Agriculture : « Il n’y a pas de souveraineté alimentaire sans transition écologique », assure Marc Fesneau

Invité de la matinale de Public Sénat, le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau a défendu le projet de loi d’orientation sur l’agriculture présenté ce 3 avril en Conseil des ministres. Un texte qui consacre la notion de souveraineté alimentaire, cherche à assurer le renouvellement des effectifs de la profession et à simplifier le droit.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

“Nourrir sa population, c’est comme défendre sa population”, déclare le ministre de l’agriculture pour défendre son texte qu’il présente comme une recherche d’équilibre entre les différentes revendications issues du monde agricole. Si le texte, dont l’examen débutera le 13 mai à l’Assemblée nationale, consacre la souveraineté alimentaire, Marc Fesneau assure que cette reconnaissance ne se fera pas aux dépens de la transition écologique.

 

“Dans les crédits du ministère de l’agriculture, un milliard d’euros supplémentaire est consacré à la transition”

 

“Il n’y aura pas de souveraineté si on n’arrive pas à lever un certain nombre de transitions nécessaires, il n’y a pas de souveraineté alimentaire sans transition écologique”, affirme Marc Fesneau qui défend une vision jugée équilibrée. “Dans les crédits du ministère de l’agriculture, un milliard d’euros supplémentaire est consacré à la transition”, explique le ministre de l’agriculture. Ces crédits supplémentaires sont destinés à la plantation de nouvelles haies, à la diversification en protéine ou encore la recherche d’alternatives aux produits phytosanitaires.

En faisant du renouvellement des agriculteurs l’un des éléments essentiels de son projet de loi, le gouvernement a cherché à faciliter l’accès à la profession d’agriculteur. Attendu sur la simplification, le gouvernement propose de réduire un certain nombre de délais, notamment nécessaires pour l’installation de bâtiments d’élevage ou de structures de retenue d’eau appelées “mégabassines”. “Un certain nombre de gens et d’associations se servent des procédures, non pas pour juger ou jauger du sujet environnemental, mais pour planter les dossiers, c’est une façon d’époumoner les porteurs de projets”, affirme le ministre de l’agriculture pour défendre la mesure. “Ce n’est pas parce qu’on raccourcit les délais qu’on rabat sur la question écologique”, ajoute Marc Fesneau qui affirme vouloir “trouver un équilibre entre les éléments de transition”. Malgré les critiques, ce dernier assure prendre en compte le dérèglement climatique et la réforme permettra de réaliser des “stress tests” climatiques sur les exploitations agricoles afin d’évaluer les effets à venir du réchauffement climatique sur ces parcelles.

 

“La compétitivité, c’est la simplification”

 

Pour produire des effets, le projet de loi devra passer l’étape du Sénat, où le texte est particulièrement attendu et devrait être largement amendé. “Je ne désespère pas que, dans un débat, c’est l’intérêt de tous que d’essayer de trouver une majorité sur ce texte”, avance le ministre de l’agriculture qui affirme avoir repris un certain nombre d’éléments des propositions de loi du sénateur (LR) Laurent Duplomb relative à la compétitivité des agriculteurs français. “La compétitivité, c’est la simplification”, poursuit Marc Fesneau tout en répétant que “tous les modèles doivent pouvoir cohabiter en agriculture”. Si la réforme doit permettre de renforcer la compétitivité, le ministre de l’Agriculture écarte le développement d’une agriculture productiviste tournée vers l’exportation. “Il faut déjà essayer de produire autant, le dérèglement climatique va nous poser des problèmes”, explique le ministre.

Partager cet article

Dans la même thématique

Agriculture : « Il n’y a pas de souveraineté alimentaire sans transition écologique », assure Marc Fesneau
5min

Politique

Exclu Public Sénat : Le président du Medef critique les « déclarations très guerrières » de la nouvelle présidente du Cese Claire Thoury

Après l’élection, mercredi 20 mai, de la présidente du Mouvement associatif Claire Thoury, à la tête du Conseil économique, social et environnemental (Cese), Patrick Martin réagit. Le président du Medef met en garde, jeudi 21 mai, contre « un dévoiement » de l’organisation et enjoint sa nouvelle présidente à « ne pas faire de politique ».

Le

Statement by French Outgoing Prime Minister Sebastien Lecornu – Paris
10min

Politique

« 710 millions d’euros d’aides nouvelles » : prime carburant, taxis, pêcheurs, aides à domicile...Retrouvez le détail des annonces du gouvernement pour faire face à la crise

Le premier ministre Sébastien Lecornu a tenu une conférence de presse ce jeudi pour y dévoiler de nouvelles aides ciblées. Accompagné de plusieurs de ses ministres, Sébastien Lecornu qui a affirmé que la guerre en Iran allait durer, a annoncé 710 millions d’aides nouvelles. Retrouvez le détail des aides secteur par secteur, et les temps fort de cette conférence de presse.

Le

Agriculture : « Il n’y a pas de souveraineté alimentaire sans transition écologique », assure Marc Fesneau
4min

Politique

Élargissement du corps électoral en Nouvelle-Calédonie : « Le gouvernement s’est appuyé sur mon texte pour aller plus vite », explique le sénateur LR Georges Naturel

Par l’adoption définitive de la proposition de loi du sénateur de Nouvelle-Calédonie, Georges Naturel, le Parlement ouvre la voie à l’élargissement du corps électoral à plus de 10.000 natifs de l’archipel. Mais il regrette que son texte ait été examiné dans la précipitation. « A 40 jours d’une élection, modifier le corps électoral, ce n’est pas tout à fait normal », pointe Georges Naturel.

Le

Agriculture : « Il n’y a pas de souveraineté alimentaire sans transition écologique », assure Marc Fesneau
5min

Politique

Pacte européen sur la migration et l’asile : le Sénat habilite le gouvernement à avoir recours aux ordonnances

Mercredi soir, le Sénat a adopté le projet de loi habilitant le gouvernement à transposer par ordonnances le Pacte sur la migration et l’asile. Un choix nécessité par l’urgence du calendrier. Les Etats membres ont jusqu’au 12 juin pour transposer le Pacte en droit français. A cette date la plupart des dispositions du pacte seront applicables directement à l’ensemble des Etats membres.

Le