Paris: Benalla’s hearing at French Senate
Credit: ZIHNIOGLU KAMIL / SIPA

Alexandre Benalla de retour devant la justice pour son procès en appel

L’ancien chargé de mission de l’Élysée est rejugé à partir du 9 juin pour les violences du 1er mai 2018, qui lui ont valu un an de prison de prison ferme en première instance.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Cinq ans ont passé depuis la vidéo du 1er mai 2018, à l’origine d’un feuilleton politico-judiciaire qui a tenu les Français en haleine pendant des mois. Et ce dernier n’a pas encore totalement touché à sa fin. L’ex-chargé de mission de l’Élysée Alexandre Benalla, poursuivi pour les faits de la place de la Contrescarpe à Paris, est rejugé à partir de ce 9 juin devant la Cour d’appel. Ce nouveau procès, qui devait se tenir initialement fin janvier, doit durer jusqu’à 16 juin. Il est accusé d’avoir molesté cinq personnes en cherchant à les interpeller en marge d’une manifestation. Il avait agi avec un casque de policier sur la tête alors qu’il n’était que simple « observateur » durant cette journée.

En plein cœur de l’été 2018, une commission d’enquête parlementaire au Sénat, très suivie, s’était penchée sur les missions de cet homme, identifié par le quotidien Le Monde comme un chargé de mission à la présidence de la République. Pendant plusieurs mois, les sénateurs étaient allés de révélation en révélation, en cherchant à éclaircir la fiche de poste exacte d’Alexandre Benalla et la manière dont étaient organisés les services de sécurité à l’Elysée, un domaine où il était en première ligne.

En novembre 2021, Alexandre Benalla a été condamné à trois ans de prison, dont un ferme, sous bracelet électronique, à l’interdiction d’occuper un emploi public pendant cinq ans. Lors des audiences en première instance, l’ancien collaborateur de l’Élysée, reconverti depuis dans la sécurité privée, avait nié la quasi-totalité des faits reprochés. Il expliquait avoir agi « par réflexe » citoyen, pour épauler la police qu’il estimait débordée par les évènements d’un 1er mai compliqué sur le plan du maintien de l’ordre. Des « explications absurdes et irresponsables », selon le jugement du tribunal de Paris.

Trois autres enquêtes ont été ouvertes

Les faits poursuivis devant la justice ne concernent pas seulement cette scène désormais bien connue du 1er mai. Il lui est également reproché d’avoir porté illégalement une arme de poing en 2017. En première instance, il avait été condamné à une interdiction de port d’arme pendant dix ans. Lors de son procès en appel, il devra répondre une fois encore à l’accusation de « faux, usage de faux en écriture et usage public sans droit d’un insigne », pour avoir continué à voyager avec des passeports diplomatiques après son licenciement de l’Elysée. À ce sujet, l’ancien chargé de mission avait livré deux déclarations discordantes au cours de ses deux auditions devant le Sénat. La chambre haute avait saisi la justice quelques mois plus tard, pour suspicion de parjure.

Trois autres enquêtes préliminaires ont par ailleurs été ouvertes. La première concerne son rôle dans la signature de contrats avec des oligarques russes alors qu’il était en poste à l’Elysée. Une autre enquête a été ouverte en février 2019 pour « entrave à la manifestation de la vérité ». Elle vise à déterminer s’il a dissimulé des preuves dans le cadre de l’enquête sur les violences du 1er mai 2018, notamment deux coffres-forts. La dernière, ouverte en avril 2019, porte sur des soupçons de « faux témoignage » devant la commission d’enquête sénatoriale.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Ecole maternelle Volontaires, Violences dans le periscolaire, Paris
7min

Politique

Violences sexuelles dans le périscolaire : Anne Hidalgo auditionnée le 15 septembre par la commission d'enquête du Sénat

Avec 203 enquêtes pénales actuellement ouvertes pour des soupçons de violences dans les établissements scolaires parisiens, l'inquiétude des parents n'est pas près de faiblir à la veille de la rentrée. Au Sénat, la commission d'enquête consacrée à la prévention et au traitement des violences dans le périscolaire va reprendre ses travaux avec notamment l’audition d’Anne Hidalgo prévue le 15 septembre et celle d'Emmanuel Grégoire le 16 septembre. Sa rapporteure, Agnès Evren (LR), regrette « la solitude institutionnelle » qui pèse sur les familles victimes.

Le

Logo du Parti socialiste illustration
4min

Politique

Présidentielle : comment fonctionne la primaire du PS ?

Les socialistes et plusieurs formations satellites organisent une primaire en octobre pour choisir leur candidat à l’élection présidentielle. Les sympathisants de gauche qui n’appartiennent à aucun des partis organisateurs devront s’acquitter d’un tarif de 15 ou 10 euros, en fonction de leurs revenus, pour pouvoir voter. Explications.

Le

Paris: Questions au gouvernement Assemblee nationale
7min

Politique

Sanctionner le port du voile par une amende : le RN maintient sa proposition polémique et inconstitutionnelle

Mesure du programme de Marine Le Pen lors des précédentes élections présidentielles, l'interdiction du voile figurera aussi dans celui de 2027, comme l'a confirmé le député Jean-Philippe Tanguy. Toutefois, pour éviter une censure plus que probable d'une telle réforme par le Conseil constitutionnel, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum.

Le