Paris: Macron during a televised address to the nation
A photo of a television screen shows French President Emmanuel Macron during a televised address to the nation, made from the Elysee Palace, after signing into law a pensions reform, Paris-FRANCE-17/04/2023//01JACQUESWITT_choixmacron021/Credit:Jacques Witt/SIPA/2304172021

Allocution présidentielle : « Emmanuel Macron n’a toujours pas compris la colère qui s’exprime dans le pays », pour les syndicats

L’allocution d’Emmanuel Macron dans laquelle il indique vouloir « bâtir un nouveau pacte de la vie au travail » pour tourner la page de la réforme des retraites n’a pas convaincu les syndicats qui appellent à une mobilisation massive le 1er mai.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Quelques minutes après l’allocution d’Emmanuel Macron, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a estimé qu’il n’y avait « rien de concret » dans les perspectives ouvertes lundi par le président de la République, qui a notamment proposé un « nouveau pacte de la vie au travail ».

« C’est un peu un discours de la méthode pour une dixième fois mais rien de concret »

S’agissant des perspectives « qui sont données, c’est un peu un discours de la méthode pour une dixième fois mais rien de concret », a critiqué Laurent Berger. « L’apaisement, il fallait le faire sur le sujet qui a créé l’embrasement social, la réforme des retraites », a-t-il ajouté sur BFMTV.

Laurent Berger n’a pas apprécié que le chef de l’Etat ait indiqué ne pas avoir été « sourd » à « la colère » des Français, estimant que cette opposition ne portait pas uniquement sur la réforme des retraites. « On n’avait pas besoin d’entendre qu’il avait entendu la colère et qu’elle était soi-disant sur d’autres leviers », s’est agacé le patron de la CGT qui a réaffirmé son refus de se rendre à l’Elysée mardi.

« La CFDT, un jour ou l’autre, ira discuter. On ira discuter des conditions de travail, des salaires, mais on veut un minimum de décence dans cette relation-là. On ne répond pas quand on nous siffle […] D’ici le 1er mai il n’y aura pas de rencontre », a poursuivi le leader du premier syndicat français.

« Cette allocution aurait pu être faite par ChatGPT »

La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a de son côté affirmé sur LCI avoir le sentiment que le président de la République « n’a pas entendu ce que lui ont dit et répété les millions de manifestants » et de grévistes. « Cette allocution aurait pu être faite par ChatGPT. Il y avait un côté très désincarné », a-t-elle ironisé.

« Pour tourner la page, il faut nous proposer des choses concrètes » et « dans les chantiers qu’il nous liste je vois soit des choses très concrètes qui divisent profondément », comme la réforme des lycées professionnels ou le RSA, ou des points « totalement obscurs et très généraux » comme sur les salaires. Donc, le miroir aux alouettes, c’est bon on en a déjà soupé. Là, le compte n’y est clairement pas », a-t-elle ajouté.

« Stop à l’enfumage, nous n’irons pas négocier quoi que ce soit avec Emmanuel Macron à part le retrait de la loi retraite », a réagi sur Twitter le co-délégué général de Solidaires, Simon Duteil. « C’est l’attelage habituel de la course en sac du discours fumeux », a fustigé sur le même réseau social le patron de la CFE-CGC, François Hommeril.

Dans un communiqué commun lundi soir, l’intersyndicale a estimé que les propos du président de la République « démontrent qu’il n’a toujours pas compris la colère qui s’exprime dans le pays ». Elle a de nouveau appelé à faire du « 1er mai une journée de mobilisation massive, unitaire et populaire » contre la réforme des retraites.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

social media illustration
4min

Politique

Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : divergence entre le Sénat et le gouvernement

En fin d’après-midi ce mardi, le Sénat examine la proposition de loi de la députée macroniste Laure Miller qui vise à interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans. Si le principe de l’interdiction, chère au chef de l’Etat, fait consensus à la haute assemblée, le gouvernement et le Sénat s’opposent sur les modalités juridiques de son application.

Le

Allocution présidentielle : « Emmanuel Macron n’a toujours pas compris la colère qui s’exprime dans le pays », pour les syndicats
3min

Politique

Candidat de la droite et du centre : « Sur plein de sujets, nous ne sommes pas d’accord avec Bruno Retailleau », estime Marc Fesneau (MoDem)

Invité de notre matinale, le président du groupe MoDem et proche de François Bayrou est revenu sur la future campagne présidentielle. Marc Fesneau a estimé que le MoDem et l’UDI devaient construire un « projet centriste » avant de décider quel candidat soutenir et a rappelé que le centre n’était pas soluble dans la droite.

Le

MUNCIPALES 2026 Edouard Philippe holds final campaign rally ahead of 2026 municipal elections in Le Havre
4min

Politique

Sondage : Edouard Philippe bondit, l’ex-Premier ministre désormais favori pour 2027

Edouard Philippe apparaît dans le dernier baromètre Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale comme le seul candidat susceptible de se qualifier au second tour de la présidentielle face à un Jordan Bardella ultradominant. L’ancien Premier ministre enregistre une progression spectaculaire de huit points, et prend ainsi le large sur d’autres compétiteurs, comme le social-démocrate Raphaël Glucksmann et Bruno Retailleau, le patron des LR. Surtout, il est désormais en position de battre le RN au second tour.

Le