Agression du petit-neveu de Brigitte Macron : « Une réaction effrayante » par « son degré de violence » pour Marc Fesneau

Invité de notre matinale, Marc Fesneau a dénoncé l’agression du petit-neveu de Brigitte Macron à Amiens. Le ministre de l’Agriculture pointe la responsabilité de Jean-Luc Mélenchon dans la banalisation de la violence verbale, et estime que « les mots précèdent les gestes de violence. »
Louis Mollier-Sabet

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Ce lundi soir, le petit-neveu de Brigitte Macron, Jean-Baptiste Trogneux, a été agressé en marge d’une casserolade contre la réforme des retraites, un peu après l’interview d’Emmanuel Macron au 20h de TF1. Le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, y voit une « réaction effrayante » par son « degré de violence », et pointe la responsabilité de ceux qui la « justifient » : « Tous ceux qui sont en train de justifier la violence, parce que la cause serait juste, et de dire que ce seraient des manifestations pacifistes, ce n’est pas le cas. On a quelqu’un attaqué par son seul lien avec les Macrons. Je ne sais pas de quel degré de terreur il va falloir s’accommoder pour que tout le monde se mette autour de la table et dénonce ces faits de violence. »

« On entend M. Mélenchon dire que c’est amusant, que c’est une façon de se défouler »

« Il y a toujours des ‘oui, mais il y a de la violence sociale, économique’. Il n’y a pas de ‘oui, mais’ quand il y a de la violence. Aucune cause ne justifie de la violence physique, nourrie au démarrage par de la violence verbale. Ça n’est pas anodin de mettre la tête d’un Président de la République sur un billot et de simuler des scènes de décapitation. C’est un climat délétère et de terreur parce que cela veut dire que des gens, pour leurs engagements, sont menacés pour eux-mêmes et pour leurs familles », poursuit Marc Fesneau.

Le ministre de l’agriculture voit dans les réactions de LFI et de Jean-Luc Mélenchon notamment, une justification « pernicieuse » de ces actes, en diminuant la gravité de la violence verbale et symbolique : « On entend M. Mélenchon dire que c’est amusant, que c’est une façon de se défouler. On peut avoir des désaccords en politique, des débats. Je respecte mes adversaires, je ne les menace pas et je n’incite pas ceux qui peuvent avoir des esprits un peu égarés à passer à l’acte. Les mots précèdent les faits, les gestes de violence. »

« On commente l’affaire de quelqu’un qui est menacé, violenté dans la rue pour ses seuls liens de sang »

Le candidat de LFI à la dernière présidentielle est-il donc responsable des violences dénoncées par le ministre ? « Je ne vais pas moi-même faire ce que fait Jean-Luc Mélenchon. Mais il porte comme moi, comme tous les autres, la responsabilité d’apaiser le débat. De faire qu’il y a du débat démocratique dans les enceintes où il doit avoir lieu. On commente l’affaire de quelqu’un qui est menacé, violenté dans la rue pour ses seuls liens de sang. Où est-ce qu’on est ? »

Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs été ciblé par une cellule terroriste d’extrême droite, préparant aussi des attentats contre le CRIF et le rappeur Médine, notamment, comme l’a révélé Politis le 10 mai dernier. « Ce n’est pas de même nature, c’est du terrorisme, et je le dénonce aussi. Mais jamais vous ne me verrez faire le tri par rapport à mes adversaires. Contrairement à Mélenchon, moi je ne fais pas le tri », répond Marc Fesneau.

« Qui a appelé à manifester, a montré du doigt ce maire ? Ce sont les amis de Mme Le Pen et de M. Zemmour. »

La semaine dernière, on apprenait aussi que le maire de Saint-Brévin, Yannick Morez, démissionnait de son mandat après une vague de harcèlement menée par l’extrême-droite après sa décision d’accepter l’implantation d’un centre d’accueil de demandeurs d’asile, et l’incendie criminel de son domicile.

« Je suis élu municipal, j’ai été maire, j’ai une forme d’ancienneté dans le métier, désormais, hélas. J’ai vu monter cette violence, la conflictualité désormais, avec l’incitation à la querelle », estime Marc Feseau, qui dit avoir « entendu » ce que disait Yannick Morez à propos de l’abandon qu’il avait ressenti face à cette violence. « L’important, c’est qu’il a eu le sentiment qu’il n’était pas assez accompagné. Il faut donc renforcer notre arsenal, que toute la chaîne se solidifie, des collègues maires, au gouvernement, parce que chacun détient une part pour ne pas laisser un élu. »

En l’occurrence, c’est aussi l’extrême droite qui porte une responsabilité dans ce dossier, rappelle le ministre de l’Agriculture : « Qui a appelé à manifester, a montré du doigt ce maire ? Ce sont les amis de Mme Le Pen et de M. Zemmour. »

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