Alexis Kohler, discret bras droit d’Emmanuel Macron
Alexis Kohler, visé par une enquête sur des soupçons de conflit d'intérêt, est l'homme de confiance d'Emmanuel Macron à l'Elysée,...

Alexis Kohler, discret bras droit d’Emmanuel Macron

Alexis Kohler, visé par une enquête sur des soupçons de conflit d'intérêt, est l'homme de confiance d'Emmanuel Macron à l'Elysée,...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Alexis Kohler, visé par une enquête sur des soupçons de conflit d'intérêt, est l'homme de confiance d'Emmanuel Macron à l'Elysée, où il occupe le poste stratégique de secrétaire général avec une discrétion qui contraste avec la surexposition du président.

En un an, cet Alsacien de 45 ans inconnu du grand public s'est imposé comme la tour de contrôle de l'Elysée, "l'homme qui sait tout" selon un observateur.

Mais ce haut fonctionnaire aux cheveux poivre et sel et aux fines lunettes se montre bien plus discret que ses prédécesseurs comme Dominique de Villepin sous Jacques Chirac, Claude Guéant sous Nicolas Sarkozy ou Jean-Pierre Jouyet, dernier secrétaire général de l'ère Hollande.

Alexis Kohler est ainsi rarement présent aux côtés d'Emmanuel Macron que ce soit dans les réceptions organisées à l'Elysée ou à l'extérieur, préférant gérer les affaires de l'Etat depuis le premier étage de l'Elysée, à proximité immédiate du bureau du président.

Quasiment invisible dans les médias, il n'a pas commenté publiquement les articles publiés par le site Mediapart puis la plainte de l'association Anticor qui dénoncent ses liens familiaux et professionnels avec l'armateur italo-suisse MSC, client important de STX France, les chantiers navals de Saint-Nazaire.

Mais l'Elysée a indiqué lundi qu'il "communiquera bien volontiers au parquet l'ensemble des documents prouvant sa conduite respectueuse du droit dans toutes les circonstances de son parcours professionnel".

- "Sang-froid" -

Comme beaucoup d'autres membres du premier cercle du chef de l’État, Alexis Kohler présente un CV de "premier de cordée": Sciences Po, DEA de droit public, Essec, ENA...

À sa sortie de la promotion Averroès de l'ENA en 2000, il entre à Bercy au Trésor, avant de se spécialiser dans l'endettement international (Club de Paris, FMI, BIRD...), puis à la très puissante Agence des participations de l’État (APE).

Avec le retour de la gauche au pouvoir, il intègre en 2012 à Bercy le cabinet de Pierre Moscovici, comme directeur adjoint.

Pour l'actuel commissaire européen, Alexis Kohler "est un haut fonctionnaire d'une très grande qualité, d'une extraordinaire précision quand on lui confie un dossier. Il a beaucoup de sang-froid". "Il est agréable, pondéré, courtois, c'est un homme dont les relations humaines avec les autres sont faciles", ajoutait Pierre Moscovici il y a un an.

Après avoir brièvement quitté Bercy sous Arnaud Montebourg, Alexis Kohler y revient, comme directeur de cabinet, avec Emmanuel Macron, qu'il avait côtoyé lorsqu'il était conseiller à l’Élysée.

Il participe ensuite en première ligne au lancement d'En Marche! en avril 2016, mais suit la campagne présidentielle de loin, puisqu'il part à Genève comme directeur financier au siège de l'armateur italo-suisse MSC, un des géants du secteur.

En mai 2017, Emmanuel Macron le nomme, comme attendu, comme son plus proche conseiller, à charge pour lui, avec son homologue de Matignon Benoît Ribadeau-Dumas, d'orchester au quotidien le train d'enfer des réformes prônées par le président.

Partager cet article

Dans la même thématique

Alexis Kohler, discret bras droit d’Emmanuel Macron
3min

Politique

« La température est montée jusqu’à 50 degrés sur la façade de l’immeuble » rappelle cette jeune mère de famille de Pantin.

Confiné pour cause de canicule dans un appartement du centre de Pantin en Seine-Saint-Denis, épuisé par les vagues de chaleur à répétition, soucieux de l’état de santé d’un jeune bébé, Marion raconte, dans ce nouvel épisode de Dialogue Citoyen, comment elle et sa famille ont décidé de quitter la région parisienne quelques jours pour s’extraire de la fournaise dans laquelle ils vivaient depuis des semaines.

Le

Alexis Kohler, discret bras droit d’Emmanuel Macron
3min

Politique

L’impatience des sinistrés des incendies de l’été « Il faut accélérer les procédures » de reconstruction

L’été caniculaire a été, à bien des égards, particulièrement violent. Cinquante-trois jours de vagues de chaleur ont entraîné sécheresses, incendies et températures insupportables. Florence Van Overmeire a perdu sa maison lors des terribles incendies qui ont frappé la Gironde. Sur le plateau de Dialogue citoyen, face aux sénateurs, cette habitante de la commune du Porge a accepté de revenir sur cette épreuve et appelle à l’accélération des procédures de reconstruction.

Le

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le