Après la désolation de Notre-Dame, la trêve politique s’installe
Plusieurs listes, dont la majorité présidentielle et le Rassemblement national, ont annoncé qu’elles interrompaient leur campagne pour les européennes 2019.

Après la désolation de Notre-Dame, la trêve politique s’installe

Plusieurs listes, dont la majorité présidentielle et le Rassemblement national, ont annoncé qu’elles interrompaient leur campagne pour les européennes 2019.
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Le temps de la politique s’est figé, pour une trêve pascale que personne n’aurait imaginée il y a encore 24 heures. Comme après d’autres drames que la France a traversés, le cours d’une campagne et le rythme du débat se sont brutalement interrompus après la dévastation de la cathédrale Notre Dame de Paris par les flammes.

Le premier retrait est venu de l’Élysée. Vers 19h45, à quelques minutes d’intervalles de l’effondrement de la flèche de 500 tonnes de bois et de plomb, on apprenait qu’Emmanuel Macron déprogrammait la diffusion de son allocution télévisée, enregistrée une heure auparavant. Celle à laquelle était suspendue une bonne partie du monde politique et médiatique avant le départ du feu.

On ignore pour le moment à quelle date le président de la République reportera ses réponses au Grand débat national, mais aussi sa conférence de presse, qu’il devait donner mercredi. À 11 heures, les ministres étaient réunis pour préparer un plan de reconstruction de la cathédrale.

Dès lundi soir, alors que l’incendie n’était pas encore maîtrisé, plusieurs partis ont mis sur pause leur campagne pour les européennes du 26 mai 2019.

La République en marche suspend sa campagne « jusqu’à nouvel ordre »

Du côté des Républicains, le meeting de Nîmes qui devait donner ce mardi le coup d’envoi de la bataille du parti de droite a été annulé. « Nous sommes tous profondément bouleversés par ces images », a commenté François-Xavier Bellamy sur LCI. La tête de liste de LR devait apparaître aux côtés du président du parti, Laurent Wauquiez. Même chose pour le déplacement prévu à Cavaillon (Vaucluse) : annulé.

Ce matin, la majorité présidentielle a elle aussi pris la décision d’interrompre sa campagne, « jusqu’à nouvel ordre », a fait savoir sa tête de liste, Nathalie Loiseau. « Nous vivons un moment de tristesse profonde », a souligné l’ancienne ministre chargée des Affaires européennes, précisant que la liste Renaissance se joignait « naturellement à ce moment d'union nationale ». Ce mardi, aucun colistier ne fera de déplacement. Et la réunion qui était prévue jeudi à Marseille est reportée.

Depuis le Parlement européen, l’eurodéputé Nicolas Bay annonçait pour le Rassemblement national (RN) « 24 heures de trêve », justifiées selon lui par le « deuil d’un joyau de notre patrimoine nationale ». Son point presse a été écourté.

Très tôt, le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan s’est lui aussi mis en retrait de la bataille pour les européennes, appelant à « l’union sacrée ». Sans toutefois abandonner une posture de fermeté. Réclamant des comptes, il a demandé la formation d’une « vraie commission d’enquête » pour établir les circonstances de l’incendie. « Les gens ont beaucoup d’interrogations. Accident ou attentat, j’aimerais savoir ce qu’il s’est passé », a-t-il affirmé, alors que les enquêteurs privilégient la piste accidentelle.

« 24 heures de pause politique serait bienvenue » estime Mélenchon

Parmi les listes de gauche, le mouvement est moins formel, peu sont allées jusqu’à annoncer clairement l'interruption du cours normal de leurs activités. Mais l’émotion reste palpable dans chacune des familles. Dans une intervention vibrante, le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon a rendu hommage à cette cathédrale, le « métronome des Français » depuis plusieurs siècles, un « immense récit, sur toutes ses façades ». Un bâtiment qui incarne, selon lui, « quelque chose de l’avancée multiséculaire de l’esprit humain ». Peu avant l’annonce du report de l’intervention d’Emmanuel Macron, il avait déclaré qu’il « ferait mieux de se taire » lundi soir, précisant que « 24 heures de pause politique seraient bienvenue ».

Quant à Yannick Jadot, tête de liste Europe Écologie-Les Verts, il estime que « ces moments d'émotion collective sont rares ». « Il ne faut pas en rajouter, il faut sortir par le haut. » Sur la teneur de sa campagne dans les prochains jours, il a indiqué ce matin, dans notre matinale : « de toute façon, on n'avait pas de grands meetings prévus ces prochains jours donc on n'a pas à se poser la question ».

« Pensée pour les fidèles et pour tous ceux qui n'ayant pas la foi sont attachés à ce joyau de notre histoire », s’exprimait aussi avec émotion sur Twitter, Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste.

Passé la sidération, et le choc du jour d’après, les joutes politiques reprendront très vite leurs droits. Pour l’heure, les trois principales listes figent leur programme temporairement. « Le pays est en état de sidération, tout message politique devient inaudible », résume Frédéric Dabi, le directeur général adjoint de l'Ifop dans l’Opinion.

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