Annecy : « Drame après drame, on ne tire jamais les leçons de l’absence de frontières », alerte Nicolas Dupont-Aignan

Invité ce lundi de la matinale de Public Sénat, Nicolas Dupont-Aignan a réclamé un référendum sur l’immigration. Le souverainiste, qui demande un tour de vis en matière de politique migratoire, se dit favorable à une sortie de l’UE si la renégociation des traités n’est pas possible.
Romain David

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Si on ne reprend pas en main notre politique d’asile, c’est fini, il n’y a plus de France. Là, nous sommes face au mur. » Nicolas Dupont-Aignan, le fondateur de Debout la France, a lancé une pétition pour l’organisation d’un référendum sur l’immigration, ce que toutefois la Constitution ne permet pas de faire en l’état actuel. « J’ai écrit ce texte à la suite d’Annecy. Ce qui m’a effrayé, c’est de voir le président au lendemain de cet acte abominable aller serrer des mains en préfecture, jouer son rôle de compassion, mais à aucun moment n’en tirer des leçons. Drame après drame, on ne tire jamais les leçons de l’absence de frontières », a déploré le député, ce lundi 19 juin, au micro de « Bonjour chez vous », la matinale de Public Sénat.

Une sortie de l’UE

« Si on veut régler le problème de l’immigration, il faut sortir de Schengen, contrôler nos frontières nationales. Il ne faut plus hésiter », explique le candidat malheureux à la présidentielle (2,06 %). « Je veux que l’on renationalise les demandes d’asile, qu’elles ne valent que pour chaque pays […]. Elles doivent se faire pays par pays. Si vous avez fait une demande d’asile en Suède, vous n’avez pas le droit de circuler. Je veux mettre fin à la libre circulation des demandeurs d’asile en Europe », énumère-t-il. Quitte à sortir de l’Union européenne : « Ça peut être sortir de l’Union européenne, s’il n’y a pas de négociations possibles », lâche-t-il. « Beaucoup de pays sont comme nous, ne supportent plus ce ‘coup d’État permanent’, comme disait l’autre ».

« Il y a un coup d’Etat européen qui se profile »

Nicolas Dupont-Aignan veut dénoncer l’influence grandissante de la commission européenne sur les politiques nationales, allant jusqu’à évoquer une forme d’ingérence. « Il y a un coup d’Etat européen qui se profile. Mme von der Leyen [la présidente de la Commission européenne, ndlr] sort des traités, elle se comporte comme si elle était élue présidente de l’Europe », dénonce l’élu. « Elle n’est pas du tout élue, la commission de Bruxelles piège la France et les autres pays par des règles bureaucratiques en matière écologique, de migration, en matière budgétaire. »

Interrogé pour savoir s’il serait prêt à soutenir les propositions des LR sur l’immigration, ces derniers souhaitant s’extirper du cadre de certains traités européens, Nicolas Dupont-Aignan rappelle qu’ils ont voté ces textes. « Je voterai tous les textes qui permettent de traiter cette question, même si les textes LR ne vont pas assez loin sur certains points ».

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Rally at Place de la Republique for the release of activists from the Global Sumud Flotilla
7min

Politique

Garde à vue de Rima Hassan : comment fonctionne l’immunité parlementaire des eurodéputés ?

L’eurodéputée Rima Hassan a été placée en garde à vue jeudi. Ressortie libre dans la soirée, elle, sera jugée le 7 juillet prochain devant le tribunal correctionnel pour « apologie de terrorisme », en raison d’un post publié le 26 mars 2026 sur son compte X. La procédure a entraîné de nombreuses questions au regard de l’immunité parlementaire qui protège les députés européens.

Le

Session of questions to the government at the Senate
3min

Politique

Un nouveau projet de loi contre le séparatisme pour renforcer l’arsenal de 2021

Le gouvernement prépare un nouveau texte législatif visant à renforcer la lutte contre le séparatisme, dans la continuité de la loi adoptée en 2021. Présenté fin avril en Conseil des ministres, ce projet entend combler certaines limites identifiées par l’exécutif, notamment en matière de contrôle des structures et de protection des mineurs.

Le

Paris: Gerard Larcher elu President du Senat
9min

Politique

Sénatoriales : le groupe PS s’attend à une stabilité ou à un léger recul

Après les municipales, le PS espère conserver sa place de second groupe de la Haute assemblée, à l’issue des sénatoriales de septembre. « Je parie sur la stabilité », affirme Patrick Kanner, patron des sénateurs socialistes. Le sénateur du Nord n’exclut cependant pas le scénario du pire, qui serait « une perte sensible » de « 5 sièges ». Le groupe compte aujourd’hui 65 membres.

Le