« Alarmistes » contre « rassuristes » : une guerre de communication face à la pandémie
Couvre-feu, confinement, fermeture des petits commerces… Depuis le début de la crise de la Covid-19, le gouvernement s’appuie sur les experts pour justifier sa politique sanitaire. Mais si le Conseil scientifique semble être l’annonciateur des mauvaises nouvelles, une autre catégorie de scientifiques est apparue pour leur apporter la contradiction, les « rassuristes » . Alors, « alarmistes » contre « rassuristes », la guerre des experts est lancée ! Décryptage cette semaine dans Hashtag avec Hélène Risser et ses invités.

« Alarmistes » contre « rassuristes » : une guerre de communication face à la pandémie

Couvre-feu, confinement, fermeture des petits commerces… Depuis le début de la crise de la Covid-19, le gouvernement s’appuie sur les experts pour justifier sa politique sanitaire. Mais si le Conseil scientifique semble être l’annonciateur des mauvaises nouvelles, une autre catégorie de scientifiques est apparue pour leur apporter la contradiction, les « rassuristes » . Alors, « alarmistes » contre « rassuristes », la guerre des experts est lancée ! Décryptage cette semaine dans Hashtag avec Hélène Risser et ses invités.
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Par Quentin Poirier

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Dans le camp des « alarmistes », le chef du Conseil scientifique, le professeur Delfraissy est la figure la plus médiatique. Jean-Michel Gullung, spécialiste en management analyse : « Je pense, qu’il est très imprégné des deux rôles que l’on attribue aux experts : Aider les dirigeants à prendre des décisions sanitaires et communiquer. Sur la première partie, on peut dire que Jean-François Delfraissy et ses collègues ont joué leur rôle. Par contre leur communication est moins réussie. En mettant beaucoup en avant l’aspect informationnel de leurs prises de position, ils ont été extrêmement exposés, au risque que leur parole soit fragilisée ».

Ainsi, alors que le gouvernement a tout intérêt à se reposer sur la parole de ces experts pour légitimer les décisions, cela présente un risque, pour Jean-Michel Gullung, « que l’on confonde conseil des experts et prise décision politique ».

Les « rassuristes » des porteurs d’espoir ?

Pour Jean-Michel Gullung, avec des scientifiques comme le professeur Raoult ou ses confrères « rassuristes », « on est face à des gens qui ont une réelle compétence. Par contre, ils sont complètement démunis face à cette pathologie inconnue qui déstabilise tout le monde. Ainsi puisqu’ils n’ont pas la possibilité d’affirmer des réalités scientifiques, face à une maladie que l’on apprend à connaître, leurs convictions prennent le pas sur le réel ».

Comme il n’y a pas de consensus scientifique sur la Covid-19, les experts « rassuristes » se focalisent en effet uniquement sur leurs rôles de communicants et cela semble être l’image qu’ils renvoient dans le débat public au détriment de l’information qu’ils diffusent.

Mais comment sont-ils perçus par les internautes sur les réseaux sociaux ?
Pour répondre à cette question Véronique Reille-Soult, spécialiste en communication analyse les mots associés à chaque expert.

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« Quand on regarde les mots qui sont associés au professeur Raoult, au-delà de l’hydroxychloroquine qui visiblement est un reflet de positivisme pour beaucoup, on voit que ce sont des mots presque positifs : traitement, résultat, solution »
Pour Jean-François Delfraissy, les mots associés sont d’un registre bien différent.

Pour la communicante, il y aurait donc « les experts des bonnes et des mauvaises nouvelles, ceux qu’on a envie d’entendre et les autres, que l’on n’a pas envie d’entendre ».

« Les gens ont besoin de savoir où l’on va »

Pour Véronique Reille-Soult, le discours des « rassuristes » fonctionne car il n’y a pour le moment aucun unanimisme sur la pandémie. Mais si au début, les mesures de confinement, ou de port du masque étaient acceptées par la majorité de la population, elles sont à présent de plus en plus remises en cause rendant peut-être les arguments des « rassuristes » plus audibles.

Jean-Michel Gullung approuve et conclut : « Je pense que cette colère pose le problème de l’acceptabilité de ce deuxième confinement, de l’acceptabilité des conséquences économiques. Les gens ont besoin de savoir où l’on va ».

 

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