Après le départ surprise de Hulot, la quête du successeur est lancée
Ministre issu de la société civile, ministre technicien, ou ministre politique? Après la démission de Nicolas Hulot, l'exécutif planche sur le...

Après le départ surprise de Hulot, la quête du successeur est lancée

Ministre issu de la société civile, ministre technicien, ou ministre politique? Après la démission de Nicolas Hulot, l'exécutif planche sur le...
Public Sénat

Par Gaëlle GEOFFROY

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Ministre issu de la société civile, ministre technicien, ou ministre politique? Après la démission de Nicolas Hulot, l'exécutif planche sur le nom d'un successeur qui devra d'abord, promet Edouard Philippe, maintenir le cap de la transition écologique.

Si Nicolas Hulot avait prévenu qu'il partirait en cas d'échec à imposer ses idées, l'annonce de son départ - en direct à la radio, sans avertir le président de la République et le Premier ministre - a pris tout le monde de court.

Deux mois après l'affaire Benalla, et alors que les critiques de l'opposition pleuvent sur les résultats de la politique économique et sociale, le départ du ministre écologiste complique un peu plus la rentrée de l'exécutif.

Parmi les noms sur lesquels misaient les observateurs mercredi pour succéder à M. Hulot: ceux de Pascal Canfin, ancien ministre de François Hollande et actuel directeur général de l'ONG WWF France, du secrétaire d'Etat à la Transition écologique Sébastien Lecornu, ou Barbara Pompili (ex-Verts) et Michèle Pappalardo, directrice de cabinet de M. Hulot.

Revient aussi le nom du président de l'Assemblée nationale François de Rugy - le seul écologiste de poids dans la majorité, note Daniel Boy, chercheur au Cevipof - ou de Chantal Jouanno, ex-ministre et ex-présidente de l'Ademe - elle préside aujourd'hui la Commission nationale du débat public et est "100% Macron compatible" remarque M. Boy.

L'ex-ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a assuré mercredi n'être "candidate à rien", comme Alain Juppé l'avait fait la veille.

Le secrétaire général du MoDem et ancien dirigeant des Verts, Yann Wehrling, interrogé par l'AFP, a jugé de son côté "pas absurde l'idée" de succéder à Nicolas Hulot.

Simple remplacement de Nicolas Hulot ou remaniement plus large ? La presse spéculait mercredi, tandis qu'une source gouvernementale assurait à l'AFP qu'il n'y aurait sans doute pas de "grand chamboulement".

Emmanuel Macron et Edouard Philippe, de même source, ne sont "pas pressés". Le mouvement attendu ne devrait pas intervenir avant, au plus tôt, le retour du président de Danemark et de Finlande jeudi en fin de journée. Un conseil des ministres se tiendra par ailleurs vendredi matin à l'Elysée, mais le séminaire gouvernemental de rentrée qui était prévu dans la foulée a été reporté dans l'attente du remaniement.

Edouard Philippe a assuré mercredi dans un entretien au Dauphiné libéré qu'il y aurait toujours un ministre chargé de la Transition écologique, et que le gouvernement "ne changera(it) pas de cap".

- "Personne n'est irremplaçable" -

Le choix est d'autant plus délicat que Nicolas Hulot restait dans plusieurs sondages la personnalité politique préférée des Français, malgré une forte érosion de sa popularité en raison de résultats qui tardaient selon eux à se concrétiser.

"Personne n'est irremplaçable": Nicolas Hulot "a des qualités qui lui sont propres et la personne qui viendra dans ces responsabilités aura aussi des qualités propres", a estimé le délégué général de LREM Christophe Castaner mercredi sur France 2.

L'écologie au gouvernement
Longévité des ministres, ministres délégués ou secretaires d'Etat chargé de l'environnement ou de l'écologie depuis 1971
AFP

Son successeur devra être "quelqu'un qui ait un peu de convictions pour s'emparer des sujets" mais "aussi qui aime mettre les mains dans le cambouis", résumait mardi une source ministérielle auprès de l'AFP.

Les politologues identifient, eux, trois profils possibles: une personnalité issue de la société civile, un ministre technicien, ou un ministre plus "politique".

A ceux qui pensent que l'exécutif aurait intérêt à ne pas opter pour un ministre issu de la société civile, Benjamin Griveaux répond que les membres du gouvernement affichant un tel CV - de Jean-Michel Blanquer (Education) à Elisabeth Borne (Transports) en passant par Muriel Pénicaud (Travail) entre autres - "ont des réalisations exceptionnelles".

Pour le député LREM Aurélien Taché, "avoir des personnalités civiles est une des marques de fabrique de ce gouvernement". Mais il note aussi dans un tweet qu"il y a assez peu de ministres politiques dans le gouvernement (...) sur les grands sujets sociétaux".

Reste que pour Lucile Schmid, vice-présidente de la fondation La Fabrique écologique, quel que soit le choix final, "personne ne sera aussi crédible que" Nicolas Hulot.

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