Alstom – Siemens : « Big n’est pas toujours beautiful »
Les invités d’« On va plus loin » débattent de l’interdiction prise, ce mercredi, par la Commission européenne, de la fusion entre Alstom et Siemens.

Alstom – Siemens : « Big n’est pas toujours beautiful »

Les invités d’« On va plus loin » débattent de l’interdiction prise, ce mercredi, par la Commission européenne, de la fusion entre Alstom et Siemens.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Ce mercredi, la Commission européenne a mis son veto à la fusion entre Alstom et Siemens. Le gouvernement français a réagi en qualifiant cette décision de « faute économique et politique » et le Premier ministre, Edouard Philippe, a parlé de « mauvaise décision » prise « sur de mauvais fondements ».

« Pour moi, c’est une faute stratégique et politique » déclare sur le plateau d’ »On va plus loin », Eric Revel, journaliste économique, qui va dans le sens du gouvernement : « On a besoin de grands projets industriels (…) et on est à deux mois des élections européennes (…) Le message politique qu’envoie cette commissaire européenne [Margrethe Vestager - NDLR] c’est de dire (…) que l’Europe n’est pas capable de protéger son marché en laissant des géants se construire, en revanche il se peut, même si ce n’est pas immédiat, que des Chinois ou d’autres, viennent nous menacer en Europe. »

Florian Philippot, président des Patriotes « aurai(t) aimer que ce soit l’État français qui bloque » cette fusion ou n’en soit pas à l’origine. Il est satisfait de voir qu’« un champion national » est « préserv(é) ». « Alstom Transport, c’est une entreprise qui fait 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires. 9 000 salariés en France, bénéficiaire, une dette extrêmement faible (…) : il n’y a aucun problème (…) Alstom (…) fonctionne très bien. »

Le président des Patriotes voit en Emmanuel Macron « le spécialiste (…) de la grande braderie des champions nationaux ».

Marie Lebec, députée LREM des Yvelines, déplore la décision de la Commission européenne :« On ne peut pas défendre les consommateurs si on tue toutes les industries européennes qui sont sur notre sol. Il faut absolument qu’on les pousse à se marier pour avoir une masse critique qui leur permette de rivaliser face aux géants internationaux. »

Olivier Fréget, avocat spécialisé en droit de la concurrence, estime que c’est la rationalité qui l’a emporté : « Il y a un débat rationnel possible en droit de la concurrence. Il a été mené et visiblement Alstom et Siemens, en dépit d’interventions du gouvernement français et du gouvernement allemand, ont été incapables de convaincre des gens qui sont rationnels, qui ne sont pas idéologiques ».  Et d’ajouter : « Big n’est pas toujours beautiful. Ce qui fait la force d’une industrie - regardez l’industrie allemande, regardez l’industrie italienne - c’est parfois des entreprises de plus petite taille, qui coopèrent entre elles. On n’a pas aujourd’hui, la preuve (…) de cette hypothèse sous-jacente que puisque c’est gros, ce sera plus efficace. »

 

Vous pouvez voir et revoir ce débat, en intégralité :

 

OVPL; Débat sur le refus de la Commission europénne de laisser fusionner Alstom et Siemens 'intégral)
24:58

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le