Invité de la matinale de Public Sénat, « Bonjour chez vous », le député de la France Insoumise, Alexis Corbière est revenu sur le projet de loi antiterroriste et renseignement en examen à l’Assemblée nationale depuis mardi. Les débats ont tourné à l’orage entre le gouvernement et une partie de la gauche.
Alexis Corbière : « Dupond-Moretti depuis qu’il est ministre ce n’est plus acquitator, c’est insultator »
Invité de la matinale de Public Sénat, « Bonjour chez vous », le député de la France Insoumise, Alexis Corbière est revenu sur le projet de loi antiterroriste et renseignement en examen à l’Assemblée nationale depuis mardi. Les débats ont tourné à l’orage entre le gouvernement et une partie de la gauche.
« Sitôt que nous faisons des critiques, on a Dupond-Moretti qui nous dit qu’on est du côté des assassins et des islamistes ». Sur Public Sénat, mercredi, Alexis Corbière avait encore au travers de la gorge certains propos du garde des Sceaux tenus la veille lors de l’examen du projet de loi antiterroriste et renseignement. Un texte qui fait entrer notamment dans le droit commun quatre mesures expérimentales de la loi sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme (Silt) de 2017 : Périmètres de sécurité, fermeture de lieux de culte, mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance (Micas) et visites domiciliaires : ces quatre dispositions de police administrative avaient été prises à la suite de mesures de l’état d’urgence mis en œuvre pendant deux années après les sanglants attentats de Paris et de Saint-Denis le 13 novembre 2015.
La France Insoumise dénonce des mesures qui portent atteinte aux libertés publiques. « Le terrorisme mute comme un sale virus. […] Il est tout à fait normal que nous suivions ces évolutions. Que voulez-vous la LFI ? […] Le nihilisme est insupportable », a fustigé le ministre de la Justice, mardi.
« Quand il était avocat, c’était acquitator. Depuis qu’il est ministre, c’est insultator. Il ne fait que ça. Il est assez grossier. Sa majesté a toujours raison […] c’est insupportable […] Quand on aime le Parlement et qu’on a l’opposition face à soi, on la respecte », a regretté Alexis Corbière.
En matière de lutte antiterroriste, le député de Seine-Saint-Denis, milite pour un renforcement des services de renseignements. La « technique de l’algorithme » pérennisé et élargi dans le projet de loi est, selon lui, « assez inefficace ». « Surtout, ne restreignons pas nos libertés publiques […] Ce n’est pas en créant une gigantesque loi des suspects, qu’on va régler le problème », estime-t-il.
Emmanuel Macron dans le Lot: « C’est un peu sa majesté qui va voir ses sujets »
Alors qu’Emmanuel Macron entame son « tour de France » des régions aujourd’hui par un déplacement dans le Lot à la rencontre des acteurs du tourisme, Alexis Corbière évoque « une stratégie du grand râteau » pour « lisser le territoire national ». « C’est un peu sa majesté qui va voir ses sujets. L’idée qu’il aille sur le terrain, je ne la critique pas, mais acceptons l’idée qu’il est en campagne présidentielle » […] « Il va en province pour voir ce qui se passe » […] J’espère qui verra qu’il y a 2 millions de gens qui sont sous le seuil de pauvreté […] J’espère qu’il verra tout ça et pas seulement des acteurs, des militants de LREM qui vont crier Macron ! Macron ! sur son passage ».
Alors que le RN tient son congrès au Zénith d’Orléans ce samedi, 12 000 à 26 000 personnes ont manifesté contre l’extrême droite. Au lendemain de l’attentat terroriste raciste à Trappes, la gauche politique et syndicale assume le front antifasciste. Le RN, de son côté, dénonce une atteinte à la démocratie et au pluralisme.
Public Sénat propose, en ligne dès ce 24 octobre, le premier épisode de « Cap sur l’Élysée », série documentaire inédite qui suivra la campagne présidentielle jusqu’au scrutin. Le premier épisode est disponible en intégralité sur publicsenat.fr, une semaine avant sa diffusion télévisée, le samedi 31 octobre à 21h sur le canal 8 de la TNT.
20 000 à 30 000 opposants au Rassemblement national sont attendus samedi à Orléans où se tient le congrès du parti. Associations, syndicats, mais aussi responsables politiques comme Olivier Faure, Marine Tondelier ou Bally Bagayoko feront partie du cortège. Signe d’une dédiabolisation qui n’est pas encore aboutie pour le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen ? Ou un aveu d’impuissance de la gauche ? En 1997, une contre-manifestation avait rassemblé 50 000 personnes et les chefs de partis de gauche à Strasbourg où se tenait le congrès du Front national.
Jeudi, la proposition de loi déposée par les écologistes, qui entendait favoriser l’accès à une alimentation saine, a été rejetée par le Sénat. Si la nécessité de garantir l’accès aux produits de première nécessité dans un contexte inflationniste a été unanimement reconnue, plusieurs groupes politiques ont fait part de leur désaccord avec les moyens de sa mise en œuvre.