Antiterrorisme: la future loi fera l’objet d’une évaluation « en 2020 », annonce Macron
Emmanuel Macron a annoncé mardi aux préfets que la future loi antiterroriste, présentée en octobre à l'Assemblée nationale,...

Antiterrorisme: la future loi fera l’objet d’une évaluation « en 2020 », annonce Macron

Emmanuel Macron a annoncé mardi aux préfets que la future loi antiterroriste, présentée en octobre à l'Assemblée nationale,...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron a annoncé mardi aux préfets que la future loi antiterroriste, présentée en octobre à l'Assemblée nationale, ferait "l'objet d'une évaluation en 2020", certaines mesures pouvant être le cas échéant "supprimées" et d'autres ajoutées.

"La loi fera l'objet d'une évaluation en 2020", a déclaré le chef de l'Etat. "Si certaines mesures s'avèrent inutiles ou inadaptées elle seront supprimées. En revanche, si des changements technologiques, si des stratégies nouvelles des terroristes l'imposent cette loi sera complétée", a-t-il ajouté.

S'exprimant depuis l'Elysée, Emmanuel Macron a précisé ses ambitions pour le controversé projet de loi antiterroriste qui doit remplacer, au 1er novembre, le régime exceptionnel de l'état d'urgence en pérennisant et en inscrivant dans le droit commun certaines de ses mesures.

"Il faut améliorer la coordination territoriale des services en partageant mieux l'information et en visant l'excellence opérationnelle", a lancé le président de la République, souhaitant que "les préfets disposent de toutes les informations pertinentes pour eux".

"Je ne souffrirai aucune rétention d'information à l'égard des préfets sur votre territoire. C'est à vous qu'il revient d'arbitrer, de décider sur la base des informations et des propositions des services. Le partage doit être la règle, la rétention, l'exception", leur-a-t-il déclaré.

"Nos concitoyens n'acceptent plus les dysfonctionnements dans les services quand des attentats sont commis, ou lorsque des tentatives d'attentats sont déjouées, comme en témoigne le retour d'expérience sur le dernier attentat à quelques mètres d'ici" (aux Champs-Elysées, ndlr) "où l'un des problèmes à la racine était ce partage d'informations", a dénoncé le président.

Les sénateurs, qui ont déjà adopté une première version du projet de loi en session extraordinaire, ont limité dans le temps, au 31 décembre 2021, l'application des dispositions permettant de prendre des mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance et de procéder à des perquisitions et des saisies, comme l'avait proposé leur commission. Le projet de loi initial ne fixait pas de date limite.

Le projet de loi pérennise par ailleurs le système de suivi des données des dossiers de passagers aériens (PNR), autorise la création d'un nouveau traitement automatisé de données à caractère personnel pour les voyageurs de transports maritimes, instaure un nouveau cadre légal de surveillance des communications hertziennes et élargit les possibilités de contrôle dans les zones frontalières.

Le texte avait été dénoncé par plusieurs organisations, dont Amnesty International France, la Ligue des droits de l'Homme ou le syndicat de la magistrature (SM), mais aussi le défenseur des droits Jacques Toubon, la juriste Mireille Delmas-Marty et le commissaire européen aux droits de l'Homme Nils Muiznieks.

(sujet vidéo: Julie Hulin)

Partager cet article

Dans la même thématique

Antiterrorisme: la future loi fera l’objet d’une évaluation « en 2020 », annonce Macron
3min

Politique

« Je ne souhaite pas participer aux ravages sociaux et écologiques en cours » assume cet étudiant qui a bifurqué 

En 2022, Théophile Duchateau, élève dans l’école d’ingénieur Agro ParisTech, fait partie du groupe de « bifurqueurs », surnommés ainsi après avoir annoncé publiquement lors de la remise de leur diplôme qu’ils préféraient renoncer à une carrière toute tracée dans un grand groupe. Théophile Duchateau, ancien élève ingénieur d’Agro ParisTech partage aujourd’hui sa vie entre son métier dans l’agroforesterie et l’engagement dans une ferme collective. Au micro de Quentin Calmet et face aux sénateurs, il assume une nouvelle forme de « travail » dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Antiterrorisme: la future loi fera l’objet d’une évaluation « en 2020 », annonce Macron
4min

Politique

« L’IA, j’y crois beaucoup » : le préfet de police de Paris défend son utilisation pour la surveillance vidéo des rodéos urbains et des manifestations

Auditionné au Sénat sur la sécurité de l’espace public, le préfet de police de Paris Patrice Faure a défendu le recours à la surveillance vidéo algorithmique pour détecter certains délits et encadrer les manifestations. « Donnez-nous le cadre législatif pour utiliser les moyens technologiques qui existent », a-t-il exhorté devant les sénateurs.

Le

Retailleau ok
7min

Politique

Bruno Retailleau veut rétablir les contrôles à la frontière espagnole : c’est le cas depuis 2015

Suite à la régularisation de 500 000 sans-papiers en Espagne, la droite et l’extrême droite réclament un rétablissement des contrôles à la frontière espagnole. Or, ces contrôles ont été rétablis, théoriquement temporairement, mais sans discontinuer, depuis 2015. Par ailleurs, un titre de séjour délivré par un autre Etat-membre ne permet pas de séjourner légalement en France.

Le