Alliance avec le RN : Éric Ciotti exclu des Républicains

A l’issue d’un bureau politique extraordinaire des Républicains, Éric Ciotti a été exclu à l'unanimité du parti qu’il préside. Il est remplacé par une direction intérimaire, composée d'Annie Genevard et François-Xavier Bellamy. Eric Ciotti conteste, lui, la légalité de cette décision.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« Éric Ciotti vient d’être exclu à l’unanimité du bureau politique des Républicains en vertu de l’article 5 du règlement intérieur », écrit sur X la sénatrice LR, Agnès Evren depuis le bureau politique du parti. La décision était attendue, elle est confirmée et fait suite au psychodrame engendré par la volonté du président de sceller un accord avec le RN pour les législatives (lire notre article)

A la sortie du Bureau, la secrétaire générale Annie Genevard a lu une déclaration collective. « Refusant les combinaisons d’appareil et les alliances contre nature, Les Républicains présenteront des candidats aux Français dans la clarté et l’indépendance […] Menant des négociations secrètes, sans concertation avec notre famille politique et ses militants, Éric Ciotti est en rupture totale avec les statuts et la ligne portée par les Républicains. Il est exclu ce jour des Républicains », a-t-elle déclaré.

La campagne sera donc menée par une direction intérimaire composée d’Annie Genevard, du vice-président exécutif du parti François-Xavier Bellamy et du trésorier, Daniel Fasquelle.

La commission nationale d’investiture présidée par Michèle Tabarot reste composée dans sa forme actuelle. « Nous sommes tous convaincus que nous aurons besoin d’une droite républicaine et indépendante. Nous allons faire en sorte que les Français aient la possibilité d’avoir ce choix », a déclaré le président de la région Auvergne Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez.

Du côté d’Éric Ciotti, le député sortant maintient sa position et conteste la légalité du bureau politique. « Aucune des décisions prises par cette réunion n’emporte de conséquence légale », de même que « la commission nationale d’investiture prétendument convoquée à 17h », écrit-il.

 

« Il n’est pas seulement ex-président de LR. C’est un ex-adhérent des Républicains »

Le président de la région Hauts-de France, Xavier Bertrand s’est félicité de l’exclusion immédiate d’Éric Ciotti. « Il n’est pas seulement ex-président de LR. C’est un ex-adhérent des Républicains », a-t-il précisé. « J’ai aussi obtenu la clarté par rapport à tous les candidats qui seraient soutenus ou investis par le Rassemblement national. Il y a un troisième point qui pour moi doit être tranché. C’est de dire très clairement qu’il y aura une consultation des militants pour savoir, si oui ou non, ils approuvent cet accord (avec le RN). On m’a dit que c’était compliqué à organiser. Mais pour moi, c’est le point ultime de la clarification […] la meilleure des choses, c’est que ce soit la direction du mouvement qui le fasse dans des conditions transparentes », a-t-il plaidé.

Il s’agit d’une réponse à l’initiative lancée par Éric Ciotti qui a invité les militants à soutenir sa démarche de rapprochement avec le RN en l’exprimant sur une plateforme dédiée.

« Éric Ciotti s’est très mal comporté »

« C’est l’énergie du désespoir », a interprété Agnès Evren, sénatrice de Paris, au micro de Public Sénat. « On imagine sa déception. Mais la politique c’est aussi une affaire de comportement. Éric Ciotti s’est très mal comporté. Il a pris cette décision si grave pour les Républicains, sans consulter aucun des responsables politiques. Elle conclu : « Éric Ciotti ne s’est pas comporté de manière conforme à la charte de valeurs des Républicains. Ça a été l’union sacrée pour décider avec clarté et immédiateté d’exclure Éric Ciotti du mouvement».

En conclusion de cette journée digne des meilleures séries TV, la nouvelle direction de LR est venue symboliquement, devant les caméras, ouvrir les portes du siège de LR qu’Éric Ciotti avait décidé de fermer à la mi-journée.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Marine Le Pen presentation contre budget
6min

Politique

140 milliards d’euros d’économies d’ici 2032 : « l’effort radical » proposé par Marine Le Pen pour « redresser » les finances publiques

La candidate du Rassemblement national à la présidentielle a présenté ses objectifs budgétaires : 140 milliards d’économies d’ici 2032, l’instauration d’une règle d’or par référendum et la baisse du déficit public. Les collectivités locales devront également participer à cet « effort radical ».

Le

French Parliamentary Elections, Paris, France – 09 Jul 2024
9min

Politique

Comment Jean-Luc Mélenchon tourne le dos aux médias « traditionnels » pour en faire un argument de campagne

À l'approche de la présidentielle de 2027, Jean-Luc Mélenchon assume ouvertement sa prise de distance avec les médias traditionnels. Invité lundi 5 octobre à HEC, le candidat insoumis a promis de mettre « le moins possible les pieds » sur les chaînes d'information pendant la campagne, préférant s'appuyer sur les réseaux sociaux et les « nouveaux médias ». Une stratégie qui ne signifie pas pour autant qu'il cherche à disparaître du paysage médiatique, même s’il veut s’en affranchir.

Le

France Lyon: Student Mobilization and Demonstration
8min

Politique

Manifestations lycéennes : le gouvernement pointé du doigt pour sa gestion « sans retenue » du maintien de l’ordre

Main arrachée, perte de l’usage d’un œil, mâchoire fracturée… La gestion du maintien de l’ordre des manifestations lycéennes est dénoncée par les oppositions de gauche. Loin d’apaiser la colère des lycéens, le choix d’appréhender ce mouvement sous l’angle répressif remet sur le devant de la scène le débat sur l’usage d’armes mutilantes par les forces de l’ordre.

Le

Paris, France: High school and university students protest
3min

Politique

Sondage : une jeunesse mobilisée, dont 76 % se disent inquiets pour la situation de la France

Quatre jeunes sur cinq estiment que « les responsables politiques préparent mal leur avenir ». Selon une enquête de l’Institut Ipsos BVA, menée auprès de 3000 jeunes âgés de 18 à 29 ans, seulement ¼ des sondés jugent que les responsables politiques « comprennent leurs difficultés quotidiennes ». Cette enquête commandée par l’université Aix Marseille a été réalisée en ligne et sur les réseaux sociaux entre le 23 juillet et le 5 août 2026.

Le