Antilles : « Notre devoir collectif est de protéger nos concitoyens » souligne le ministre Sébastien Lecornu
Des taux d’incidence « jamais connus » en France depuis le début de l’épidémie de covid-19. En Martinique comme en Guadeloupe, la situation est « extrêmement grave » explique le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu. Il se rend sur place pour une « visite de crise ».

Antilles : « Notre devoir collectif est de protéger nos concitoyens » souligne le ministre Sébastien Lecornu

Des taux d’incidence « jamais connus » en France depuis le début de l’épidémie de covid-19. En Martinique comme en Guadeloupe, la situation est « extrêmement grave » explique le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu. Il se rend sur place pour une « visite de crise ».
Public Sénat

Par la rédaction de Public Sénat avec AFP

Temps de lecture :

4 min

Publié le

La situation sanitaire est « extrêmement grave » aux Antilles. Avec ces mots, le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu tente d’alerter sur le tournant que prend la crise sanitaire en Martinique et en Guadeloupe. La Martinique est passée de 410 cas le 6 juillet à 4.171 la première semaine d’août, et 35 décès. En quatre semaines, 350 personnes ont été hospitalisées. En Guadeloupe voisine, les chiffres explosent aussi. Du 2 au 8 août, le taux d’incidence atteignait 1.769 pour 100.000 habitants, contre 876 la semaine précédente. Sur cette même période, 14 personnes sont décédées, et le variant Delta représente 88 % des contaminations.

La raison invoquée ? Le taux de vaccination y est plus faible qu’en métropole. « Ce n’est pas étonnant, lâche Victoire Jasmin, sénatrice socialiste de Guadeloupe. Nous n’avons pas eu la même offre vaccinale qu’en métropole. C’est simple, certains vaccins ne sont pas disponibles ici. »

LIRE AUSSI // Guadeloupe : « La communication de la campagne de vaccination a été méprisante » juge Victoire Jasmin

Le ministre Sébastien Lecornu revient sur la situation sur place dans un entretien accordé à l’AFP.

Quelle est la situation de la crise sanitaire actuellement aux Antilles ?

Sébastien Lecornu : « Elle est extrêmement grave. Ce sont des taux d’incidence que l’on n’a jamais connus dans ces territoires, mais aussi dans tous les territoires de la République confondus. Le taux d’incidence à la Guadeloupe hier soir était de plus 1.700 cas pour 100.000 habitants, celui de la Martinique était de 1.165. Et puis, évidemment, il y a le nombre de décès chaque jour qui marque la gravité et la violence de cette vague. L’explication est assez simple : le variant delta est plus contagieux et s’abat sur une population qui n’est pas suffisamment protégée. Il faut aussi rappeler que la population des Antilles est parfois âgée, donc plus fragile et présentant des difficultés respiratoires ou autres plus graves que dans d’autres territoires. »

Après la Martinique, un durcissement du confinement en Guadeloupe est-il probable ?

« J’aurai l’occasion dès mon arrivée aujourd’hui de concerter l’ensemble des élus. Car à chaque fois que nous prenons ce genre de décision nous le faisons avec les autorités locales. Mais il tombe sous le sens que nous allons devoir évidemment durcir les mesures de freinage tant il y a urgence. Le principal objectif est de permettre aux structures hospitalières de tenir. Là on est pendant la gestion de crise et il n’y a que deux choses à faire. La première est de permettre aux structures de soin de faire face. Je ne pars d’ailleurs pas seul, mais avec 270 soignants de l’Hexagone qui vont venir renforcer deux CHU et deux territoires, ainsi que 60 pompiers qui permettront de soulager les structures de soin. La deuxième est le respect des mesures de freinage. Sans elles, l’épidémie va continuer de circuler et nous ne saurons pas faire face dans les structures hospitalières. La grande majorité de la population respecte le confinement. Notre devoir collectif est de protéger nos concitoyens. »

Y aura-t-il un soutien économique pour l’économie locale, notamment pour le secteur touristique ?

« La solidarité nationale s’exprime sur le terrain sanitaire, mais aussi sur le terrain économique et social. C’est pour cela que des mesures d’urgence sont à nouveau mises en œuvre : le fonds de solidarité, le chômage partiel qui vont soutenir les secteurs les plus exposés, notamment l’hôtellerie, la restauration, le secteur touristique ou encore le transport aérien et maritime. Nous sommes en soutien, mais cela n’évite pas la question de comment ne pas revivre cette situation en octobre ou en décembre, un autre moment important pour l’économie touristique. Cela pose évidemment la question de la vaccination qui est la seule solution que nous avons sur la table pour protéger au mieux les populations et éviter ce type de confinement. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Olivier Faure – Allocution 1er tour des Elections Municipales
8min

Politique

Municipales : face à la percée de LFI, le PS mène la bataille du « récit » face à Mélenchon, tout en assumant les fusions locales

Alors que le PS a dû multiplier localement les alliances avec LFI pour espérer conserver ses villes, les socialistes récusent l’idée d’une poussée insoumise, soulignant que le PS restera « la première force de gauche » au niveau local. En même temps, le PS assume les fusions avec les listes LFI. Une stratégie que les opposants à la direction d’Olivier Faure jugent « illisible ».

Le

Antilles : « Notre devoir collectif est de protéger nos concitoyens » souligne le ministre Sébastien Lecornu
4min

Politique

« On surmonte nos rancœurs » : Agnès Evren (LR) défend un mariage de raison entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel pour battre la gauche à Paris

À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.

Le

Antilles : « Notre devoir collectif est de protéger nos concitoyens » souligne le ministre Sébastien Lecornu
5min

Politique

Municipales à Montpellier : sécurité, gestion des déchets, transports… Que retenir du débat d’entre deux tours ?

A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.  

Le

FRA – LR RETAILLEAU – ELECTION MUNICIPALES 2026
8min

Politique

Municipales : en lâchant Christian Estrosi à Nice, Bruno Retailleau enflamme toute la droite, avec 2027 en ligne de mire

À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.

Le