Allocation de soutien familial : le PS veut renforcer les règles d’attribution
Rejetée en commission, la proposition de loi portée par Laurence Rossignol prévoit de supprimer la suspension de l’allocation de soutien familial lorsque le parent bénéficiaire conclut un PACS, vit en concubinage ou se remarie. Cette aide cible majoritairement les mères célibataires. « Faire dépendre une allocation destinée à l’entretien des enfants du statut affectif du parent est contraire à la philosophie de la politique familiale », juge l’ancienne ministre des Droits des femmes.

Allocation de soutien familial : le PS veut renforcer les règles d’attribution

Rejetée en commission, la proposition de loi portée par Laurence Rossignol prévoit de supprimer la suspension de l’allocation de soutien familial lorsque le parent bénéficiaire conclut un PACS, vit en concubinage ou se remarie. Cette aide cible majoritairement les mères célibataires. « Faire dépendre une allocation destinée à l’entretien des enfants du statut affectif du parent est contraire à la philosophie de la politique familiale », juge l’ancienne ministre des Droits des femmes.
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

Temps de lecture :

2 min

Publié le

« 85 % des familles monoparentales sont constituées de mères et de leurs enfants, la moitié de ces familles vivent avec moins de 1 200 euros », rappelle la sénatrice socialiste, Laurence Rossignol. L’ancienne ministre des Droits des femmes, a présenté, mercredi 16 février, une proposition de loi pour modifier les conditions d’attribution de l’allocation de soutien familial devant la commission des Affaires sociales. Une proposition de loi rejetée en commission mais qui sera examinée en séance publique le 23 février.

Cette aide vise prioritairement les mères célibataires dans les cas où l’autre parent ne participe plus à l’entretien de l’enfant ou verse une pension alimentaire inférieure à 116,11 euros. Elle peut aussi concerner le tuteur légal d’un enfant orphelin de père et/ou de mère, ou non reconnu par l’autre parent. Selon les chiffres de CAF, 792 800 foyers bénéficient de l’allocation de soutien familial en 2019.

Seulement, cette prestation est suspendue dès lors que le père ou la mère titulaire du droit à l’allocation de soutien familial se marie, conclut un pacte civil de solidarité ou vit en concubinage. « Il s’agit donc d’une prestation destinée à l’enfant, mais qui dépend de la vie affective et sexuelle du parent », constate Laurence Rossignol.

Cette condition lui paraît absurde et même contraire « à la philosophie de la politique familiale qui considère que les prestations sont liées à l’enfant ». Le fait qu’un parent se mette en couple n’implique pas nécessairement une hausse de revenus. Cette suspension repose « sur un postulat contestable, fictif et moralement inacceptable : la contribution automatique du nouveau partenaire de vie à l’éducation des enfants ».

En outre, « la perte de l’allocation de soutien familial peut entraîner un risque accru de dépendance économique vis-à-vis de leur nouveau partenaire, ce qui nuit à leur autonomie ». Des arguments qui n’ont pas convaincu les membres de la commission des Affaires sociales du Sénat, majoritairement à droite. La semaine prochaine, les débats reprendront dans l’hémicycle autour de cette proposition de loi.

Partager cet article

Dans la même thématique

Allocation de soutien familial : le PS veut renforcer les règles d’attribution
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le

Allocation de soutien familial : le PS veut renforcer les règles d’attribution
3min

Politique

« Méthode détestable », « colère » : l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France tend les élus

Alors que le gouvernement a prévu de ponctionner 1,8 milliard d’euros du budget des départements dans le projet de loi de finances pour 2027, l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France a fortement déplu. Le Premier ministre a néanmoins invité les départements à le rencontrer le 16 novembre à Matignon, un report qui va « exacerber les tensions », a prévenu le président (centriste) des Départements de France, François Sauvadet. Une grande partie des élus ont quitté la salle quand la ministre des Collectivités s’est exprimée.

Le