Annulation du salon de l’Agriculture 2021 : les sénateurs partagés entre compréhension et « amertume »
L'édition 2021 du salon de l'Agriculture, qui devait se tenir à Paris du 27 février au 7 mars, est annulée en raison de l'épidémie de coronavirus, ont indiqué mercredi les organisateurs. Publicsenat.fr a interrogé plusieurs sénateurs.

Annulation du salon de l’Agriculture 2021 : les sénateurs partagés entre compréhension et « amertume »

L'édition 2021 du salon de l'Agriculture, qui devait se tenir à Paris du 27 février au 7 mars, est annulée en raison de l'épidémie de coronavirus, ont indiqué mercredi les organisateurs. Publicsenat.fr a interrogé plusieurs sénateurs.
Public Sénat

Par Julien Chabrout

Temps de lecture :

4 min

Publié le

C’est une première dans son histoire. L'édition 2021 du salon de l'Agriculture est annulée en raison de l’épidémie de coronavirus, ont indiqué mercredi soir les organisateurs à l’AFP. Elle devait se tenir à Paris du 27 février au 7 mars. « Il est de notre responsabilité (...) de dire le plus en amont possible notre décision, qui est de reporter à l'année suivante le salon de l'Agriculture, tout en maintenant à Paris et dans différentes villes des événements dont les agriculteurs ont besoin » pendant cette semaine-là, a déclaré Jean-Luc Poulain, le président du Centre national des concours et expositions agricoles (Ceneca), propriétaire du salon.

Le salon de l'Agriculture , le plus gros salon en France, s'était tenu in extremis début 2020 juste avant le début du confinement lié à l'épidémie. Il avait accueilli 540 000 visiteurs contre 650 000 les années précédentes.

« C’est une décision difficile mais lucide sur les incertitudes sanitaires qui pèsent sur le pays. J’en mesure la tristesse et le traumatisme pour le monde rural. J’en connais le prix économique aussi, ainsi que la frustration pour les citadins. Mais il faut des actes et des décisions fermes pour lutter » contre le Covid-19, réagit François Patriat auprès de publicsenat.fr Le président du groupe rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants est un habitué du salon de l’Agriculture, avec une quarantaine de venues, en tant que « fils d’éleveur » et élu, dont trois avec des présidents de la République.

La crainte d’une « fracture supplémentaire » entre le monde urbain et agricole

« J’accueille cette décision avec beaucoup de déception et de tristesse mais je la comprends. Il y a une telle incertitude que l’on ne peut pas prendre le risque de l’annuler 15 jours auparavant », abonde à publicsenat.fr le sénateur UDI de la Meuse Franck Menonville, membre du groupe les Indépendants - République et Territoires. Lui aussi est un habitué du salon de l’Agriculture. Et pour cause : ce céréalier de profession a son exploitation à cheval entre la Meuse et la Marne.

« Je peux le comprendre en raison de la crise sanitaire et parce que l’on préfère prévenir en amont plutôt que d’attendre le dernier moment pour annuler », estime également auprès de publicsenat.fr le sénateur Les Républicains de la Haute-Loire Laurent Duplomb, lui aussi agriculteur de profession et habitué de ce rendez-vous annuel. Mais il trouve en même temps « dommage » que cet événement ne soit pas maintenu dans la mesure où il aurait pu selon lui être l’occasion de « remercier tous ceux qui ont continué à travailler pendant la crise sanitaire », comme les agriculteurs et les salariés du secteur agroalimentaire.

Jean Bizet rappelle que ce rendez-vous populaire est « l’occasion de rapprocher les populations urbaines des campagnes » et de faire connaître « la réalité du monde agricole et  la réalité de notre alimentation ». « C’est un rendez-vous exceptionnel. Il fait office de rencontre entre le monde agricole et le monde urbain. Il y a déjà une fracture, avec deux mondes qui ne se connaissent plus. En annulant, cela va être une fracture supplémentaire », craint le sénateur LR de la Manche, joint par publicsenat.fr. « Très ennuyé et amer » par cette annulation, Jean Bizet, qui a « fait ses premières armes d’étudiant vétérinaire » au salon de l’Agriculture , redoute également qu’elle entraîne « une démotivation et un renfermement » du monde agricole.

Certains évènements sont toutefois maintenus, à ce stade. Le concours général, qui juge chaque année environ 12 000 produits agricoles et alimentaires français, des miels aux vins, et dont les finales se tiennent pendant la durée du salon, sera maintenu avec l'accord du ministère de l'Agriculture, et pourrait se tenir dans différentes villes de province. Par ailleurs se tiendront également à Paris un ou plusieurs débats sur l'évolution de l'agriculture et de l'alimentation, vraisemblablement autour du thème de la souveraineté alimentaire. Franck Menonville propose de tenir du 27 février au 7 mars prochain « une semaine de l’agriculture » dans chaque département, avec des « événements divers et variés en lien avec l’alimentation ». En déconcentrant ces événements sur tout le territoire, le lien avec le milieu agricole pourrait être « maintenu », espère le sénateur.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le

Nationwide protests over cost of living – Dijon
6min

Politique

Mouvement lycéen : Un « semi mea culpa » du gouvernement sur la gestion de la crise

Interviewé ce mercredi sur la chaîne YouTube Hugo Décrypte, Emmanuel Macron s’est dit « dans le soutien et la compassion » des élèves blessés lors des manifestations et blocus. De son côté, ce jeudi, Edouard Geffray, ministre de l’Education, reconnaît que le gouvernement aurait « dû être plus rapide » dans sa gestion de la crise. A l’approche de la rentrée scolaire, la communication du gouvernement semble vouloir donner des signes d’apaisement.

Le

FRA – ASSEMBLEE – 4 COLONNES
8min

Politique

Après la proposition de primaire de Gabriel Attal, rejetée par le camp Philippe et Retailleau, le blocage perdure

En proposant une « grande primaire des démocrates », Gabriel Attal ne fait qu’un « exercice de communication » pour avoir un « prétexte » pour se maintenir, dénonce-t-on dans l’équipe de campagne d’Edouard Philippe. « Ce ne sont pas les ego qui doivent parler mais bien le sens de la responsabilité », soutient la députée Prisca Thévenot, proche du candidat Renaissance.

Le