AME : « La santé des réfugiés devient une monnaie d’échange entre Michel Barnier et le Rassemblement national, c’est tragique», tacle Ian Brossat

Invité de la matinale de Public Sénat, le sénateur communiste de Paris déplore la baisse du panier de soins pris en charge par l’Aide médical d’Etat (AME), annoncée par Michel Barnier, ce jeudi 28 novembre. Possible candidat à la Mairie de Paris en 2026, le porte-parole du PCF souhaite une seule liste de gauche dès le premier tour.
Quentin Gérard

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Tout ça est pathétique ». Ian Brossat est agacé par la prochaine réforme de l’AME, annoncée par Michel Barnier, ce jeudi 28 novembre, dans un entretien au Figaro. Les soins pris en charge par le dispositif baisseront « sensiblement ». Une demande de longue date du Rassemblement national. « Ce spectacle qui consiste à avoir un Premier ministre qui passe ses journées à mendier un peu de temps supplémentaire au RN est pathétique », lance le sénateur communiste de Paris. Avant de poursuivre, ironique : « On ne sait plus qui tient la laisse. Les jours pairs, c’est Michel Barnier qui tient la laisse de Madame Le Pen et les jours impairs, c’est l’inverse ». Et d’ajouter : « Voir qu’au fond, la santé des réfugiés devient une monnaie d’échange entre Michel Barnier et le Rassemblement national devient tragique ».

La censure « va de soi »

Dans la même interview donnée au Figaro, le Premier ministre annonce annuler les taxes sur l’électricité prévues dans le budget 2025. Une autre « ligne rouge » de Marine Le Pen, mais aussi des partis d’opposition, dont les communistes. Si Ian Brossat s’en réjouit, il déplore que le chef du gouvernement « ne va pas au bout du chemin, car les taxes vont simplement revenir à la période d’avant le bouclier tarifaire ». Le porte-parole du PCF assure que son parti votera la censure à l’Assemblée nationale. « Cela va de soi. Le Premier ministre n’écoute pas ce que nous disons. Ce qui fait écho à ce que les Français veulent. C’est-à-dire plus de justice sociale et le refus d’une politique d’austérité », indique-t-il.

Ce jeudi 28 octobre, le Sénat a adopté la surtaxe exceptionnelle sur les grandes entreprises, issue de l’article 11 du projet de loi de finances 2025. « Le bon sens chemine », en conclut Ian Brossat. « Si le Nouveau Front Populaire (NFP) était aux affaires, nous serions allés plus loin », tempère-t-il. « Je constate quand même que quand on demande aux plus grandes entreprises de faire des efforts, c’est de manière temporaire. Quand c’est aux Français, c’est toujours de manière pérenne », ajoute le parlementaire.

« Nous verrons si je suis candidat »

En début de semaine, Anne Higaldo a confirmé ne pas briguer un nouveau mandat à la Mairie de Paris. Dans le même temps, l’édile a adoubé Rémi Féraud, sénateur socialiste, pour lui succéder. De son côté, Ian Brossat n’a jamais caché ses ambitions pour les municipales de Paris. « Nous verrons si je suis candidat », modère-t-il. Son objectif : que la capitale reste à gauche. « Tous les partis de gauches vont annoncer leur chef de file. Ce que je souhaite, c’est qu’à la fin, dès le premier tour, il n’y est qu’une seule liste de gauche ». Et de conclure : « Il faut se donner tous les moyens de gagner ».

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Green party leaders attend Stephane Baly campaign rally in Lille
7min

Politique

Municipales 2026 : l’heure est à « l’introspection » chez les écologistes au lendemain de la perte de plusieurs grandes villes  

Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Annecy… les écologistes ont subi de nombreuses pertes aux élections municipales après leur percée de 2020. Le signe d’un parti qui peine, à l’inverse d’il y a six ans, à apparaitre comme une force motrice à gauche, à l’heure où les propositions écologiques locales sont reprises par ses adversaires, y compris à droite.

Le

Gregory Doucet,Municipal and metropolitan elections in Lyon Vote
6min

Politique

Municipales à Lyon : victoire à la Pyrrhus pour les écologistes, qui perdent la Métropole

La victoire de Grégory Doucet à Lyon a médiatiquement éclipsé la défaite des écologistes à la Métropole, alors que celle-ci dispose d’un budget et de compétences bien plus importantes. La droite conduite par Véronique Sarselli dispose d’une majorité confortable, si la coalition formée autour de Jean-Michel Aulas se maintient telle quelle.

Le

« Un parti déjà solide et bien implanté » : malgré la perte de Nice, Horizons consolide son assise dans les villes et met le cap vers 2027
7min

Politique

« Un parti déjà solide et bien implanté » : malgré la perte de Nice, Horizons consolide son assise dans les villes et met le cap vers 2027

Le parti fondé par l’ancien Premier ministre Édouard Philippe à l’automne 2021 a remporté 17 villes de plus de 30 000 habitants aux élections municipales. Sa présence dans la France très urbaine est globalement stable, bien que marquée par la perte brutale de Nice, cinquième ville de France. Grâce à son maillage de petites villes, Horizons revendique une progression territoriale.

Le

Paris : Rachida Dati after the results of the first round of France s  2026 municipal elections of Paris
11min

Politique

« On a fait tout ce qu’il fallait faire pour perdre » : Rachida Dati, anatomie d’une cuisante défaite à Paris

ANALYSE – Rachida Dati a perdu son pari électoral dans la capitale, même si elle reste maire du 7e arrondissement. Entre les effets de bord de la loi PLM, qu'elle a elle-même soutenue, et les tensions locales avec Horizons et Renaissance malgré un passage au gouvernement, retour sur une campagne où la cheffe de file de la droite parisienne, réputée pour son franc-parler et sa détermination, semble avoir fini par se couper d’une partie de son électorat.

Le