Agriculture : « Il y a un mal français, il faut mettre autant d’effort dans la fabrique de la loi que dans l’application de la loi », affirme Julien Denormandie

A l’occasion du 62ème Salon international de l’Agriculture, l’ancien ministre Julien Denormandie a défendu l’action du président de la République en matière agricole tout en reconnaissant certaines erreurs.
Henri Clavier

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« Tout n’a pas été suffisamment fait et des erreurs ont été commises », reconnaît d’emblée l’ancien ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie. « Il y a quand même beaucoup de choses qui ont été faites sur la rémunération, sur le changement climatique, l’assurance récolte que j’avais pu porter », tempère Julien Denormandie. L’ancien directeur adjoint de cabinet d’Emmanuel Macron évoque notamment la loi Egalim destinée à équilibrer les relations commerciales entre producteurs et distributeurs.

Mettre la commande publique au service des agriculteurs

Malgré une activité législative importante en matière agricole durant les deux quinquennats d’Emmanuel Macron, l’auteur du livre « Le chant du sol » (Seuil) reconnaît une certaine incapacité à résoudre les difficultés rencontrées par les agriculteurs. « Il y a un mal français c’est qu’on prend beaucoup de lois et qu’on doit peut-être mettre autant d’efforts dans la fabrique de la loi que dans l’application de la loi », affirme Julien Denormandie. Ce dernier prend la loi Egalim et le cas de la commande publique en exemple. Le texte impose de servir au moins 50 % de produits durables et de qualité, dont au moins 20 % de produits biologiques, dans les repas servis en restauration collective. Des niveaux qui ont du mal à être respectés faute de moyens suffisants selon l’ancien ministre qui considère qu’il « faut que la commande publique soit mise au service de nos agriculteurs ».

« On a divisé par deux la part de l’alimentation dans nos budgets»

S’il pense que « les visions sont les bonnes » en matière agricole, Julien Denormandie appelle à en faire plus pour soutenir le revenu des agriculteurs. « Dans ces trente dernières années, on a divisé par deux la part de l’alimentation dans nos budgets […] Il faut avoir des politiques économiques qui aident nos agriculteurs », estime Julien Denormandie qui fait le constat d’un monde agricole extrêmement varié, selon le type de culture, le territoire ou encore l’affiliation syndicale.

Par ailleurs, il demande à « remettre la raison et la science » au cœur du débat, évoquant notamment la question des retenues d’eau. Durant son passage à la tête du ministère de l’Agriculture, Julien Denormandie a dirigé les travaux sur le « Varenne agricole de l’eau ». « Il faut écouter la situation hydrogéologique du bassin-versant. Une retenue d’eau ça peut être bien comme ça peut ne peut être bien. Il faut écouter le sol », juge l’ancien ministre qui plaide pour une approche au cas par cas.

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