Face à l'abstention susceptible de favoriser l'extrême droite dimanche au 2nd tour de la présidentielle, les appels à soutenir le centriste...
Appels tous azimuts pro-Macron pour contrer l’abstention
Face à l'abstention susceptible de favoriser l'extrême droite dimanche au 2nd tour de la présidentielle, les appels à soutenir le centriste...
Par Daphné BENOIT, Eloi ROUYER
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Face à l'abstention susceptible de favoriser l'extrême droite dimanche au 2nd tour de la présidentielle, les appels à soutenir le centriste Emmanuel Macron se sont multipliés mardi, à la veille d'un duel télévisé crucial avec sa rivale Marine Le Pen.
Artistes, politiques, patrons, scientifiques, grands médias: à cinq jours de ce vote décisif, tribunes et pétitions en faveur du jeune candidat s'enchaînent pour faire barrage à la candidate du Front National (FN), contre laquelle Emmanuel Macron a promis un "corps-à-corps" au débat de mercredi.
Les sondages donnent actuellement l'avantage à M. Macron avec 60% des intentions de vote, mais l'écart avec Mme Le Pen semble se resserrer. L'abstention oscillerait entre 22 et 28% dimanche, et beaucoup craignent qu'elle ne profite à l'extrême droite.
Les militants du mouvement de gauche radicale dirigé par Jean-Luc Mélenchon ont opté aux deux tiers pour le vote blanc ou l'abstention, seuls 35% d'entre eux se prononçant pour un vote Macron dans une consultation interne qui ne proposait pas le choix du vote Le Pen.
Jean-Luc Mélenchon à Paris, le 1er mai 2017
AFP
Éliminé au premier tour avec 19,58% des voix, leur candidat s'est certes clairement prononcé contre Marine Le Pen, qui cherche à séduire une partie de son électorat hostile au capitalisme. Mais il refuse de soutenir explicitement Emmanuel Macron, dont il rejette le programme social-libéral.
Une des références de la gauche radicale en Europe, l'ex-ministre grec des Finances Yanis Varoufakis, a rappelé son camp à l'ordre mardi en appelant à voter pour Emmanuel Macron: "je refuse de faire partie d’une génération de progressistes européens qui auraient pu empêcher Marine Le Pen de gagner la présidence française mais ne l’ont pas fait".
En France, les artistes donnent également de la voix pour faire barrage à la candidate anti-immigration et anti-euro. Parmi eux, les cinéastes Mathieu Kassovitz et Luc Besson, le directeur du célèbre festival d'Avignon, Olivier Py, ou encore le prix Nobel de littérature Jean-Marie Gustave Le Clézio.
Côté médias, le grand quotidien catholique La Croix a appelé mardi à voter Macron, emboîtant le pas à une série d'autres journaux nationaux.
- Appels contre-productifs ? -
Trois associations de mémoire de la Seconde guerre mondiale ainsi que l'Académie des Sciences ont également gonflé les rangs mardi des soutiens au candidat pro-européen. Le patron du géant aéronautique Airbus, Tom Enders, a lui aussi exprimé son "plein soutien" à l'ancien ministre de l'Economie du gouvernement socialiste (2014-2016).
Mais après les votes qui ont causé la surprise en faveur de Donald Trump aux Etats-Unis ou du Brexit en Grande-Bretagne, certains s'inquiètent d'un possible effet contre-productif de ces appels.
Christiane Taubira le 5 février 2017 à Paris
AFP/Archives
Ils "sont susceptibles de se changer en poison", avertit le quotidien économique Les Echos, rappelant que "plus les grandes voix de la culture et de la politique avaient défendu Hillary Clinton, plus elles avaient conforté les classes populaires dans le sentiment qu'on les méprisait".
Marine Le Pen, elle, ne bénéficie que de rares soutiens publics. Mais celle qui se présente comme la candidate du peuple face au "système", aux "élites", à "l'oligarchie", mène une campagne offensive pour convaincre les déçus du premier tour, les indécis et les abstentionnistes.
Parmi eux, une frange des électeurs du conservateur François Fillon (20% au premier tour) ne veulent pas entendre parler d'Emmanuel Macron, perçu comme l'héritier du président socialiste François Hollande.
Lundi, en meeting, Mme Le Pen a repris sans le citer et quasiment mot pour mot au moins quatre longs extraits d'un discours de François Fillon sur l'identité française, déclenchant polémique et moquerie.
L'entraîneur du Real Zinédine Zidane en conférence de presse le 1er mai 2017 à Madrid
AFP
Un "clin d’œil" aux électeurs de M. Fillon et non du plagiat, a plaidé le vice-président du FN Louis Aliot, en faisant valoir qu'"avec une partie de la droite, on a exactement la même vision de l'identité de la nation".
"Ce n'est pas parce que la France est malade qu'il faut se jeter dans le vide", a contre-attaqué mardi François Fillon, qui avait appelé dès le soir du premier tour à voter Macron pour contrer l'extrême droite.
Plombé par un scandale d'emplois fictifs présumés qui a éclaté pendant la campagne et lui a valu d'être inculpé, M. Fillon a déposé plainte contre l'hebdomadaire Canard Enchaîné, à l'origine de ces révélations, a indiqué mardi à l'AFP son entourage.
Les dirigeants européens ont entamé jeudi à Bruxelles les négociations autour du prochain budget de l’UE sur la période 2028-2034. La Commission aimerait trouver un accord d’ici la fin de l’année, avant la tenue des élections dans plusieurs États membres, dont la France. La favorite des sondages, Marine Le Pen, plaide pour une baisse de la contribution française au budget de l’Union. Comment fonctionne le budget de l’Union européenne ? Explications.
Comme ses collègues de Bercy, le ministre du Travail et des Solidarités a défendu la proposition initiale du budget de la Sécurité sociale de n’indexer sur l’inflation que les petites pensions allant jusqu’à 1260 euros. Il s’agit d’une dérogation à la règle habituelle. Il suggère à l’avenir d’aborder cette question de l’évolution annuelle des retraites, sur le modèle des complémentaires de l’Agirc-Arrco.
Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.
Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone et Public Sénat, la candidate du Rassemblement national recueille 37 % des intentions de vote au premier tour, soit près de deux fois plus que ses deux poursuivants, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Au second tour, elle l’emporterait largement face au leader insoumis (68 %) et plus modestement face à Édouard Philippe (53 %).