le champ des comportements, il y a des lobbys. Dans le domaine des vaccins, il y en a encore d’autres, pas forcément des lobbys industriels mais d’autres ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Meeting of Candidate in France’s 2027 presidential election, Jean-Luc Melenchon in Le Bourget
8min

Politique

« Il est l’heure de tout changer » : au Bourget, LFI met en scène sa « Nouvelle France » 

À l’occasion de la présentation de la nouvelle édition de L’Avenir en commun, samedi 7 novembre, La France insoumise a transformé le Bourget en théâtre de campagne. Scénographie immersive, démonstration de force militante et discours de Jean-Luc Mélenchon résolument tourné vers la jeunesse, le mouvement entend faire de son programme le premier acte de la présidentielle de 2027. Reportage

Le

Agnès Buzyn : « Il y a un sujet alcool dans notre pays »
6min

Politique

Mobilisation de la jeunesse : « Nous avons construit un État-providence qui fonctionne seulement pour les adultes », reconnaît cette eurodéputée

Une Europe en ébullition sociale. De la France à l'Italie, en passant par la Belgique, la Grèce ou l'Allemagne, une vague de contestation secoue les capitales de l'Union. Nés de mouvements lycéens et étudiants initiés en France, ces soulèvements traduisent un malaise profond touchant l'avenir de la jeunesse, la crise du logement et l'effritement du pouvoir d'achat. Face à ce front commun qui surprend les gouvernements européens, des syndicats et des associations issus de sept pays appellent à des manifestations coordonnées pour la fin du mois de novembre.

Le

France : Edouard Philippe visits Zuydcoote to discuss immigration
10min

Politique

« La fébrilité est de leur côté, pas du sien » : sous pression du camp Attal et Retailleau, Edouard Philippe reste droit dans ses bottes et refuse la primaire

Après Gabriel Attal et David Lisnard, Bruno Retailleau s’est rangé à l’idée de primaire de la droite et du centre, au point de commencer à y travailler. Si le candidat Horizons ne change pas d’avis, « il portera seul la responsabilité de la division », prévient Laurence Garnier, porte-parole de Bruno Retailleau. « On attend du prochain chef de l’Etat qu’il sache résister à la pression de Trump ou Poutine, ce n’est pas celle des candidats mal partis qui fera fléchir Edouard Philippe », rétorque Nathalie Loiseau, porte-parole d’Edouard Philippe…

Le