Paris:Weekly session of questions to the government at the senate
Credit:Jacques Witt/SIPA/2505141758

Allongement de la durée de rétention administrative : le texte revient au Sénat et devrait être adopté définitivement 

Le texte proposant d’allonger la durée maximale de rétention administrative pour les étrangers jugés dangereux à 210 jours devrait être adopté sans modification par la majorité sénatoriale.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Lorsque la loi ne protège plus nos compatriotes, alors il faut (la) changer », a déclaré le ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, se félicitant de l’adoption en première lecture à l’Assemblée nationale d’un « texte important » visant à allonger la durée de rétention administrative des étrangers jugés dangereux. Après son adoption par les élus du Palais Bourbon, ce texte d’origine sénatoriale revient, ce 9 juillet au Sénat en deuxième lecture.

Après des débats houleux, les députés ont adopté le texte à 303 voix contre 168 grâce au soutien du socle commun, du Rassemblement national et du groupe centriste Liot. Les élus ont également rendu hommage à Olivier Marleix, rapporteur du texte, qui a mis fin à ses jours lundi.

Conformément au souhait de son auteure, la sénatrice LR Jacqueline Eustache-Brinio, la proposition de loi devrait être adoptée sans modification. La sénatrice du Val d’Oise avait déposé ce texte après le meurtre de Philippine, étudiante retrouvée morte à Paris en 2024. Le meurtrier présumé était un Marocain faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire (OQTF), qui venait de sortir d’un centre de rétention après plusieurs années en prison.

Allonger la durée de rétention de 90 à 210 jours

« A quelques jours près, l’administration détenait le laissez-passer consulaire » qui aurait permis de l’ « éloigner », assure Bruno Retailleau qui fait de l’allongement de la durée de rétention administrative un moyen de favoriser l’exécution des mesures d’éloignement. En 2018, une loi avait déjà allongé la durée maximale de rétention la faisant passer de 45 à 90 jours.

Concrètement, le texte fait passer la durée de rétention administrative maximale de 90 jours à 180 voire 210 jours. Les personnes concernées sont les étrangers en situation irrégulière condamnés à une peine d’interdiction de territoire français, à des crimes ou délits graves ou dont le comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public. La gauche a notamment critiqué cette notion de « menace particulièrement grave pour l’ordre public » la jugeant floue et contraire au respect de l’Etat de droit. Un argument rejeté par Bruno Retailleau arguant que le droit européen permet une durée de détention pouvant aller jusqu’à 18 mois. Lors de son adoption en première lecture au Sénat, la gauche avait fustigé un « texte CNews ».

Un article permettant la prise d’empreintes digitales ajouté par les députés

Le texte adopté par les députés prévoit également la possibilité de prendre les empreintes digitales d’un étranger en détention sans son consentement dès lors qu’il s’agit de l’unique moyen de vérifier son identité. L’article ouvre la possibilité à une prise d’empreintes digitales sans le consentement de l’individu. Cette mesure avait déjà été proposée – dans une autre formulation – par LR lors des débats sur la loi immigration à l’hiver 2023. Le Conseil constitutionnel avait alors censuré cette disposition estimant qu’elle n’offrait pas les garanties nécessaires de respect des libertés fondamentales.

Partager cet article

Dans la même thématique

Allongement de la durée de rétention administrative : le texte revient au Sénat et devrait être adopté définitivement 
3min

Politique

« La température est montée jusqu’à 50 degrés sur la façade de l’immeuble » rappelle cette jeune mère de famille de Pantin.

Confiné pour cause de canicule dans un appartement du centre de Pantin en Seine-Saint-Denis, épuisé par les vagues de chaleur à répétition, soucieux de l’état de santé d’un jeune bébé, Marion raconte, dans ce nouvel épisode de Dialogue Citoyen, comment elle et sa famille ont décidé de quitter la région parisienne quelques jours pour s’extraire de la fournaise dans laquelle ils vivaient depuis des semaines.

Le

Allongement de la durée de rétention administrative : le texte revient au Sénat et devrait être adopté définitivement 
3min

Politique

L’impatience des sinistrés des incendies de l’été « Il faut accélérer les procédures » de reconstruction

L’été caniculaire a été, à bien des égards, particulièrement violent. Cinquante-trois jours de vagues de chaleur ont entraîné sécheresses, incendies et températures insupportables. Florence Van Overmeire a perdu sa maison lors des terribles incendies qui ont frappé la Gironde. Sur le plateau de Dialogue citoyen, face aux sénateurs, cette habitante de la commune du Porge a accepté de revenir sur cette épreuve et appelle à l’accélération des procédures de reconstruction.

Le

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le