Amélie de Montchalin et Agnès Pannier-Runacher : un duo de « technos » en charge de l’écologie au gouvernement
Le ministère de Barbara Pompili est devenu un portefeuille bicéphale sous l’autorité directe de la Première ministre, Élisabeth Borne. Amélie de Montchalin aura en charge la transition écologique, en rapport avec les territoires, alors qu’Agnès Pannier-Runacher organisera plus spécifiquement la Transition énergétique.

Amélie de Montchalin et Agnès Pannier-Runacher : un duo de « technos » en charge de l’écologie au gouvernement

Le ministère de Barbara Pompili est devenu un portefeuille bicéphale sous l’autorité directe de la Première ministre, Élisabeth Borne. Amélie de Montchalin aura en charge la transition écologique, en rapport avec les territoires, alors qu’Agnès Pannier-Runacher organisera plus spécifiquement la Transition énergétique.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron a promis pendant sa campagne, lors d’un meeting à Marseille, de confier la transition écologique directement à son Premier ministre. Il a ensuite nommé son ancienne ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne, à Matignon, et lui a bien rattaché aujourd’hui deux ministres : Amélie de Montchalin, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, 5ème portefeuille dans l’ordre protocolaire, et Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, 16ème et avant-dernière dans l’ordre protocolaire.

Agnès Pannier-Runacher à la Transition énergétique

Le ministère de Barbara Pompili, qui était le 2ème dans l’ordre protocolaire après celui des Affaires étrangères, se retrouve divisé entre un ministère spécifiquement dédié à la « transition énergétique » et confié à l’ancienne ministre déléguée à l’Industrie, avec des arbitrages cruciaux à prendre prochainement pour arriver à décarboner le mix énergétique français. Emmanuel Macron avait dit que la mission de ce ministère serait de « faire de la France la première grande nation à sortir du pétrole, du gaz et du charbon », et ainsi respecter les engagements climatiques de la France.

Pour ce faire, le Président de la République a donc choisi une énarque de 47 ans, soutien de la première heure et proche du secteur industriel par ses dernières fonctions ministérielles. « Elle s’intéresse à la filière nucléaire », a déclaré à l’AFP Cécile Arbouille, déléguée générale du Groupement des industriels français de l’industrie nucléaire (GIFEN). Du côté des énergies renouvelables, les représentants de l’industrie semblent aussi relativement satisfaits. « L’urgence est de débloquer tous les projets renouvelables, notamment les éoliennes, qui sont en file d’attente », a déclaré le président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), Jean-Louis Bal, à l’AFP.

>> Pour en savoir plus : Réacteurs nucléaires arrêtés : vers un Plan Marshall ou une réduction de la voilure pour le nucléaire français ?

Amélie de Montchalin à la Transition écologique et la Cohésion des territoires

L’ancienne ministre des Transformations et de la Fonction publique est, elle aussi, une « techno », même si elle n’est pas une énarque. Passée par HEC et Harvard, elle a d’abord travaillé dans le secteur bancaire, l’un des plus polluants par son financement des énergies fossiles, elle a ensuite intégré le gouvernement aux Affaires européennes, puis a géré la réforme de la haute fonction publique et de l’ENA.

« C’est surprenant, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais ce qui est inquiétant, c’est que toutes deux sont considérées comme des fidèles d’Emmanuel Macron et de ce qui a été fait jusqu’à présent lors d’un quinquennat perdu pour le climat », a déclaré à l’AFP Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France, à propos de ces deux nominations, en relevant leur absence de parcours affiché dans les domaines du climat et de l’environnement.

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le