Alimentation: le plan de Macron pour mieux rémunérer les agriculteurs
À Rungis, Emmanuel Macron a annoncé une nouvelle loi au premier semestre 2018 destinée  à rééquilibrer les contrats entre agriculteurs, industriels et distributeurs. Une loi qui pourrait prendre la forme d’ordonnances « pour pouvoir aller plus vite et plus fort ».

Alimentation: le plan de Macron pour mieux rémunérer les agriculteurs

À Rungis, Emmanuel Macron a annoncé une nouvelle loi au premier semestre 2018 destinée  à rééquilibrer les contrats entre agriculteurs, industriels et distributeurs. Une loi qui pourrait prendre la forme d’ordonnances « pour pouvoir aller plus vite et plus fort ».
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Lors de la campagne présidentielle, Macron se voulait le candidat du « prix payé aux agriculteurs ». Neuf mois plus tard, c’était le moment pour le président de la République de faire un point d’étape sur sa promesse de campagne. D’autant qu’il y a urgence. Selon la sécurité sociale des agriculteurs (MSA), leur revenu moyen a certes augmenté de 4% à 5% entre 2015 et 2016 mais il reste compris entre 13 000 et 15 000 euros annuels, soit 1083 à 1250 euros par mois.

Annoncés par Emmanuel Macron lors de la campagne, les États généraux de l’alimentation ont démarré fin août et doivent se poursuivre jusqu’à décembre. Une approche participative consistant à mettre autour de la table, producteurs, distributeurs, consommateurs, avec comme objectif de définir une plus juste rémunération des agriculteurs, mais aussi de promouvoir une alimentation plus saine, plus sûre et plus durable.

Plusieurs ONG et syndicats menacent de quitter les états généraux de l’alimentation

Ce deuxième chantier s’annonce déjà complexe. Plusieurs ONG et syndicats comme la Confédération paysanne, France nature environnement (FNE), Greenpeace, Fondation pour la nature et l’homme (FNH), WWF ont déjà menacé de claquer la porte. « C’est clairement un moyen de faire pression, reconnaît Nicolas Girod, secrétaire national de la confédération paysanne.  « Les ateliers qui devaient traiter de la répartition de la valeur ajoutée se sont transformés en une création de la valeur ajoutée. L’État doit prendre en compte cette demande d’agriculture saine et durable de la part du consommateur, qui entraînerait une montée en gamme de nos productions et une montée des prix payés aux agriculteurs, au lieu de se contenter de faire du volume pour l’exportation.  Parce ce que ce n’est pas rémunérateur pour l’agriculteur ». À Rungis, ce mardi, Emmanuel Macron a précisé « qu’il y aura toujours une pluralité productive ». « Il continuera à y avoir plusieurs modes agricoles : de l’agro-écologie, du bio, du circuit court, des modèles intensifs, des modèles à l’export ». Toutefois, il a assuré que le traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (CETA), entré en application provisoire le 21 septembre, respecterait les normes européennes de santé et d'environnement.

« L’inversion de la construction du prix »

Cet après-midi, il a surtout confirmé deux reformes attendues. Premièrement « la mise en place d’une contractualisation rénovée ». « Avec un contrat qui serait proposé par les agriculteurs et non plus par les acheteurs (…) Nous modifierons la loi pour inverser cette construction du prix qui doit pouvoir partir des coûts de production » a-t-il annoncé. Le chef de l’État  a ensuite indiqué, que toutes les parties prenantes du marché devaient s’y engager avant même l’adoption d’une nouvelle loi. C'est-à-dire, dès le mois prochain, à l’occasion des négociations commerciales annuelles.

Autre annonce attendue, celle de la création « d’organisations de producteurs ». « Pour peser plus dans les négociations en tirant profit du droit de la concurrence ». « Pour se faire, nous conditionnerons certains dispositifs d’aides à la taille de l’organisation de producteurs » a-t-il affirmé.

Leclerc : « le tyran du prix bas ».

Ce changement de « paradigme » comme l’a appelé de ses vœux Emmanuel Macron devrait avoir un coût pour le consommateur. Et ces dernières semaines, le numéro 1 de la grande distribution, Michel-Édouard Leclerc a accusé  les États généraux de préparer une hausse « de 5% à 15% » des prix à la consommation, une inquiétude relayée par l'association de consommateurs UFC-Que Choisir. Cet après-midi, le sénateur LR de Haute-Saône, Michel Raison, agriculteur de formation,  a  jugé « scandaleuses » les déclarations de Michel-Édouard Leclerc, reprenant l’expression de la présidente de la FNSEA » : « le tyran du prix bas ». « La grande distribution, ils sont cinq à se faire une guerre énorme sur des prix cassés et ils massacrent leurs fournisseurs. On ne peut pas faire uniquement un contrat en disant qu’on va appliquer les coûts de productions. Il faut que l’acheteur final joue le jeu et là ils ne sont pas très honnêtes (…) C’est bien de dire qu’on va pratiquer des prix bas. Pour le consommateur évidemment que c’est intéressant, mais il faut calculer différemment ».

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Sur ce sujet, Emmanuel Macron s’est dit favorable au relèvement du seuil de revente à perte pour les produits alimentaires et à l’encadrement des promotions ». Enfin, une nouvelle loi sera présentée et votée par le Parlement au premier semestre 2018, selon l'agenda de l'exécutif. Mais, afin « d’aller plus vite » cette loi pourrait prendre la forme d’ordonnances.

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