Après la rentrée des députés, la campagne pour les postes clés de l’Assemblée
Qui au perchoir ? L'élection mardi du président de l'Assemblée fait l'objet de toutes les spéculations et sera discutée, comme la...

Après la rentrée des députés, la campagne pour les postes clés de l’Assemblée

Qui au perchoir ? L'élection mardi du président de l'Assemblée fait l'objet de toutes les spéculations et sera discutée, comme la...
Public Sénat

Par Fabrice RANDOUX

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Qui au perchoir ? L'élection mardi du président de l'Assemblée fait l'objet de toutes les spéculations et sera discutée, comme la répartition des autres postes clés, lors du "séminaire d'intégration" ce week-end des élus de la République en marche.

Après leur rentrée administrative cette semaine, les 308 députés du groupe majoritaire, dont seulement 10% de sortants, se retrouvent à huis clos samedi et dimanche matin à l'Assemblée, "déjà pour faire connaissance", explique-t-on à La République en marche.

Au menu de ce séminaire "d'information et de formation" : le fonctionnement du groupe et l'articulation de son travail avec celui du gouvernement et du mouvement, les méthodes de travail du député, etc.

Mais ce sera aussi l'occasion pour les candidats à des postes de responsabilité au sein de l'Assemblée (présidence et vice-présidences, questeurs, présidences de commission, de groupes d'amitié, etc) de se présenter.

Pour le poste le plus prestigieux, celui de président de l'Assemblée, trois députés sont pour l'instant candidats.

L'ancien candidat à la primaire de la gauche François de Rugy a été le premier à se déclarer.

Député depuis 2007, il met en avant son expérience (co-président du groupe écologiste lors de son deuxième mandat puis vice-président de l'Assemblée) et fait campagne sur la "modernisation" de l'institution dans la foulée des réformes prévues par l'exécutif (réduction du nombre de députés, limitation à trois mandats successifs, remboursement sur frais réels, etc.).

M. De Rugy a toutefois dit qu'il pourrait renoncer si l’Élysée, qui regarde de près le choix du quatrième personnage de l’État, voulait l'élection d'une femme, ce qui serait une première.

Or, deux candidates se sont déclarées vendredi soir, la députée du Pas-de-Calais Brigitte Bourguignon, 58 ans, et la députée de Loire-Atlantique Sophie Errante, 45 ans, deux ex-PS ralliées à la République en marche et qui entament leur deuxième mandat.

Après la nomination d'un homme de droite à Matignon, plusieurs responsables REM militent pour qu'une femme de gauche soit nommée au "perchoir" dans un souci d'équilibre.

Le groupe majoritaire votera mardi matin pour désigner son candidat qui devrait être élu dans l'après-midi président de l'Assemblée lors de la séance inaugurale de la nouvelle législature.

- 'Le poste le plus difficile' -

Un premier poste clé sera pourvu dès samedi soir, avec l'élection attendue de Richard Ferrand à la présidence du groupe.

L'ex brièvement ministre de la Cohésion des territoires, mis en cause dans une affaire immobilière, a quitté le gouvernement à la demande d'Emmanuel Macron pour briguer la présidence du groupe. "Je veux que tu sois mon Pierre Joxe", lui a demandé le chef de l’État, en référence à l'ancien ministre qui avait dirigé avec une certaine autorité le groupe PS quand François Mitterrand est arrivé au pouvoir en 1981.

Son élection ne fait guère de doute, dans la mesure où Richard Ferrand a été la cheville ouvrière d'En marche. "C'est rassurant, car c'est le seul qu'on connait tous et qui nous connait tous", explique ainsi un jeune élu, Gabriel Attal

Le poste de chef de groupe est stratégique, puisqu'il doit à la fois s'assurer que la majorité applique le programme du gouvernement tout en gérant les revendications et états d'âmes de ces 300 députés. "C'est le poste le plus difficile", disait l'ancien garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas.

Pour les présidences de commissions permanentes, qui seront votées jeudi, plusieurs noms ont été cités : Olivier Véran (Affaires sociales), Jean-Jacques Bridey (Défense), Jean-Michel Clément et Alain Tourret (Lois), Barbara Pompili et Matthieu Orphelin (développement durable), Stanislas Guérini et Bruno Bonnell (Affaires économiques), etc.

Pour tous ces postes, il faudra un équilibre entre nouveaux entrants et sortants, "marcheurs" historiques de gauche et ceux plus récents de droite, tenir compte de la parité, de la géographie...

Parmi les huit commissions, au moins une échappera au groupe majoritaire (et son allié MoDem), puisque depuis 2008, la présidence de la commission des Finances revient à l'opposition. Éric Woerth a annoncé sa candidature contre le président sortant LR Gilles Carrez.

Partager cet article

Dans la même thématique

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le

ZFE la fin des Zones a Faibles Emissions votee par l Assemblee Nationale
3min

Politique

Loi de « simplification » : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE et l’assouplissement du ZAN

Le Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi 21 mai plusieurs articles emblématiques de la loi de « simplification économique », parmi lesquels la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et un assouplissement des règles du « zéro artificialisation nette » (ZAN). Jugées sans rapport direct avec le projet de loi initial, ces dispositions ont été qualifiées de « cavaliers législatifs ». Au total, 25 articles sur 84 ont été censurés totalement ou partiellement, au terme d’un feuilleton parlementaire de deux ans.

Le