Alliances LFI-PS : Éric Coquerel se réjouit que le PS renonce à une « ligne complètement suicidaire à gauche » 

Invité de la matinale de Public Sénat, le député de Seine-Saint-Denis, Éric Coquerel constate le succès de la stratégie électorale de la France insoumise et de la possibilité de nouer des accords avec le PS pour faire barrage aux candidats de droite ou d’extrême droite pour le second tour des élections municipales.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Ça montre qu’on ne peut pas faire sans nous à gauche, ça montre qu’on peut gagner des villes de plus de 100 000 habitants, ça montre qu’on peut changer la vie », s’est réjoui le député Éric Coquerel (LFI) en commentant les scores de sa formation politique aux municipales. Des résultats qui s’expliquent par une préparation plus importante qu’en 2020, où le mouvement de Jean-Luc Mélenchon avait choisi de soutenir des listes citoyennes, et qui s’inscrivent dans la continuité des résultats électoraux de 2022 et 2024. « Pour la première fois, on a décidé que les municipales, on allait s’y préparer très sérieusement », résume Éric Coquerel. 

Éric Coquerel défend des accords de « responsabilité » entre LFI et le PS 

« Dans cette campagne, je pensais que ça allait être plus compliqué dans les centres-villes, ça n’a pas été le cas », se félicite Éric Coquerel. Dans la plupart des grandes villes, LFI est parvenu à accéder au second tour et poser les conditions de fusion avec d’autres listes de gauche. C’est notamment le cas à Nantes, Toulouse, Avignon, Clermont-Ferrand, Brest, Limoges ou Lyon. Olivier Faure, qui avait écarté l’idée d’un « accord national » avec la France insoumise avant le premier tour, a déclaré qu’il comprenait parfaitement les choix de ces candidats ayant décidé de fusionner leurs listes avec les insoumis. 

Le député insoumis s’est réjoui que le Parti socialiste ait renoncé à une « ligne complètement suicidaire à gauche ». « On est en désaccord avec ce qu’a fait le Parti socialiste qui n’a pas voté les censures. Malgré tout, on a la responsabilité de penser que ça passe derrière quand il y a un risque que des villes passent à droite ou à l’extrême droite », continue Éric Coquerel. 

« Monsieur Payan fait une erreur historique » 

Le risque de voir l’extrême droite remporter la mairie n’a cependant pas permis de créer les conditions de l’union entre socialistes et insoumis à Marseille où Benoît Payan a directement écarté les négociations. Arrivé en tête avec 36,7 % des voix devant le candidat du RN, Franck Allisio (35,02 %), Benoît Payan n’a pas non plus appelé Sébastien Delogu (11,94 %) à se retirer. « Monsieur Payan fait une erreur historique », juge le député de Seine-Saint-Denis qui juge « irresponsable » le choix du maire sortant, sans forcément exclure un retrait de la liste de Sébastien Delogu. « Tout est possible, mais ce n’est pas notre choix. Ce que je souhaite c’est que Monsieur Payan revienne à la raison », explique le député insoumis. 

A Paris, si l’extrême droite n’est pas en position de remporter la ville, le président de la commission des finances de l’Assemblée regrette le choix d’Emmanuel Grégoire de ne pas négocier d’alliance avec Sophia Chikirou. « C’est irresponsable pour quelqu’un qui ne veut pas que Paris passe à droite », juge Éric Coquerel. En tête avec 12 points d’avance sur Rachida Dati, Emmanuel Grégoire (PS) a appelé, ce matin sur France inter, les électeurs de Sophia Chikirou et de Pierre-Yves Bournazel à voter pour sa liste afin d’éviter la victoire de Rachida Dati. Malgré un écart très important entre la candidate LFI et Emmanuel Grégoire, Sophia Chikirou exclut tout retrait au profit du candidat socialiste.

Partager cet article

Dans la même thématique

Meeting de Gregory Doucet pour les municipales a Lyon
6min

Politique

Lyon : derrière le duel Aulas - Doucet, vers une métropole sans majorité ?

La bataille pour la Métropole de Lyon attire moins les projecteurs que le duel entre Grégory Doucet et Jean-Michel Aulas, pourtant les enjeux peuvent être plus importants encore, et le scrutin plus serré. À cause d’un mode de scrutin opaque, les résultats sont plus difficiles à déchiffrer, mais une issue sans majorité stable au conseil métropolitain est tout à fait envisageable.

Le