Après le désastre des législatives, le PS dans un champ de ruines
Décapité, décimé, divisé, appauvri... le PS va devoir entamer le chantier de sa "reconstruction", qui devrait prendre plusieurs années selon ses...

Après le désastre des législatives, le PS dans un champ de ruines

Décapité, décimé, divisé, appauvri... le PS va devoir entamer le chantier de sa "reconstruction", qui devrait prendre plusieurs années selon ses...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

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Décapité, décimé, divisé, appauvri... le PS va devoir entamer le chantier de sa "reconstruction", qui devrait prendre plusieurs années selon ses responsables, réunis mardi en Bureau national pour en poser la première pierre.

A l'issue des élections législatives, le PS compte à l'Assemblée 30 députés, contre 278 en 2012. Une Bérézina qui a conduit dès dimanche soir le premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, à annoncer son départ de la direction du Parti.

"La gauche doit tout changer, la forme comme le fond, ses idées comme ses organisations. La gauche doit ouvrir un nouveau cycle (...) Il s'agit d'un immense défi, d'une tâche de longue haleine", a dit l'ancien député de Paris, balayé dès le premier tour dimanche dernier.

Dressant un parallèle avec la création du PS à Epinay, en 1971, M. Cambadélis estime qu'il faudra peut-être "quatre-cinq ans" pour que le parti, qui n'a plus ni corpus idéologique ni leader naturel, puisse redevenir une force électorale crédible.

Concluant une succession de défaites aux élections municipales, européennes, départementales, régionales et présidentielle, l'échec du PS aux législatives ne sera pas sans conséquences financières: la dotation annuelle du parti devrait passer de 28 millions d'euros en 2012 à sept environs.

La direction pourrait mettre sur pied un plan de départ des salariés et n'exclut pas de vendre ou d'hypothéquer son siège de la rue de Solférino.

Déchiré durant tout le quinquennat entre une majorité loyale au gouvernement et une aile frondeuse, le PS n'en a pas fini avec ses divisions: elles devraient ressurgir lors de la première réunion des députés PS, mardi à 15H00 à l'Assemblée, à propos de l'épineuse question du vote de la confiance au gouvernement, début juillet.

- "Syndrome de Stockholm" -

Si certains, comme le nouveau député du Val-de-Marne Luc Carvounas, affirment dès à présent leur volonté de ne pas la voter, d'autres se montrent plus évasifs, tel l'ancien porte-parole du gouvernement Stéphane le Foll.

Olivier Faure, élu de Seine-et-Marne et porte-parole du Parti socialiste, le 8 juin 2016 à Paris
Olivier Faure, élu de Seine-et-Marne et porte-parole du Parti socialiste, le 8 juin 2016 à Paris
AFP/Archives

"Être constructif et vigilant, c’est regarder d’abord, avant de se positionner. Ça me frappe, il y en a qui savent déjà s’ils vont être pour ou contre. Très bien, je les laisse prendre les positions qu’ils vont avoir", a dit le député de la Sarthe sur Europe 1.

Le groupe, dont Olivier Faure briguera à nouveau la présidence, pourrait s'accorder majoritairement sur une position d'"abstention vigilante".

"Donner sa confiance a priori à un gouvernement dont on ne sait rien, c'est difficile. Et de fait nous n'appartenons pas à la majorité. On a perdu beaucoup des nôtres à cause de la République en marche... On n'est pas obligé d'avoir le syndrome de Stockholm!", ironise un député rescapé. M. Faure pourrait être élu jeudi, selon un communiqué du groupe PS.

Du côté de la direction du PS, on indique que le Conseil national qui se réunit samedi pourrait se prononcer sur le sujet, et que "l'idée est plutôt qu'on ne la vote pas".

L'ancien Premier ministre Manuel Valls siégera-t-il dans le même groupe que ses anciens camarades? Dans l'hypothèse où le vote contre la confiance ou l'abstention prévaudrait, rien n'est moins sûr. "Je pense que Manuel Valls fera ce qu'il a dit qu'il ferait: il votera la confiance au gouvernement", affirme un de ses proches à l'AFP.

La rumeur de la formation d'un groupe réunissant avec Manuel Valls des membres du Parti radical de gauche, des centristes et des socialistes "pro-Macron" va bon train à l'Assemblée.

Qui pour remplacer Jean-Christophe Cambadélis à la tête du parti? L'ancien député de Paris a évoqué dimanche une direction "collégiale".

Sans avancer de noms, plusieurs responsables s'accordent à dire qu'elle devra réunir des gens avant tout soucieux de la "rénovation du PS", et non de leurs ambitions personnelles.

Interrogé par l'AFP, un proche de Manuel Valls invite à faire "les choses en ordre, dans la transparence, et sans faire de purges". "Une direction qui viendrait du bon dieu, pour la faire valider par un Conseil national aux ordres, ça n'existe pas!", dit-il.

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