Annonces d’Emmanuel Macron : « Un programme d’instabilité budgétaire » selon Philippe Dallier
Philippe Dallier, vice-président du Sénat et membre de la commission des finances, était l’invité de Parlement Hebdo. Il juge sévèrement le programme de stabilité d’Emmanuel Macron.

Annonces d’Emmanuel Macron : « Un programme d’instabilité budgétaire » selon Philippe Dallier

Philippe Dallier, vice-président du Sénat et membre de la commission des finances, était l’invité de Parlement Hebdo. Il juge sévèrement le programme de stabilité d’Emmanuel Macron.
Public Sénat

Par Marion D'Hondt

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le programme de stabilité est un document, voté en avril et transmis à la Commission européenne, qui définit les grandes orientations budgétaires du pays.

Pour Philippe Dallier, le programme de stabilité présenté en Conseil des Ministres est « caduc », puisqu’il ne tient pas compte des dernières annonces du Président. C’est « un programme d’instabilité budgétaire, plutôt que de stabilité budgétaire ».

« Il n’est plus question d’arriver à l’équilibre budgétaire en 2022 »

Pour le sénateur, ce programme acte le fait qu’ « il n’est plus question d’arriver à l’équilibre budgétaire en 2022 ». Selon lui, « on sait déjà que le budget sera déséquilibré, mais jusqu’où ? C’est toute la question ». De la même manière, « l’inversion de la courbe de la dette ne se produira pas ».

Philippe Dallier est pessimiste puisque, pour lui, « si les choses se dégradaient, [la dette] pourrait dépasser les 100 % du PIB », faisant ainsi d’Emmanuel Macron « le Président qui a fait dépasser la dette de 100 % ». Dans tous les cas, « il ne tiendra pas son objectif de baisse de 5 points de la dette ».

Le sénateur s’inquiète que la France soit le dernier pays européen à se rapprocher des 3 % de déficit. Pour lui, « tous les autres pays sont, soit à l’équilibre, soit en excédent budgétaire ». Il poursuit : « Il n’y a plus que la France, l’Espagne et l’Italie. Vous vous rendez compte de ce que cela veut dire ? »

« Si on a une remontée des taux d’intérêt, nous serons dans une situation dramatique »

Pour Philippe Dallier, « ce n’est pas grave par rapport à Bruxelles, mais par rapport aux taux d’intérêt ». Il développe sa pensée : « Si on a une remontée des taux d’intérêt, nous serons dans une situation dramatique. À force d’avoir une dette qui grossit comme une boule de neige sur une pente de ski, vous finirez par avoir une catastrophe. »

Pour lui, les récentes annonces d’Emmanuel Macron, comme le rabot sur les niches fiscales, sont « l’aveu de l’échec d’une politique ». Le gouvernement a « trop tiré sur la corde » et doit « se replier dans la panique ». Le sénateur conclut : « Il n’y a plus de ligne directrice et c’est très grave pour le pays. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: discussion on the adoption of the special bill at the National Assembly
2min

Politique

Procès en appel de Marine Le Pen : un calendrier serré avant la présidentielle 

C’est un procès déterminant pour Marine Le Pen qui s’ouvre mardi. La députée RN va être jugée en appel dans l’affaire des emplois fictifs des assistants parlementaires européens de son parti. Condamnée à 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire en première instance, de ce second procès dépend son avenir politique proche, notamment sa candidature à la prochaine présidentielle. 

Le

Annonces d’Emmanuel Macron : « Un programme d’instabilité budgétaire » selon Philippe Dallier
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

6min

Politique

Municipales 2026 : les prisons privées du vote par correspondance

Conformément à la loi promulguée en juillet 2025, les détenus ne pourront plus voter par correspondance aux scrutins locaux, dans le souci d’éviter toute distorsion électorale. Au mois de mars, les municipales seront les premières élections concernées par ce changement.

Le