Après la Martinique, Macron arrive en Guadeloupe pour évoquer les sargasses
Emmanuel Macron est arrivé vendredi en Guadeloupe, au deuxième jour de sa tournée dans les Antilles, pour évoquer les problèmes d'alimentation...

Après la Martinique, Macron arrive en Guadeloupe pour évoquer les sargasses

Emmanuel Macron est arrivé vendredi en Guadeloupe, au deuxième jour de sa tournée dans les Antilles, pour évoquer les problèmes d'alimentation...
Public Sénat

Par Cécile AZZARO

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron est arrivé vendredi en Guadeloupe, au deuxième jour de sa tournée dans les Antilles, pour évoquer les problèmes d'alimentation en eau, et la problématique des algues sargasses qui prolifèrent sur les rivages.

Le chef de l'Etat, qui arrivait tout juste de la Martinique balayée par une tempête et secouée par un tremblement de terre sans faire de dégâts importants, est venu "évoquer les préoccupations du quotidien" des Guadeloupéens. En l'occurrence, "la problématique de l'eau" et les sargasses.

Une grande majorité des Guadeloupéens n'ont pas d'eau tous les jours à cause d'un défaut d'entretien des canalisations - le réseau perd 60% de son rendement avant que l'eau n'arrive au robinet.

Pour pallier ce problème, des coupures sont organisées en "tour d'eau", un calendrier censé alimenter les communes en alternance et permettre aux habitants d'organiser leur vie en fonction de l'heure des coupures, qui durent de 12 à 24 heures.

Emmanuel Macron à Saint Pierre en Martinique, le 27 septembre 
2018
Emmanuel Macron à Saint Pierre en Martinique, le 27 septembre 2018
POOL/AFP

"Je veux que dans notre pays sur tous les territoires l'accès à l'eau courante de qualité soit une réalité", a plaidé le président, constatant qu'"aujourd'hui ça n'est pas le cas". "Le problème remonte à très longtemps, et est lié à des insuffisances multiples", a-t-il regretté.

La population "doit accepter que quand l'eau est de qualité courante, elle doit à nouveau être payée", a-t-il notamment souligné, incriminant le "gaspillage" et les nombreux "impayés".

Un rapport d'audit du ministère de l'Environnement, publié en juillet, dénonçait les équipements obsolètes, la multiplicité des "propriétaires du réseau" et surtout, le flou autour des responsabilités de gestion.

En janvier, un plan d'urgence de l'Etat et des collectivités de 71 millions d'euros a été voté, pour aboutir à la fin des tours d'eau d'ici deux ans.

- Engagement -

Concernant les algues brunes aux émanations toxiques, dites sargasses, "redevenues une problématique extrêmement forte (...) pour la santé publique", il a assuré que "l'engagement du ramassage dans les 48 heures sera tenu".

En visite en juin sur l'île, l'ancien ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot et la ministre des Outre-mer Annick Girardin avaient annoncé un plan de lutte de 10 millions d'euros sur deux ans, avec pour objectif de réduire, pour les prochaines saisons, le délai de ramassage à 48 heures après les échouages.

Le chef de l’État est attendu à Goyave (est de Basse-terre), pour voir comment se décline ce plan.

Des algues sargasses au large de la ville du Gosier, le 23 avril 2018 en Guadeloupe
Des algues sargasses au large de la ville du Gosier, le 23 avril 2018 en Guadeloupe
AFP/Archives

L'invasion des algues sur le littoral antillais, massif depuis 2011, est devenu particulièrement important cette année. Récemment, c'est le site de la porte d'Enfer, à Anse Bertrand, qui a été envahi sur plusieurs centaines de mètres.

Ces algues, dont l'origine reste incertaine mais que certains scientifiques pensent liée au dérèglement climatique, ont des conséquences notoires sur le tourisme et le quotidien des riverains. Elles s'amoncellent sur les rivages, salissent plages et ports, bloquent parfois l'accès des bateaux, mais surtout dégagent, en séchant, de l'hydrogène sulfuré et de l'ammoniac, qui peuvent provoquer maux de tête, nausées et vomissements.

Une plainte pour mise en danger d'autrui a été déposée jeudi à Paris par un collectif guadeloupéen pour dénoncer les "insuffisances criantes" de l'État.

En baisse dans les sondages de popularité, le président devrait en profiter une nouvelle fois pour aller au contact de la population et répondre à ceux qui l'interpellent sur ses réformes.

Le chef de l’État, contraint de modifier son programme jeudi en raison du passage de la tempête Kirk sur les Antilles, ne devrait rien changer à son agenda en Guadeloupe, placée en vigilance orange - notamment pour fortes pluies et vents violents -.

Depuis Fort-de-France, il a dénoncé à travers le chlordécone qui était utilisé dans les bananeraies de Martinique et Guadeloupe, "le fruit d'un aveuglement collectif", et profité d'une rencontre avec les Martiniquais pour affirmer avoir "dans le ventre l'impatience de 66 millions de Français".

Il terminera en fin de semaine son déplacement aux Antilles en revenant un an après l'ouragan Irma dans les deux îles sinistrées de Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

Partager cet article

Dans la même thématique

Après la Martinique, Macron arrive en Guadeloupe pour évoquer les sargasses
3min

Politique

« La température est montée jusqu’à 50 degrés sur la façade de l’immeuble » rappelle cette jeune mère de famille de Pantin.

Confiné pour cause de canicule dans un appartement du centre de Pantin en Seine-Saint-Denis, épuisé par les vagues de chaleur à répétition, soucieux de l’état de santé d’un jeune bébé, Marion raconte, dans ce nouvel épisode de Dialogue Citoyen, comment elle et sa famille ont décidé de quitter la région parisienne quelques jours pour s’extraire de la fournaise dans laquelle ils vivaient depuis des semaines.

Le

Après la Martinique, Macron arrive en Guadeloupe pour évoquer les sargasses
3min

Politique

L’impatience des sinistrés des incendies de l’été « Il faut accélérer les procédures » de reconstruction

L’été caniculaire a été, à bien des égards, particulièrement violent. Cinquante-trois jours de vagues de chaleur ont entraîné sécheresses, incendies et températures insupportables. Florence Van Overmeire a perdu sa maison lors des terribles incendies qui ont frappé la Gironde. Sur le plateau de Dialogue citoyen, face aux sénateurs, cette habitante de la commune du Porge a accepté de revenir sur cette épreuve et appelle à l’accélération des procédures de reconstruction.

Le

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le