Agnès Pannier-Runacher: « Fabriquer en France peut être plus efficace et pas forcément plus coûteux »
La secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher, revient sur la mobilisation de l’industrie française pour la fabrication de masques et de respirateurs. Pour elle, cela préfigure d’une stratégie de relocalisation à venir. Elle répond aux questions d’Oriane Mancini.

Agnès Pannier-Runacher: « Fabriquer en France peut être plus efficace et pas forcément plus coûteux »

La secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher, revient sur la mobilisation de l’industrie française pour la fabrication de masques et de respirateurs. Pour elle, cela préfigure d’une stratégie de relocalisation à venir. Elle répond aux questions d’Oriane Mancini.
Public Sénat

Par Oriane Mancini

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Mobilisation de l’industrie française :

« Le Président l’a annoncée hier, c’est une mobilisation sans faille et sans précédent pour la fabrication de masques et de respirateurs mais ce n’est pas une idée nouvelle. Sur la fabrication de respirateurs, il fallait accompagner l’augmentation du nombre de lits dans les services de réanimation. On a discuté d’un programme de production avec Air Liquide qui est le seul fabricant français mais ce programme était trop limité en restant seul. Très vite, plusieurs partenaires (PSA, Valéo, Schneider...) ont été convaincus et ont rejoint le projet pour être en capacité de produire plus. Ils avaient envie de participer à cette mobilisation contre le virus. Notre rôle c’est d’être en appui. Les équipes de santé elles, fixe les besoins et la répartition de ces matériels. Bien sûr, si nous n’avons plus besoin de ces respirateurs, ce sera à nous d’aider d’autres pays en difficulté face à cette épidémie. La filière textile est également mobilisée. Près de 80 entreprises du secteur travaillent à la fabrication de masques en tissu homologués. On voit que chacun amène sa pierre à la lutte contre le Covid-19. Notre rôle encore une fois, est d’accompagner cette montée en charge. »

Relocalisation :

« Nous avons entamé ce virage de la relocalisation de certaines productions depuis 3 ans. Sur le problème spécifique de l’approvisionnement en médicaments, nous avions lancé une réflexion dès la fin d’année dernière. Cette crise ne fait qu’accélérer cette volonté de relocaliser. Ça ne veut pas dire se fermer, ça veut dire renforcer sa base productive et industrielle, être plus intelligent. Il ne faut plus être vulnérable sur certaines productions stratégiques comme les médicaments par exemple. Ce que l’on est en train de démontrer aujourd’hui, c’est que fabriquer en France peut être plus efficace et pas forcément plus coûteux. L’usine de demain permettra encore d’améliorer la compétitivité française. On voit aujourd’hui que l’on va pouvoir et il faut, accélérer sur cette idée de relocalisation. »

L’impact économique :

« Il est trop tôt pour calculer l’impact sur les entreprises, trop tôt pour tirer un bilan. Dans 2 ou 3 mois, nous aurons un retour précis sur les fermetures ou dépôts de bilan. Mais, le plan de soutien du gouvernement est un plan massif. Il n’y a pas de doutes que ces mesures sont à la dimension du problème et vont permettre de soutenir notre tissu économique. Il faut que l’on continue d’accompagner et de préparer les entreprises à rebondir. Fonds de solidarité, dégrèvements d’impôts, report de taxes, tout cela doit aider nos entreprises. Certaines auront certes des problèmes de trésorerie mais leur modèle est bon est nous devons les sauver. Après la crise, nous relancerons notre pacte productif qui s’appuie sur 3 grands piliers, relocalisation, transition énergétique et le numérique. »

Pendant toute la période du confinement, retrouvez chaque jour de semaine à midi notre interview politique, en ligne sur publicsenat.fr et notre chaîne YouTube.

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