Agression du petit-neveu de Brigitte Macron : « Une réaction effrayante » par « son degré de violence » pour Marc Fesneau

Invité de notre matinale, Marc Fesneau a dénoncé l’agression du petit-neveu de Brigitte Macron à Amiens. Le ministre de l’Agriculture pointe la responsabilité de Jean-Luc Mélenchon dans la banalisation de la violence verbale, et estime que « les mots précèdent les gestes de violence. »
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Ce lundi soir, le petit-neveu de Brigitte Macron, Jean-Baptiste Trogneux, a été agressé en marge d’une casserolade contre la réforme des retraites, un peu après l’interview d’Emmanuel Macron au 20h de TF1. Le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, y voit une « réaction effrayante » par son « degré de violence », et pointe la responsabilité de ceux qui la « justifient » : « Tous ceux qui sont en train de justifier la violence, parce que la cause serait juste, et de dire que ce seraient des manifestations pacifistes, ce n’est pas le cas. On a quelqu’un attaqué par son seul lien avec les Macrons. Je ne sais pas de quel degré de terreur il va falloir s’accommoder pour que tout le monde se mette autour de la table et dénonce ces faits de violence. »

« On entend M. Mélenchon dire que c’est amusant, que c’est une façon de se défouler »

« Il y a toujours des ‘oui, mais il y a de la violence sociale, économique’. Il n’y a pas de ‘oui, mais’ quand il y a de la violence. Aucune cause ne justifie de la violence physique, nourrie au démarrage par de la violence verbale. Ça n’est pas anodin de mettre la tête d’un Président de la République sur un billot et de simuler des scènes de décapitation. C’est un climat délétère et de terreur parce que cela veut dire que des gens, pour leurs engagements, sont menacés pour eux-mêmes et pour leurs familles », poursuit Marc Fesneau.

Le ministre de l’agriculture voit dans les réactions de LFI et de Jean-Luc Mélenchon notamment, une justification « pernicieuse » de ces actes, en diminuant la gravité de la violence verbale et symbolique : « On entend M. Mélenchon dire que c’est amusant, que c’est une façon de se défouler. On peut avoir des désaccords en politique, des débats. Je respecte mes adversaires, je ne les menace pas et je n’incite pas ceux qui peuvent avoir des esprits un peu égarés à passer à l’acte. Les mots précèdent les faits, les gestes de violence. »

« On commente l’affaire de quelqu’un qui est menacé, violenté dans la rue pour ses seuls liens de sang »

Le candidat de LFI à la dernière présidentielle est-il donc responsable des violences dénoncées par le ministre ? « Je ne vais pas moi-même faire ce que fait Jean-Luc Mélenchon. Mais il porte comme moi, comme tous les autres, la responsabilité d’apaiser le débat. De faire qu’il y a du débat démocratique dans les enceintes où il doit avoir lieu. On commente l’affaire de quelqu’un qui est menacé, violenté dans la rue pour ses seuls liens de sang. Où est-ce qu’on est ? »

Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs été ciblé par une cellule terroriste d’extrême droite, préparant aussi des attentats contre le CRIF et le rappeur Médine, notamment, comme l’a révélé Politis le 10 mai dernier. « Ce n’est pas de même nature, c’est du terrorisme, et je le dénonce aussi. Mais jamais vous ne me verrez faire le tri par rapport à mes adversaires. Contrairement à Mélenchon, moi je ne fais pas le tri », répond Marc Fesneau.

« Qui a appelé à manifester, a montré du doigt ce maire ? Ce sont les amis de Mme Le Pen et de M. Zemmour. »

La semaine dernière, on apprenait aussi que le maire de Saint-Brévin, Yannick Morez, démissionnait de son mandat après une vague de harcèlement menée par l’extrême-droite après sa décision d’accepter l’implantation d’un centre d’accueil de demandeurs d’asile, et l’incendie criminel de son domicile.

« Je suis élu municipal, j’ai été maire, j’ai une forme d’ancienneté dans le métier, désormais, hélas. J’ai vu monter cette violence, la conflictualité désormais, avec l’incitation à la querelle », estime Marc Feseau, qui dit avoir « entendu » ce que disait Yannick Morez à propos de l’abandon qu’il avait ressenti face à cette violence. « L’important, c’est qu’il a eu le sentiment qu’il n’était pas assez accompagné. Il faut donc renforcer notre arsenal, que toute la chaîne se solidifie, des collègues maires, au gouvernement, parce que chacun détient une part pour ne pas laisser un élu. »

En l’occurrence, c’est aussi l’extrême droite qui porte une responsabilité dans ce dossier, rappelle le ministre de l’Agriculture : « Qui a appelé à manifester, a montré du doigt ce maire ? Ce sont les amis de Mme Le Pen et de M. Zemmour. »

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Agression du petit-neveu de Brigitte Macron : « Une réaction effrayante » par « son degré de violence » pour Marc Fesneau
2min

Politique

Municipales 2026 : « On ne peut pas critiquer la vie politique si on n’y participe pas », estime Albane Gély, primo-votante

Les élections municipales qui auront lieues le 15 et 22 mars prochains seront pour certains la première occasion de voter. Invitée dans l’émission Dialogue Citoyen, Albane, étudiante en droit et philosophie, témoigne de l’importance pour elle de voter, une exception chez les 18-25 ans qui n’étaient que 30% à s’être déplacés lors des dernières élections municipales. Une élection organisée juste avant la période de confinement.

Le

Agression du petit-neveu de Brigitte Macron : « Une réaction effrayante » par « son degré de violence » pour Marc Fesneau
3min

Politique

Alain Duhamel : « Les Français sont dans un état de défiance que je trouve totalement disproportionné »

Il a connu Pompidou, interviewé Valéry Giscard d’Estaing, mis sur le grill François Mitterrand et, pour ainsi dire, vu naître politiquement tous les autres présidents de la Cinquième République. Voilà cinquante ans qu’Alain Duhamel ausculte la politique française avec une tempérance devenue sa marque de fabrique. La retraite ? Impensable pour l’éditorialiste qui publie Les Politiques, portraits et croquis (éditions de l’Observatoire) dans lequel sont scrutées 63 personnalités politiques avec beaucoup de franchise. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde un regard, il revient sur les souvenirs marquants de sa carrière et analyse le climat politique des dernières années.

Le

6min

Politique

Royaume-Uni : Keir Starmer face à « la défiance » de son propre camp, après de nouvelles révélations entre Jeffrey Epstein et l’ancien ambassadeur britannique à Washington

Le Premier ministre essuie les conséquences de sa décision de nommer Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur à Washington en 2024, alors que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient déjà connus. Après la publication de nouveaux fichiers sur le financier américain, la pression s’accentue contre Keir Starmer, déjà fragilisé depuis le début de son mandat.

Le

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?
8min

Politique

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?

Le ministère de l’Intérieur a déclenché les foudres des Insoumis en classant ce mouvement pour la première fois à l’extrême gauche, dans une circulaire adressée aux préfets en vue de la catégorisation des candidats et des listes. Ce n’est pas la première fois que la place Beauvau est critiquée pour ses choix.

Le