Airbnb permet « payer les études de mes enfants », se défend cette propriétaire de Cagnes-sur-Mer

La France fait la part belle à Airbnb. La plateforme d’hébergement est désormais présente dans 80% des communes de l’hexagone. Une inflation des locations de courte durée qui a un impact direct sur la crise du logement. Dans certaines villes, le marché est saturé et le prix des loyers n’a jamais été aussi élevé. Mais pour certains propriétaires qui mettent leur bien en location, c’est aussi un revenu d’appoint utile pour entretenir leur patrimoine comme en témoigne Elodie Fakhfakh, face à trois sénatrices dans l’émission Dialogue Citoyen, présentée par Quentin Calmet.
Robin Jeangerard

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3 min

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« La France a voulu devenir la première destination touristique au monde. On manquait de logements et les pouvoirs publics ont favorisé les locations touristiques, mais on est arrivé à un point où on en a assez maintenant. », estime la sénatrice du parti socialiste, Viviane Artigalas.

Selon les chiffres du gouvernement, près 100 millions de touristes ont visité le pays en 2024. Une aubaine pour les territoires et les caisses de l’Etat, mais aussi pour certains particuliers qui ont investi dans le marché locatif. Pour Dominique Estrosi-Sassone, sénatrice Les Républicains, des Alpes-Maritimes , « les locations saisonnières et les meublés de tourisme se sont énormément développés dans un département comme celui des Alpes-Maritimes, dans des régions particulièrement attractives, au détriment du marché locatif de longue durée. »

Airbnb, un moyen de revenu complémentaire

Elodie FakhFakh, originaire de la circonscription de Dominique Estrosi-Sassone, est devenue propriétaire d’un bien il y a deux ans. Elle a aménagé une partie de celui-ci en studio qu’elle loue désormais sur Airbnb. Elle se justifie : « [La plateforme] permet une certaine souplesse que l’on ne peut pas avoir si on fait de la location à l’année ».

« Ce logement était très petit donc pour moi il n’était pas adapté à un logement étudiant. Il fait 15m2, donc je trouvais qu’il était plus adapté à du tourisme […]. Ça permet de dynamiser le Haut-de-Cagnes moins connu que Saint-Paul-de-Vence », explique-t-elle. Un investissement lui permettant aussi de financer les travaux de la bâtisse datant du Moyen-Âge et de « payer les études des enfants qui doivent se loger sur Rennes. »

La législation comme solution

Pour la sénatrice du Pas-de-Calais Amel Gacquerre il existe  « deux types de bailleurs de meublés de tourisme, il y a le cas d’Elodie et il y a ceux qui font de la spéculation ». Le second cas a motivé l’intervention du législateur par une loi adoptée en 2024 qui régule ce marché en limitant le nombre de jours de location par an et en fiscalisant les ressources dégagées. Pour elle, « l’idée était de casser cette spirale spéculative qui mettait en difficulté particulièrement certains territoires ».

Pour ce faire, la loi a « donné plus d’outils aux maires pour qu’ils aient la possibilité de mieux réguler les locations saisonnières » précise Dominique Estrosi-Sassone, avant d’ajouter « cela n’empêche pas de continuer à pouvoir faire du Airbnb pour avoir un revenu complémentaire qui est loin d’être anodin et qui participe à pouvoir réinvestir sur sa résidence principale. »

Toutefois, Viviane Artigalas rappelle que ce texte n’entend pas pénaliser l’activité touristique : « Il ne faut pas oublier que la première économie c’est le tourisme, donc si on bloque trop les logements touristiques, on pénalise aussi les commerçants qui vivent aussi de cette venue ».

L’émission est à retrouver en intégralité ici.

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